Bonjour à tous.
Cilalà, El Salvador
Le 26 juin 2025

Réjean LachanceBonjour à tous !


Il me fait plaisir de prendre ces quelques instants pour vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes. Ici au El Salvador, nous sommes en hiver jusqu’en novembre, c’est-à-dire qu’il pleut tous les jours. Il y toujours une tempête tropicale qui fait que nous avons beaucoup de pluie. Il fait chaud le jour mais la nuit ça peut baisser jusqu’à 17 degrés Celsius. Du 18 juillet au 4 septembre, je serai en vacances au Québec. J’ai hâte d’arriver. Ça fait du bien de revoir son pays, sa famille, les amis et de parler sa langue maternelle.

Ici, dans la paroisse, il y a beaucoup de monde qui ont laissé l’Église, quelques-uns ne viennent plus à la messe, d’autres des personnes plus âgées s’en vont chez les protestants. Il n’y aura jamais une bonne raison d’abandonner l’Église. On devient anti-christ et on commet le péché de l’apostasie. Actuellement, dans la paroisse on ne parle que de l’argent. L’Église devient une quêteuse d’argent. Par exemple, pour un mariage, le curé charge $200.00. Ici, la coutume est de célébrer les 15 ans d’une jeune fille, ça coûte aussi $100.00, de même que les funérailles. Le curé passe une enveloppe dans toutes les maisons pour recueillir de l’argent et on ramasse l’enveloppe à chaque mois et ça devrait remplacer la quête aux messes. Mais il y a quand même la quête à toutes les messes. Il dit que les enfants doivent donner à la quête, ce n’est pas si grave, on le faisait quand on était jeune, mais c’est l’attitude de désirer avoir autant d’argent. Le curé célèbre beaucoup de messe dans les villages parfois deux à trois fois par semaine dans les mêmes villages où les gens sont plus à l’aise. Moi, je vais célébrer dans les villages que le curé me demande, trois à quatre fois par semaine. J’aime beaucoup cela, je célèbre la messe à 3 heures de l’après-midi, j’arrive dans le village 90 minutes avant l’heure de la messe pour confesser si les gens le veulent et, après la messe, je reste un peu avec les gens. Le curé, lui, arrive 5 minutes avant l’heure de la messe et repars tout de suite après.

Mais le pire, ce n’est pas cela. Ce curé et l’autre qui était avant lui à Citalá, sont de grands amis avec un ancien curé. Cela n’est pas mal. Mais le pire, c’est que l’ancien curé n’est pas croyant, il a perdu la foi. Mais le curé, comme ils sont de grands amis, lui a donné la responsabilité de la formation aux gens. Il donne la formation le dimanche aux groupes de petites communautés de base. Donc, les gens ne vont pas à la messe. Il dit que la réunion remplace la messe du dimanche. Cela, ne sera jamais vrai. Ils se rient de la confession et de l’Eucharistie, moi, je ne l’ai pas entendu, mais les gens me racontent cela. Je dis aux gens d’aller voir le curé de lui parler de cela mais les gens ne veulent pas parce qu’ils ont peur du curé. Je leur dis que s’ils ne parlent pas, ils deviennent complices du mal. Malheureusement moi, je ne peux rien dire parce que je ne suis pas témoin de tout cela. Mais je le dénonce. Je dis aux gens que ceux qui disent cela sont des voleurs de la foi des gens.

Pour vous donner un exemple, quand j’étais curé et j’allais célébrer la messe à Los Planes, j’arrivais le matin à 6 :30 a.m. pour confesser et des fois, je n’arrivais pas à terminer les confessions avant la messe de 10 :00 a.m. Aujourd’hui, je vais à Los Planes et des fois je confesse une ou deux personnes. L’autre jour, il y avait au moins 100 personnes dans l’église et j’ai donné la communion à trois personnes, cela me fait vraiment mal. Le curé avec moi est très gentil, je n’ai rien à dire de lui. Mais il se laisse conduire par le padre Manuel comme il l’appelle. C’est Manuel qui conduit presque la paroisse et il n’est plus prêtre.

Le premier mai, je suis allé à la fête de Los Planes. Le soir, il y avait un chanteur western. La place de l’église était pleine de gens. Il y avait à ma droite un groupe de jeunes hommes entre 14 et 18 ans, à gauche il y avait un grand groupe de jeunes filles. Tout le monde chantait avec le chanteur, il y avait tellement de joie que les larmes me coulaient, c’était tellement beau de voir les gens heureux. Je me disais : je vis le ciel ici sur la terre. Quand je vois de la joie, je suis tellement heureux. Je n’avais pas vue cela dans la paroisse depuis longtemps.

Puis, je me suis mis à regarder les gens, les adultes, les jeunes hommes et les jeunes filles et je me disais, la plupart d’entre eux, je ne les vois pas à l’église. Et dans mon cœur, quelqu’un me disait : J’ai soif. J’ai compris que c’était Jésus qui me disait qu’il avait soif de tout ce monde-là qui s’était éloigné de lui. C’est quoi que je peux faire? Je me sens impuissant parce que je suis toujours bloqué par le curé. Si je lui parle d’un projet, il me dit : je vais y penser, mais je n’ai jamais de réponse. Tous les soirs, quand je me couche, je prie pour ces jeunes-là. On ne voit presque plus de jeunes dans l’église. J’y pense, ce que je peux faire, c’est de vous demander de prier pour cette paroisse. J’ai confiance en vos prières.

Nous avons célébré la neuvaine de la fête de Marie-Auxiliatrice à partir du 15 mai jusqu’au 24 mai. Quand j’ai parlé de cela au curé, il m’a dit que je pouvais la célébrer mais pas inviter les gens des villages parce que dit-il ça va nous enlever de… le mot était « argent ». Il n’a pas terminé sa phrase. Je lui ai dit que même si j’étais tout seul, j’allais la célébrer et que le 24 mai, j’inviterais les gens. Je lui ai dit que le jour de la fête de Marie Auxiliatrice, j’allais tout préparer et que lui ne devait s’occuper de rien. Je voulais revivre ce que nous avions vécu au début quand j’étais curé. J’ai écrit mon homélie parce que je ne voulais pas dire de bêtise mais je voulais dénoncer certaines choses. Par exemple : quand le curé fait une fête dans la paroisse, les gens doivent travailler durant la messe. Par exemple préparer le repas etc… Cela est vraiment injuste, parce que les gens ne vont pas à la messe et ne disent absolument rien. Quand je vais dans les villages le dimanche, les gens ne font plus d’activités durant la messe. Imaginez-vous, des gens travaillent au bénéfice de la paroisse et commettent un péché mortel. Je leur ai dit que cet argent-là n’apportera rien de beau à la paroisse.

La veille au soir avant la fête, nous avons tout préparé pour le lendemain, Il est venu une trentaine de personnes pour coucher et pour m’aider à tout préparer. Ce matin du 24 mai, nous avons eu la sérénata à Marie Auxiliatrice a 5;30a.m. Il est venu une bonne centaine de personnes et le curé aussi est venu. Une famille de Chalatenango avait apporté 400 tamales pour donner aux gens après le chapelet. Tout était gratuit. La messe était à  9 heures. Peu à peu, les gens arrivaient. Deux prêtres du département de Santa Ana sont venus pour la messe. Quand la messe a commencé, la chapelle était pleine. Il y avait selon les dires des gens plus de 500 personnes. Ça ne s’était pas vu depuis mon départ de la paroisse. Marie Auxiliatrice a voulu montrer que Elle, elle ne les avait pas abandonnés.

J’ai fait l’homélie, mais j’ai vraiment laissé parler mon cœur. J’ai dit aux gens ce qui me faisait souffrir. Je leur ai dit de ne pas se laisser voler la foi. C’est le plus beau cadeau que nous avons. Quand quelqu’un vous dit que la réunion le dimanche remplace la messe, il est un voleur de votre foi en Jésus et Marie. Quand quelqu’un vous fait faire des activités durant la messe le dimanche, il est un voleur de votre foi en l’Eucharistie. Après la messe, nous avons eu pièce de théâtre dans la Chapelle parce que c’était quelque chose qui pouvait aider les gens. J’ai écrit cette pièce de théâtre, c’était quelque chose que plusieurs personnes vivent. Avant la messe, j’ai dit à ceux qui passaient la quête de la laisser là, pour quelques minutes, parce que je doutais que le curé allait la prendre et c’est ce qui s’est passé.

Il y avait beaucoup de nourriture de préparer et j’étais presque sûr que nous en aurions trop. J’ai voulu aider les gens surtout les familles pauvres. Tout était à 0,25 cents. J’avais dit aux gens dans tous les villages que si quelqu’un n’avait pas d’argent de me le dire et je leur donnerais la nourriture gratuitement. J’ai vu 3 familles pauvres de San José El Terrero avec leurs enfants, je ne les voyais pas manger, je leur ai donné $10.00 chacun et je leur ai dit d’aller s’acheter à manger. Quelqu’un m’a dit : je suis venu avec mes 4 enfants et mon épouse et nous n’avons pas dépensé $10.00 durant toute la journée. C’est ce que je voulais.

Nous avons joué à « l’arbre de la Chance ». Sur un venir de 4 X 8, j’avais fait dessiné un arbre avec des branches mais pas de feuilles. Nous avions mis 165 petits papiers de couleurs et chaque petit papier à l’arrière avait un numéro qui correspondait à un cadeau. En plus, nous avions mis 26 billets de $1.00 pliés en 4. Vous comprenez que les enfants voulaient gagner un billet. J’avais tout acheté les cadeaux avec les dons que j’ai reçus. Le jeu était gratuit pour tout le monde. Il y avait une grande filée de monde. Ils avaient un dard et le tiraient et, si le dard touchait un petit papier, on leur donnait le cadeau qui correspondait au numéro. Il y a eu beaucoup de joie. Les deux prêtres qui sont venus ont participé beaucoup. J’ai été voir le curé de Citalá deux fois et je l’ai invité à venir jouer et il n’a pas voulu.

J’avais demandé à des enfants de chanter; J’avais vu un enfant de 8 ans à la fête du premier mai à Los Planes. Je lui ai demandé de chanter le 24 mai, il ne voulait pas, il disait qu’il était trop gêné. Je lui ai dit : Si tu chantes une chanson le 24 mai, tu pourras choisir un des cadeaux, celui que tu aimes le plus et je te donnerai $10.00 en plus. Il a chanté et les gens l’ont applaudi et après il m’a dit qu’il voulait chanter une autre chanson. Un jeune de 13 ans de San Ramon, je lui ai dit la même chose et il a très bien chanté. Il m’a dit : si tu fais une autre fête, tu me le diras et je vais chanter encore.

Quand je suis arrivé à Citalá en 1994, j’avais un groupe de 9 jeunes qui ont appris à faire des gâteaux pour vendre, c’était tous des jeunes de familles pauvres. On a appris ensemble la couture, la menuiserie. Un jour,  le curé de La Palma est venu célébrer une messe à Citalá et les a consacrés à Maris-Auxiliatrice. Maintenant, ils vivent tous aux États-Unis. Le 18 mai, de cette année, un des jeunes du nom de Coki qui a 4 enfants a été arrêté par l’immigration aux États-Unis. Il a été mis en prison pour être déporté. La sœur de Coki m’a téléphoné en pleurant pour me dire que son frère était en prison. Je lui ai dit : Ne t’en fais pas, Coki est consacré à Marie-Auxiliatrice et jamais Marie-Auxiliatrice abandonne son consacré. Il est sorti de prison le 28 mai mais il a dû payer une amende de $2000.00. Ça, c’est un vrai miracle. Actuellement, il a repris son travail et il a un papier qui lui permet de vivre aux États-Unis.

J’ai demandé à Monseigneur si je pouvais prendre un mois et demi pour les vacances, il m’a dit « oui », mais n’oublie pas, me dit-il, qu’en décembre tu t’en vas vivre à Citalá. J’ai regardé Monseigneur dans les yeux et je lui ai dit : « Monseigneur, pensez-vous que je serai heureux à Citalá ». Il ne m’a pas répondu et je lui ai dit que je voulais lui parler de cela à notre retraite du 7 au 11 juillet. De toute façon, si je dois aller vivre à Citalá, j’obéirai, je ne commencerai pas à désobéir à mon âge. Mais cela ne me préoccupe pas, je sais que Marie-auxiliatrice a un projet pour moi. Je me mets entre ses mains et je lui fais confiance, ce projet-là, c’est peut-être aussi aller vivre à Citalá.

J’avais un grand projet pour la Maison de retraite, c’était d’avoir un puits artésien pour ne pas manquer d’eau et de pouvoir faire de la propagande pour la maison de retraite. Nous avons contacté trois personnes différentes et le moins cher était de 28,000.00$ tout inclus. Comme vous savez la Providence ne nous a jamais abandonné. Une personne de Montréal nous offrait de le payer au complet. Monseigneur nous a offert 1500.00$. J’ai parlé de cela au curé, il avait l’air content. Il m’a demandé de lui donner tous les détails, je pensais que la paroisse voulait nous aider. Mais ce n’est pas ça. Il a contacté d’autres personnes, tout cela à la cachette. Il a décidé que la paroisse de Citalá ferait le puit. Alors, je me suis dit qu’il le fasse. L’autre jour, il m’a donné la facture en me disant que je pouvais contacter celui qui voulait m’aider. Je me suis dit qu’il avait du front autour de la tête pour me demander cela, parce ça coûterait le double. Il n’est pas question que je rentre là-dedans. Mais, à la retraite je vais parler de cela à Monseigneur.

Quelqu’un me disait que je ne devrais pas me laisser faire. Que je devrais mettre le curé à sa place et que, si Monseigneur me demanderait de venir à Citalá, que je devrais dire « non ». Je lui ai répondu que mon attitude peut paraître une faiblesse mais ce n’est pas ça. Premièrement, je ne veux pas avoir de problème avec le curé, ce serait un mauvais témoignage à la face des gens. Deuxièmement, toute œuvre de Dieu commence dans l’obéissance à l’autorité. En obéissant, je ne me tromperai jamais. La communauté de Don Bosco a commencé par son obéissance à l’Église. Le cardinal lui a avait défendu de confesser les jeunes et ne plus célébrer la messe pour eux parce que quelqu’un au nom de Don Bosco avait parlé contre lui dans la presse et il pensait que c’était Don Bosco. Celui-ci, a écrit au Pape et le Pape lui a demandé d’obéir au Cardinal. Le coupable a été découvert et le Pape, grâce à l’obéissance de Don Bosco, a accepté la communauté nouvelle de Don Bosco qui se nomme « les Salésiens ».

Je pense et je l’espère que nous voulons tous devenir des saints, c’est le plus grand désir de Jésus. Ça doit être aussi notre désir. Si nous lisons la vie des saints, ils ont tous souffert mais, le plus souvent, par les membres de l’Église. Je me suis toujours dit que la souffrance est un cadeau de Dieu parce que la souffrance nous purifie et Jésus veut que nous soyons plus semblables à Lui pour être présenté à Dieu.

Je dis aux gens que quand nous communions, nous sommes des « porteurs du Christ ». Nous devons être les pieds, les mains, la bouche et le Cœur de Jésus pour que les gens puissent reconnaître le Christ en nous et peut-être un jour décider de le suivre. Si nous sommes les « porteurs du Christ », c’est parce que le Seigneur a fait de grandes choses en nous. Si nous aimons Dieu, c’est parce qu’il nous a aimés le premier à cause de sa grande Miséricorde. Miséricorde veut dire : « donner son cœur aux plus pauvres et à ceux qui souffrent ». 
Je vous laisse en me recommandant à vos prières, et je vous porte tous dans mon cœur. Si nous ne voulons pas un jour abandonner l’Église, Il faut manger le Christ à chaque dimanche parce qu’il veut être notre nourriture qui nous conduira à Lui. Je me rappelle que maman demandait toujours après le chapelet : « Donne-nous la persévérance finale ». Quand je bénis, toutes les personnes que vous portez dans votre cœur, ils sont bénis et cela j’y crois. Si nous avons des ennemis, il faut aussi les mettre dans notre cœur pour qu’ils soient bénis.

Je vous bénis de tout cœur au nom du Père et du fils et du Saint-Esprit. Amen


Réjean ptre


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