Les cadeaux de la Providence
El Salvador
Le 8 novembre 2004

Réjean LachanceBonjour,

C'est avec joie que je prends ces quelques minutes pour vous donner de mes nouvelles. J'espère que vous allez tous bien. Je ne vous connais pas tous personnellement, mais c'est une joie pour moi de m'arrêter pour vous exprimer ma reconnaissance.

J'ai entrepris ma 10e année au El Salvador. Quelques personnes de la Beauce après avoir vu un vidéo sur le El Salvador, ont eu dans le cœur un désir de me donner un moyen de transport, peut-être se sont-ils rendus compte que mes vieux os étaient usés. Au commencement, on avait pensé de m'envoyer un 4 roues. L'an dernier, quelques membres de ma famille, Roland et Louisette, le Père André Marisse, Roger et Yvonne de la Belgique sont venus à mon ordination. Ils se sont rendus compte qu'un 4 roues n'était pas très pratique à cause des montagnes, et des routes qui sont vraiment très mauvaise. Ce serait un danger continuel.

Alors Sœur Annette de Saint Georges, Louisette et Roland, mon frère Denis et ma sœur Nicole et mon beau-frère Claude ont formé un comité et ont décidé de travailler d'arrache-pied pour que j'aie un Pick-up 4 X 4. Ici, ce n'est pas un luxe d'avoir un 4 X 4, c'est une nécessité. Un pick-up ordinaire, cela ne servirait pas dans les montagnes.

En même temps, mon frère Denis a travaillé pendant plus d'un an pour que " Mission El Salvador " ait le droit d'émettre des reçus pour fins d'impôts. Enfin, depuis plus de deux mois, " Mission El Salvador " est enregistrée au Gouvernement et nous avons le droit d'en émettre.

En janvier 2004, on m'a demandé d'aller voir le prix des Pick-up 4 X 4. Je suis allé chez Toyota, chez Ford et chez Mazda. Le moins cher était le Mazda qui coûtait 18,000.00$ américain.

Après l'idée m'est venu d'avoir un Pick-up double cabine. C'est un petit luxe que je me permets et je vais vous dire pourquoi. J'aime aller dans les villages, mais pas tout seul, je trouve cela très important d'inviter des laïcs à m'accompagner. Avec un Pick-up ordinaire, il devrait tous être dans la boite arrière. Avec une double cabine, ils peuvent être à l'intérieur. Nous pouvons prier ensemble pour les personnes que nous allons rencontrer.

Au début du mois de mai chaque membre du comité a commencé à travailler d'arrache-pied pour recueillir des fonds. Ma sœur Nicole qui était la secrétaire du comité a commencé à écrire des lettres un peu partout. Les dons commençaient à rentrer. Nicole me mettait au courant de tout ce qui rentrait. Cela au début paraissait impossible. Comment recueillir 22,000.00$ ? C'était notre objectif. Mais quand Dieu veut un projet, les portes s'ouvrent.
Ce que je veux vous dire, c'est ceci : Dieu est tellement grand, qu'il a permis que l'argent rentre parfois par petits montants, et quand le doute nous envahissait peu à peu parce que nous pensions que ce serait impossible, il envoyait quelqu'un avec un beau 1000.00$ ou plus. Dieu voulait éprouver notre foi, mais chaque fois qu'un petit ou un gros montant rentrait, c'était une manifestation de la Providence. J'étais toujours émerveillé parce que je sais ce que cela coûte de travail pour gagner sa vie. Je m'émerveillais chaque fois et je rendrais grâce au Seigneur pour les personnes qui donnaient.

Quand j'étais tout jeune, je lisais la vie de Don Bosco qui a toujours eu une grande confiance, une confiance inébranlable envers la Providence et envers Notre-Dame Auxiliatrice. Cela m'a toujours frappé et j'ai toujours voulu vivre une expérience de Providence et le Seigneur dans sa bonté me fait vivre ce que je désirais. Aujourd'hui, avec ce beau Pick-up tout neuf, je viens de vivre une autre expérience de Providence. Tout ceci a contribué à augmenter notre foi à tous, et nous apprenons peu à peu à donner toute notre confiance au Seigneur.

L'autre jour, je prends un taxi à San Salvador parce que je ne connaissais pas l'endroit où l’on vend des Pick-up Nissan. Je prends un taxi, et je me demandais si j'allais me rendre, c'était une vieille auto et le plancher était troué. Le monsieur me racontait les problèmes dans sa famille. Il a perdu sa femme il y a un an. Elle est morte d'un cancer, elle avait 39 ans et a laissé 5 enfants. Il me disait qu'il se levait à 3 heures du matin pour aller faire du taxi jusqu'à 7 heures du soir pour pouvoir faire vivre sa famille. Il ne se plaignait pas, il se confiait. Dans mon cœur, je ressentais sa souffrance. J'avais honte un peu, moi j'aurais un Pick-up 4 X 4, double cabine, tout neuf et payé complètement, je trouvais cela presque injuste. Puis il m'est venu une phrase de l'Evangile : " Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et tout le reste vous sera donné par surcroît ". Je lui ai demandé s'il travaillait aussi le dimanche et il m'a dit " oui, je travaille sept jours par semaine. " Je lui ai conseillé de ne pas travailler le dimanche et d'aller à la messe avec ses enfants, que cela l’aiderait beaucoup, et que s'il faisait cela par amour pour Jésus, il ne serait pas perdant, la Providence prendrait soin de lui et de ses enfants. Le problème n'est jamais du côté du Seigneur, mais bien de notre côté. On a de la difficulté à croire en l'Amour de notre Père du Ciel, on a de la difficulté à croire que nous sommes aimés de Lui et que Lui, ne nous abandonnera jamais, parce qu'il l'a promis.

Quand j'étais en France au séminaire de 1999 à 2003, très souvent, j'ai voulu laisser le séminaire parce que j'étais découragé. Alors, je sortais mon chapelet et je disais sur chaque grain : " Jésus, je t'aime et je suis sûr de Toi ". Je le lui disais avec tout mon cœur et je sentais vraiment que je l'aimais. Je le disais 100 fois ou plus jusqu'à ce que la paix revienne. Tous les jours, je disais à Jésus que je l'aimais et que j'étais sûr de Lui. Quand j'ai été ordonné prêtre, le Seigneur m'a donné un beau cadeau. Je lui avais tellement dit de fois que je l'aimais, qu'il a mis dans mon cœur cette assurance que je suis aimé de Lui.

Si vraiment on est sûr de l'amour de Dieu pour nous, on n'arrête de s'inquiéter, on arrête de se plaindre parce qu'on sait qu'on est aimé de Lui comme un Bon Père et tout ce que le Seigneur permet qu'il nous arrive est pour nous sanctifier.

Cette semaine, avant de prendre possession du Pick-up, je pensais à beaucoup de choses : Dans les dernières années que j'ai vécu à Montréal, je sentais l'appel de venir au El Salvador. Je n'avais pas de travail et j'avais des dettes. Un jour je vais au Saguenay, Raymond et Fleurette m'offre une Chevrolet Chevette qui était dans le champ et qui n'avait pas servi pendant quelques temps. C'était une vieille auto, et je crois qu'elle a fonctionné par miracle. Elle m'a servi pendant plus d'un an. Chaque fois que je montais au Saguenay avec, celui qui me l'avait donné criait au miracle. Elle m'a permit de travailler dans le lavage de vitres et peu à peu, je payais mes dettes. Un jour, je reçois un téléphone de Michel de Chicoutimi, il était propriétaire avec Raymond qui m'avait donné la Chevette d'une Volkswagen Golf, ils avaient tellement peur que je reste en panne avec cette vieille auto, qu'il m'a téléphoné pour me dire qu'il avait une Volkswagen Golf qu'il venait avec Raymond de faire réparer pour 2000.00$ et qu'ils étaient prêt à me la donner. Je n'avais qu'à aller la chercher. Je suis remonté au Saguenay avec la Chevrolet et j'ai pris possession de l'autre qui était propre et belle. On a remis la Chevrolet dans le champ. Je vous raconte cela pour vous dire que, quand Jésus dit : " Ne vous inquiétez de rien, regardez les oiseaux du Ciel… ". Cette Parole de Dieu est vrai et Dieu prend soin de nous qui sommes ses enfants. Il se préoccupe quand on a des difficultés spirituelles et mêmes matérielles. Il ne peut pas ne pas nous aider, il est Dieu et il nous aime.

Je continuais de penser : quand j'ai voulu devenir prêtre, et que, Monseigneur Alas m'envoyait étudié en France et je n'avais pas un sou. J'avais écrit au supérieur du séminaire pour lui demander le prix d'une année de séminaire, il m'a répondu que je devais payer 12,000.00$ par année. Je disais à mon Evêque : " Le Seigneur sait que je n'ai pas un sou et il m'appelle. Alors, je suis sûr qu'il m'ouvrira les portes ". Et les portes se sont ouvertes. La veille de mon départ pour le Québec le 4 août en 1999 il me restait 10,00$ dans les poches et c'était pour payer l'aéroport. Le 3 août, je vais saluer la jeune fille qui travaillait à la poste pour la remercier. Elle me dit que j'avais une lettre. Une dame que je ne connaissais pas à ce moment-là, m'envoyais un chèque de 1000.00$ américain. Je suis allé tout de suite montrer le chèque aux religieuses, parce qu'elles étaient préoccupées pour moi et se demandaient comment j'allais faire. Je leur disais la même chose qu'à mon Evêque : " Le Seigneur m'appelle, il sait que je n'ai pas d'argent, je suis sûr qu'il fera quelque chose ".

A l'arrivée au Québec, il manquait deux semaines avant mon départ pour la France, je suis allé voir toutes les communautés de religieuses que j'ai pu, mais les supérieures étaient en vacances, alors, il n'avait pas de chance de ce côté. Une semaine avant mon départ, j'ai dit à Claude et Nicole que je voulais aller visiter la dame qui m'avait donné le 1000.00$ pour la remercier. Nicole et Claude sont venus avec moi et nous avons été très bien accueilli. Nous avons jasé un bout de temps. Avant notre départ, la dame me dit : " Attends un peu, je vais te faire un cadeau ". Elle me remet un chèque, je le vois et je ne peux pas dire un mot, car j'aurais éclaté en sanglots. Je le montre à Nicole et elle se met à pleurer. La dame me remettait un chèque de 4000.00$ américain. Cette journée-là, nous avons touché à la Providence, nous avons vu et touché à Dieu. Je voulais donner ce montant au séminaire, mais le supérieur n'a pas voulu et on m'a dit par la suite que parce que j'étais missionnaire au El Salvador, ce serait des bénévoles qui paieraient pour moi. Vous voyez les portes se sont plus qu'ouvertes. C'est ça l'amour de Dieu pour nous.

Je nous invite à vous abandonner totalement au Seigneur et quand les moments de craintes, de préoccupations nous envahissent, redisons à Jésus cet acte d'amour : " Jésus, je t'aime et je suis sûr de Toi ", vous pouvez être sûr que le cadeau que le Seigneur nous donnera, ce sera l'assurance d'être aimé de Lui, et quand on se sent aimé de Lui, on ne peut plus se plaindre.

Les religieuses Carmélites de la Palma, ont été obligé de s'acheter une camionnette de 15 places pour transporter les enfants qui ont entre 4 et 6 ans. Le monsieur qui les transportait ne voulait plus le faire. Elles ont acheté une Nissan. Le monsieur leur a dit qu'il était toujours heureux de vendre une auto à une communauté religieuse ou à des prêtres, alors, elles m'ont donné son nom. Je suis allé chez Nissan. Il m'a dit que le Pick-up que je voulais valait un peu plus de 23,000.00$ américain. Il était maintenant en rabais à 19,000.00$, si je voulais un 2004. Mais étant donné que j'étais prêtre, il me ferait un autre rabais. Il m'a dit que le président se réunirait dans l'après-midi et il verrait ce qu'il pourrait faire. Il m'a envoyé un Fax le lendemain matin, il me laissait le Pick-up à 16,800.00$. La semaine suivante, je suis donc retourné chez Nissan et je l'ai réservé avec promesse de le payer dans une semaine. Le monsieur Mario Aguila, m'a dit : " actuellement, dans les 2004, j'ai seulement des Pick-up blanc ". Je lui ai dit que je ne voulais pas de blanc, et que s'il n'avait pas d'autres couleurs, je laissais faire. Vous savez qu'un bon vendeur ne se laisse pas abattre pour si peu. Il est allé voir le gérant, puis il est revenu et m'a dit, nous avons un gris métallique pâle, mais c'est un 2005, nous allons vous le laisser pour le même prix. Je riais dans ma barbe, même si je n'en ai pas beaucoup.

J'ai tout de suite téléphoné à Nicole pour qu'on me transfère l'argent. Ils avaient en main, 21,387.01$ en argent canadien. Denis et Nicole sont allé à la banque pour échanger ce montant en argent américain et me l'ont envoyé. Imaginez-vous, comment Dieu est bon : Pour ce montant en argent canadien, j'avais exactement 16,800.00$ américain. Exactement le prix du Pick-up. En plus, j'ai dû payer 145.17$ pour les plaques et 768.84$ pour les assurances. Denis m'a envoyé 20,000.00$ ce qui manquait a été emprunté. Mais actuellement, au moment où je vous écris, ce qui avait été emprunté pour faire 20,000.00$ est rentré. Monsieur le curé est allé voir Nicole cette semaine, et il lui a demandé : " Comment vous manque t-il d'argent ". Elle lui répond qu'il lui manquait 2000,00$. Il lui a dit qu'il venait de recevoir 2000.00$ d'une communauté religieuse d'Ottawa. Cela fait beaucoup de chiffres que je vous écris, mais c'est pour vous montrer la bonté du Seigneur. Comment douter de son amour. Maintenant, il veut faire la même chose pour chacun de nous, nous n'avons qu'à nous abandonner totalement à Lui et lui faire confiance, et quand le doute a envie de rentrer chez nous, il faut faire des actes de foi en disant : " Jésus, je t'aime, et je suis sûr de Toi ". Et peu à peu nous arriverons à ne plus douter du Seigneur.

Je voudrais dire un merci bien spécial, même si je sais qu'il n'attend pas cela. Notre bon curé de la paroisse de l'Assomption de Saint-Georges de Beauce, a accepté que les gens donnent à la paroisse de l'Assomption pour qu'ils puissent recevoir des reçus pour fins d'impôts. Quand ce projet a commencé, " Mission El Salvador " n'avait pas encore le droit d'en émettre. Notre bon curé Laval s'est dépensé et a pris ce projet à cœur, vraiment à coeur. Sa secrétaire mérite aussi des remerciements car elle devra faire un paquet de reçus pour fins d'impôts à la fin de l'année. Merci infiniment pour tout ce que vous avez fait Monsieur le curé, j'apprécie beaucoup ce geste de générosité, le Seigneur bénit votre apostolat, et en son Nom, je veux vous dire que vous êtes vraiment aimé de Lui.

Merci aussi à Sœur Annette, chaque fois qu'il rentrait un montant d'argent, elle sautait vraiment de joie, c'est seulement le plafond qu'il l'empêchait de sauter plus haut. Merci à Nicole qui s'est dépensé à en mourir. C'était drôle, quand l'argent n'entrait pas durant quelques jours, elle était débobinée, le Seigneur voulait lui dire : " Ne t'en fais pas, je m'occupe de tout " et une personne généreuse donnait 500.00$ ou 1000.00$, elle m'écrivait sur un E-mail : " C'est quand que je vais arrêter de m'inquiéter ". Merci, merci mille fois à Roland et Louisette qui ont fait leur grosse part. Merci aussi à Denis qui a travaillé très fort lui aussi. Merci d'une façon toute spéciale a tout le comité. Ce qui me frappe beaucoup, c'est que tout le monde ont vraiment désiré que j'aie ce Pick-up, et cela je l'apprécie beaucoup.

J'arrête de nommer des personnes, car je ne voudrais pas en oublier, la façon la plus simple et de dire : " Merci aussi à tous ceux qui ont donné ". Vous avez pris ce projet à cœur et je vous en remercie beaucoup. Vous savez sans doute que je célèbre la messe tous les 13 de chaque mois à vos intentions. Chaque fois que je donne la bénédiction à la messe, je pense toujours à vous tous, je donne la bénédiction au monde. De temps à autre, je donne comme intention à la messe : pour tous nos bienfaiteurs, à ce moment-là aussi, je prie pour vous. Quand j'irai au Québec, (je ne sais pas quand) on essaiera d'organiser une rencontre d'une journée avec messe, ce sera une rencontre de joie et de partage. De toute façon, je vous tiendrai au courant parce que vous recevrez tous la lettre circulaire, chaque fois que j'en écrirai une.

Comment ne pas remercier Notre-Dame Auxiliatrice, elle aussi a pris à cœur ce projet. Nous lui avons demandé de l'aide dès le début, et elle nous a toujours écouté. Don Bosco disait : " Répandez la dévotion à Marie Auxiliatrice et vous ne pourrez plus compter les miracles qu'Elle fera ". Marie a fait des miracles dans les cœurs. A vous tous qui avez donné, est-ce que vous auriez cru qu'on aurait pu ramasser 25,000.00$ dans moins de 6 mois ? Voilà, c'est pour cela qu'on ne doit jamais avoir peur de demander des miracles impossibles à Marie. Nous avons une Mère de l'impossible, et l'impossible devient possible quand nous faisons confiance à Marie.

Je termine cette lettre en vous disant encore
Je demande à Jésus et je sais qu'il le fait, je lui demande de remplir votre cœur de son amour. Que Jésus soit toujours le premier dans notre vie, que jamais on ne doute de Lui, de son Amour. Qu'il mette aussi dans votre cœur un grand désir de sainteté, ça doit être notre objectif. Que notre désir soit de remplir le ciel à craquer. C'est avec joie que je vous bénis avec tout l'amour de mon cœur de prêtre, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Réjean ptre


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