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Bonjour à tous.
San Miguel de Mercedes
Le 4 août 2022
Bonjour!
J’espère que vous allez tous bien et que la santé se maintient. Je veux vous raconter un peu ce que j’ai vécu ces derniers temps. Depuis que j’étais au séminaire, j’ai toujours dit plusieurs fois par jour: «Jésus, je t’aime et je suis sûr de Toi.» Au mois de janvier, quand je suis allé au Québec et que j’étais chez Marina, de même que chez Nicole et Claude, je disais souvent cela quand je me réveillais la nuit. Je disais toujours le même chose: «Jésus je t’aime, et je suis sûr de Toi.»
Quand je suis arrivé chez Denis et Diane, j’avais toujours cette phrase dans la tête, ou plutôt dans le cœur. Une nuit, je me suis réveillé et je disais encore la même chose. À un moment donné, c’est comme si quelqu’un avait dit au moment où je disais encore cela: «Prépare-toi à souffrir» J’avoue que j’ai eu peur. Qu’est-ce que ça voulait dire? Je continuais quand même à dire la même chose.
Je suis revenu au El Salvador et, comme vous le savez, le 2 mai, je suis allé à Los Planes pour célébrer la messe de la fête patronale et là, comme je vous l’avais raconté, j’ai vécu quelque chose de très beau en donnant la bénédiction aux gens après la messe. Puis, j’ai donné la bénédiction à Léonisio que je ne connaissais pas et qui me regardait avec un beau sourire, mais avec des yeux suppliants. C’est un jeune malade qui a 15 ans. En lui donnant la bénédiction, j’ai senti que Jésus voulait le guérir mais je ne lui ai pas dit. Durant toute la semaine, je revoyais ce visage et cela m’émotionnait. Je me demandais toujours: pourquoi cela m’a-t-il tant touché, pourquoi, je n’ai pas eu une foi suffisante pour lui dire que Jésus voulait le guérir. C’est pour cela que durant toute la semaine, je faisais tout mon possible pour le rencontrer. J’ai réussi grâce au professeur Douglas de Los Planes qui m’a dit qu’il arrivait à l’école vers une heure de l’après-midi. Je me posais toujours la même question: «Pourquoi ce visage m’avait tant touché?»
Puis à un moment donné, j’ai compris quelque chose. Ce jour-là, c’est Jésus qui m’a touché. Le prêtre est une personne oint par le Seigneur et, quand le prêtre bénit ou administre un sacrement, ce n’est plus le prêtre qui agit mais Jésus lui-même. Le prêtre prête ses mains et sa bouche à Dieu et Dieu parle par lui. Quand le prêtre bénit, c’est Jésus qui bénit et, à ce moment-là, c’est normal qu’une personne guérisse si Dieu le veut. Ce n’est pas le prêtre qui guérit à ce moment-là, ce n’est plus lui qui agit et qui parle, c’est Jésus.
Même si je savais cela dans ma tête, cela ne m’avait pas descendu dans le cœur, c’est comme si j’avais découvert quelque chose d’extraordinaire. Le vendredi suivant, j’ai rencontré Léonisio à l’école et je lui ai dit de dire «Merci Jésus» plusieurs fois par jour, parce que Jésus était en train de le guérir.
Puis, est venue la fête de Marie-Auxiliatrice du 15 au 24 mai, qui a été une réussite. Dimanche le 22 mai, nous avons fait une grande fête ici en face de l’église. J’avais demandé à tous les groupes de faire une pièce de théâtre pour présenter ce jour-là. Le curé de Citalá nous a beaucoup appuyé, ce jour-là, il est venu presque une centaine de personnes de Citalá. Léonisio, sa mère et sa sœur sont venus aussi et il a été convenu que nous irions les visiter le 28 mai chez eux dans leur maison.
Le 27 mai, je suis allé à San Salvador et c’est là que mon auto a brisé, J’allais perdre une roue et j’étais prêt à rentrer sur l’autoroute. Un mécanicien me voit et me dit de me mettre sur le coté. J’ai bien vu que j’allais perdre la roue. On s’est mis dans une petite rue et le mécanicien a téléphoné à Mitsubishi pour avoir les pièces (la crémaillère et autre chose) Le garage a demandé le numéro de plaque et je leur ai donné et ils ont dit: «Vous êtes Réjean Lachance et j’ai dit oui.» Cela m’a donné confiance. Alors, le mécanicien a demandé les pièces et bien sûr en a mis beaucoup plus. Donc, le total montait à $6400.00. J’ai téléphoné à la trésorière de la paroisse pour lui dire que je devais retirer 5000.00$ du compte et qu’elle devait venir avec moi parce que ça prend deux signatures. Nous avions en banque 5,500.00$. Comme j’avais reçu du gouvernement Canadien 1800.00$, je donnerais $1400.00. Malheureusement, je me suis fait jouer dans le dos par ce mécanicien.
Le même soir, je ne le savais pas. Un ministre de la communion qui est du Conseil Économique a écrit à tous les ministres par Chat que j’étais un curé de merde et que j’avais volé ce 5000.00$ avant de quitter la paroisse. Il a ajouté que je leur coûtais très cher, etc. et ça ne finissait plus. Moi, à ce moment-là, je ne savais rien et c’est devenu public.
Le lendemain, samedi, nous sommes allés 6 personnes chez Léonisio. Quelques uns du groupe savaient toute l’histoire mais ne m’ont rien dit. Aussi, cette même journée-là, le groupe est allé voir l’évêque pour lui dire que j’avais volé l’argent, que j’avais menti, que l’auto n’avait même subie une réparation, etc. Nous avions passé une vraie belle journée, pleine de joie, en ayant visité une famille vraiment pauvre. Grâce à ce que nous avions fait à la fête de Marie Auxiliatrice, nous avons remis $300.00 à la famille pour le père et Léonisio qui sont malades.
Jésus dit dans l’évangile de Saint Marc 10, ce qui nous attend quand nous lui donnons notre vie. 29Jésus déclare: «Amen, je vous le dis: nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre 30 sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple: enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
En revenant, l’épouse de Don Berto, m’a fait écouté les audios, ce qui se disait et ce qui se répondait. Aucun des ministres de la communion m’a défendu. Don Berto m’a dit: «Je n’ai rien dit parce que je ne voulais pas avoir de problème». Je lui ai répondu: «Tu as agi exactement comme Saint Pierre, il n’a pas voulu dire qu’il connaissait Jésus pour ne pas avoir de problème.» Je lui ai dit que je garderais toujours la tête haute et que je ne perdrais pas la paix.
Le mardi, nous avions une réunion de prêtres. Je suis allé voir l’évêque pour lui parler. Comme il était occupé, il m’a dit de revenir le lendemain. Il a bien vu lui aussi que je me suis fait avoir mais il pensait que ça pouvait être des menaces, de l’extorsion. Monseigneur m’a dit que si je voulais, il viendrait àune réunion avec tout le groupe .
Nous avons eu la réunion avec l’évêque. J’ai dit à l’évêque devant tout le monde, que ce qui me faisait le plus souffrir, ce n’est pas ce qu’on a dit sur moi, mais je me demandais pourquoi, Don Eduardo, qui chante dans l’église et qui est ministre de la communion, ne vient plus à la messe ou reste à l’arrière de l’église. Pourquoi Don Edgardo, ministre de la communion, et son épouse qui a travaillé 4 ans ici comme secrétaire, ne venaient plus à la messe.
Je leur ai dit que j’ai pensé souvent: «Pourquoi, ce jour-là je ne suis pas rentré sur l’autoroute, j’aurais perdu une roue, je serais probablement mort en ce moment, et eux, ne ce seraient pas retirés de l’église.» Je ne comprends pas qu’ils aient tout abandonné. A la fin de la réunion, tout le monde et moi-même, on s’est demandé pardon. J’étais content parce que je me disais qu’ils allaient revenir à l’église. Ça fait un mois et demi de cela. Tous les jours, de 4 heures à 4h:30 heures de l’après-midi, je les attends à l’arrière de l’église pour la confession, mais personne ne vient et cela me fait souffrir.
Durant le temps de l’Avent, il y a un réponds du psaume qui m’a beaucoup touché. Ça disait: «Toujours, j’aurai confiance en toi, Jésus», et je le dis tout le temps.
Après cette aventure, j’ai compris quelque chose et je l’ai dit aux gens dans l’église. C’est facile de dire: «Jésus, je t’aime et je suis sûr de Toi» quand tout va bien mais si je le dis avec mon cœur et avec confiance: «Toujours, j’aurai confiance en toi, Jésus», alors, quand viendront les moments difficiles, il est possible que notre bouche veuille chialer mais notre cœur continuera de dire: «Jésus, je t’aime et j’ai confiance en Toi.» Durant tout ce temps, j’avais envie de critiquer ces gens-là mais je n’acceptais pas de le faire. Quand les pensées me venaient, je me disais: «Ferme ta gueule, on ne critique pas les gens.»
Il y a quelqu’un du Conseil Économique qui disait que, dans le village, les gens disaient que le Conseil était divisé. J’ai ajouté: «Prouvons-leur le contraire. Faisons une activité où tout le Conseil Économique travaillera ensemble. Ainsi, les gens verront que ce n’est pas vrai qu’on est divisé. Le démon voulait cela mais il a perdu.
Donc, nous aurons une grande fête le 6 août. Nous aurons un souper, un chanteur, un bingo, etc. En plus, tous les dimanches, chacun notre tour, on achète un cadeau d’une valeur 10,00$ et on fait un tirage après la messe. Ça nous donnera environ une trentaine de dollars chaque fois.
Nous sommes ici en régime d’exception. L’armée et les police sont dans les rues et cherchent ceux qui font partie des gangs de rue. Depuis le début de ce régime, ils en ont mis en prison près de 45,000. Comme la police a un quota qu’ils doivent remplir chaque jour, alors ils arrêtent tous ceux qui paraissent suspects. A cause de ce régime, les gens n’ont pas le droit de prendre un avocat pour se défendre. Ce qui est pire, n’importe qui peut appeler à la police et dire que telle personne fait partie d’un gang de rue. Il n’a pas besoin de se nommer, il n’aura pas besoin d’aller témoigner, etc. C’est comme dans le temps de la guerre, si quelqu’un avait un ennemi, il dénonçait la personne comme guérillero et il était arrêté immédiatement. Actuellement, en prison, il y a plus de 5000 personnes qui ont été arrêté inutilement et d’autres ont été dénoncé faussement parce qu’il y a quelqu’un en arrière qui ne les aime pas.
Quand cette histoire de fausses accusations à mon sujet a commencé, je sentais vraiment de la haine de la part de plusieurs personnes envers moi. J’étais un voleur et j’avais volé tout l’argent de la paroisse que les gens avaient donné.
Beaucoup de jeunes, pères et mères de famille ont été arrêté. Je revois en pensée tous ces gens-là qui souffrent et qui pleurent, les mères de famille pleurent en prison parce que leurs enfants sont seuls et il n’y a personne qui peut les consoler. Quand les gens osent dire que ces gens-là méritent d’être en prison, d’être maltraités, je les défends. Je leur dit que ces gens-là n’ont pas eu la chance d’avoir une famille et qu’ils viennent pour la plupart de familles désintégrées .
Je dis aux gens: «Faites attention à ce que vous dites. C’est vrai qu’il y en a beaucoup qui sont des criminels et qui doivent payer mais ce sont des enfants de Dieu et Jésus a donné sa vie pour eux, comme pour vous. Faites attention à ce que vous dites. Quand vous venez recevoir le Corps du Christ, vous recevez toute la sainteté de Dieu, vous recevez la plénitude de Dieu, plénitude pour pouvoir aimer, plénitude pour pouvoir pardonner, etc. Quand vous sortez de l’église et que vous commencez à critiquer les gens, à ce moment-là, vous êtes pires que ces criminels et Jésus sort de votre cœur.»
À un moment donné, j’étais sûr qu’on allait me dénoncer en disant que je faisais partie des gangs de rues ou que j’aidais ces gens-là. Un jour, je me suis donné au Seigneur et j’étais prêt, si je pouvais consoler ces gens, à être avec eux. Je me suis vraiment abandonné au Seigneur.
Durant la nuit, j’ai fait un rêve que je n’oublierai jamais. J’étais en prison avec un paquet de monde, j’avais les pieds attachés avec des chaînes et un cadenas. Il y avait deux autres jeunes qui étaient couchés près de ma tête, un peu comme si on était sur une croix, eux étaient comme les bras de la croix. Ils ont commencé à me conter leurs douleurs, leurs peurs et ils pleuraient. Puis, je me suis réveillé, j’avais encore plus le désir d’aller avec eux. Je disais au Seigneur que j’étais prêt et que je serais fidèle jusqu’au bout parce que je savais que, si j’allais en prison, je n’en sortirais plus, parce ces gens-là sont condamnés de 25 à 35 ans. Je me rappelais ce que je dis souvent: «Toujours, j’aurai confiance en Toi, Jésus.» Je lui disais que je serai fidèle jusqu’au bout, quoiqu’il arrive, jamais je ne l’abandonnerai.
Je vous ai raconté tout cela pour vous dire comment c’est important de dire tout le temps: «Jésus, je t’aime et je suis sûr de Toi.» et aussi: «Toujours, j’aurai confiance en toi, Jésus ». Cela m’a aidé à ne pas perdre la paix dans mon cœur, cela m’a aidé à continuer de saluer les gens comme des amis. Un prêtre ne peut pas avoir de la haine dans le cœur
En terminant, je veux vous dire que Don Eduardo (c’est lui qui a tout commencé les (chats) vient à la messe, chante la messe et à la communion et vient recevoir la bénédiction. Hier, il est venu me voir, pour la fête que nous allons avoir le 6 août. Il est soudeur, il travaille dans sa maison, il a un tout petit atelier.
Hier, je lui ai dit: «Don Eduardo, est-ce que tu aimerais cela venir travailler dans l’atelier de soudure que nous avons, tu pourrais tout faire ton travail là-bas.» «Combien me charges-tu pour le louer?» me dit-il. Je lui ai dit: «Non, je ne te le loue pas, tu paieras seulement l’électricité avec Don Germán, lui travaille dans la menuiserie.» Il était vraiment content et cela paraissait dans son visage. Je crois qu’il a senti qu’il était vraiment pardonné.
Ça m’a pris du temps à me décider de vous raconter cela. Je ne veux pas que ce soit moi qui soit comme agrandi dans tout cela. Surtout, ne me plaignez pas, tout ce que le Seigneur permet, c’est pour nous purifier et nous faire plus beau pour Lui. C’est vraiment grâce à Jésus et à Marie Auxiliatrice que j’ai pu passer à travers tout cela. C’est grâce au nom de Jésus que j’ai pu garder la paix. Si je vous ai raconté cela, c’est vraiment pour que Jésus soit plus aimé et jamais abandonné et combien c’est important de prononcer son nom.
Je serai au Québec du 15 août au 5 septembre. Samedi, le 20 août, je célébrerai la messe des funérailles de ma sœur Lisette, dans l’église de St-Georges Ouest.
Je vous bénis
Réjean ptre
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