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Démarches pour l’immigration
El Salvador
Le 17 août 2004
Bonjour,
Le temps passe vite, très vite même, ça fait déjà plus de deux mois que j’ai envoyé la dernière lettre circulaire. J’espère que vous allez bien et que la santé est bonne, et que la vie vous gâte beaucoup malgré tout ce qui peut arriver dans la vie. Je crois et je suis sûr, que tout ce qui nous arrive, si c’est du beau, c’est un cadeau de Dieu, et si c’est du moins beau, Dieu peut s’il le veut, tirer du bien de tout. Mais notre confiance doit être totale dans le Seigneur. Dieu m’aime, je le sais, et je suis sûr qu’il ne peut pas m’abandonner. Alors, ce qui m’arrive de moins beau, c’est aussi un cadeau de Dieu parce que cela sert pour ma sanctification.
Ici, nous sommes toujours en hiver, ce qui veut dire qu’il pleut tous les jours dans l’après-midi. Mais il fait une chaleur épouvantable. Les gens disent que dans 20 ans le El Salvador sera un désert.
Quand arrive le mois d’avril, les gens se préparent à semer. Ici, comme ce n’est que des montagnes, un tracteur ne pourrait pas labourer le terrain afin de le préparer pour les semences. Ce que les gens font, ils mettent le feu. Sinon, ils doivent préparer le terrain à la machette et ça prendrait énormément plus de temps. Vous comprenez qu’au mois d’avril, ça fait 5 mois qu’il n’a pas plu, donc tout est très sec. Alors, on voit des montagnes entières qui sont brûlées par le feu. Le pire, c’est qu’à chaque année les nouvelles pousses d’arbres sont aussi brûlées par le feu. C’est ce qui fait que la chaleur est si terrible maintenant. C’est ce qui fait que les rivières sont de plus en plus basses, même durant la saison des pluies. Les gens ne comprennent pas que leurs enfants et petits-enfants vont souffrir épouvantablement. Ils ne pensent qu’à eux aujourd’hui.
Vous savez que je suis en train de faire des démarches pour obtenir la résidence salvadorienne. Il le faut, puisque je ne pourrais pas renouveler un visa touristique sans arrêt. Ce n’est pas permis. Le 15 mai, je me suis présenté à l’immigration pour remettre tous les papiers demandés, en espérant avoir tous les papiers en mains et que tous les problèmes seraient finis. On m’a dit de revenir dans un mois pour voir comment allaient les démarches. Le 15 juin, je me suis présenter au guichet # 3, et on me dit que j’avais une « prévention » et de me présenter au guichet # 10. On me donne la feuille et l’immigration me demandait de sortir du pays et d’aller dans un consulat et demander un visa consulaire. Je devais maintenant me présenter au guichet # 12. A tous les guichets, il faut faire la file. Je me suis présenté enfin au guichet # 12. Quand ils ont vu la feuille, ils m’ont dit que je devais aller faire photocopier cette « prévention », et de revenir. Je suis sorti dans la rue et en face il y a un centre de photocopies. Je suis revenu au guichet # 12 et on me dit que je devais avoir deux photos. Je suis ressorti dans la rue pour aller me faire photographier. Je suis revenu au guichet # 12, après avoir fait la file. Et on me dit que je devais avoir un permis pour sortir du pays. Et que ce permis ils me le remettraient dans trois jours. (Ce n’est qu’une étampe dans le passeport.)
Après en avoir parlé a Monseigneur, il m’a conseillé d’aller au Honduras, parce qu’il connaissait un prêtre d’une paroisse qui pourrait me donner l’hospitalité. Quand je suis retourné à l’immigration trois jours plus tard, on m’a dit à l’immigration qu’il n’avait probablement pas de consulat salvadorien au Honduras, que c’était préférable d’aller au Guatemala.
Je suis allé immédiatement acheter le billet d’autobus pour le Guatemala. J’ai déboursé 10,00$ de plus pour avoir de la place à mettre les jambes. On m’a dit que c’était un autobus à deux étages. Et que je serais en bas, c’est comme une première classe. De San Salvador à la Capitale du Guatemala, ça prend seulement 4 heures.
Le lundi 19 juillet, je suis allé à San Salvador. J’ai dû dormir dans un hôtel, car je partais à 6 heures le lendemain matin. En effet, j’étais en bas dans l’autobus, il n’avait que 8 sièges, j’avais amplement de place pour mettre les jambes et j’étais seul en bas. En revenant, tous les 8 sièges étaient occupés. On nous sert un bon repas, on nous présente un film. En revenant, j’ai vu le film : « Un fou en Afrique avec Ace Ventura ».
Au Guatemala, dans la Capitale qui s’appelle « Guatemala », j’ai demeuré chez les pères Pauliniens. Dès le lendemain, je suis allé au Consulat Salvadorien pour demander le visa consulaire. On m’a dit qu’en premier je devais aller dans une banque Cuscatlan pour payer les frais de 30,00$. Que je devais aller faire photocopier chaque page de mon passeport et avoir en main deux photos. J’ai réussi à trouver la banque et tout le reste. Je suis revenu au Consulat Salvadorien et on m’a dit de revenir le lendemain pour le visa. Ce n’était aussi qu’une étampe dans le passeport.
J’ai été très bien reçu chez les Pères Pauliniens. Le dernier soir, j’ai rencontré le supérieur et je lui ai demandé comment je devais payer pour le séjour. Il m’a dit : « absolument rien ». J’étais heureux et je riais dans ma barbe, car au Guatemala, chaque fois que je me déplaçais, je devais prendre un taxi.
Le 23 juillet, je revenais du Guatemala. A la frontière, personne ne sort de l’autobus. Nous remettons notre passeport à quelqu’un de responsable dans l’autobus, et lui fait toutes les démarches à l’immigration. Comme il me restait 1193,00 Quetzales, et que par la fenêtre, je voyais beaucoup de personnes qui échangeaient l’argent, je suis sorti pour demander comment ils me donnaient pour 1193 Quetzales. Ils étaient plusieurs alentour de moi. Le gars m’a dit : je te donne 90,00$. J’avais calculé plus ou moins ce qu’on devait me donner. Je lui ai dit que « non, ce n’est pas assez». Un autre m’a dit : Je te donne 114,00$. Je suis parti à rire, et je leur ai dit : « Hein, vous avez voulu me voler », et je suis rentré dans l’autobus.
Un autre est venu près de la fenêtre et m’a montré sa calculatrice et il me donnait 130,00$. Je lui ai dit que non. Un autre, quelques minutes plus tard, est venu et m’offrait 140,00$. Je suis têtu et je lui ai dit que non, mais je vous avoue que les yeux commençaient à m’arrondir. Quelques minutes plus tard, le même monsieur du début qui m’a offert 90,00$, est venu, a cogné dans la fenêtre, a calculé sur sa calculatrice et me montrait que lui me donnerait 150,00$. Je lui ai dit que non, non et non.
En arrivant à San Salvador au terminus, il y avait au guichet quelqu’un qui échangeait l’argent. Ils m’ont donné 140,00$. Je me suis mis à penser, si j’avais accepter 150,00$, peut-être qu’on m’aurait passer quelques faux billets. J’ai pensé de remercier Marie pour m’avoir protéger.
Le vendredi, je suis arrivé à San Salvador, j’ai décidé de ne pas revenir ici tout de suite et de remettre tout ça à l’immigration, sinon, je devais revenir le lundi suivant. Comme il était un peu tard, j’ai décidé de dormir à San Salvador. Je suis arrivé le samedi matin à Concepción. J’avais une bonne nouvelle qui m’attendait. Le conteneur qui était parti en mars du Québec, qui était arrivé le 7 avril au Guatemala, et depuis ce jour il était au Guatemala pour des problèmes de douanes était maintenant arrivé. Durant la journée du vendredi, Caritas a prit un gros camion pour m’amener une partie des choses qui étaient à mon nom. Dans la Beauce, on avait mis « personnel » aux choses qui devaient me revenir. Le reste n’était pas supposé me revenir à moi. Mais, les sœurs grises de Québec ont envoyé beaucoup de choses qu’ils ont mis au nom de « Padre Ernesto » et tout ça Cáritas me l’a remis. Il y avait trois filières, rempli de toutes sortes de choses, de gros meubles bien pleins. Quand le Padre Tulio a vu cela, il a demandé de l’aide aux hommes de Concepción par Haut-parleurs. Il y a avait même une table d’accouchement, des couches Pampers d’hommes et de femmes. Tout ce qui regardait le dispensaire, je l’ai remis à une infirmière qui ouvrait un dispensaire dans un petit village à 6 kilomètre d’ici. Alors, tout est arrivé à point pour cette infirmière. Et moi aussi, je suis arrivé à point parce que si j’étais arrivé la veille et que j’avais été chercher les choses moi-même, je n’aurais jamais osé accepter tous ces meubles. J’aurais dit : « ce qui est à moi, ce sont les boîtes où c’est écrit « personnel ». Dans un des meubles, il y avait les beaux chandeliers que j’avais vu chez les sœurs grises avec Nicole et Henriette, cela je le désirais et je l’ai reçu. En plus, il y avait un beau Calice et un Ciboire, vraiment très beau.
J’ai reçu aussi 5 chaudières de 5 gallons de peintures. Le mardi suivant, je suis allé chercher dans un pick-up les boites qui étaient écrit « personnel ». Nous avons dû faire deux voyages, tellement il y avait de boites. Il y avait 13 guitares en tout, un four Micro-ondes, un téléviseur que j’ai donné à une famille de 6 enfants. Ils avaient un vieux téléviseur, je crois du temps de la guerre, qui n’avait plus de volume maintenant. Avec ce téléviseur, reçu de Louisette et Roland, ils peuvent prendre 10 canaux car ils sont situés assez haut dans le village.
Les 3 gros meubles, je les ai mis dans ma chambre, plus une filière, plus la petite photocopieuse. La grosse, je l’ai donné ici à la paroisse.
Nous avons reçu trois grosses boites de lunettes. Je les ai toutes donnés à une dame de Comalapa. Et le jeudi à la messe, j’ai annoncé que chez Marta, il y avait des lunettes à donner, mais seulement une paire par personne. La nouvelle s’est répandue très vite, les gens sont accourus chez Marta tout contents. Une semaine plus tard, il n’y avait plus rien. Je veux vous raconter un fait formidable. Une dame assez âgée qui venait d’un petit village très loin, est arrivé chez Marta, elle a commencé à essayer des lunettes. Tout à coup, elle lâche un cri : « Avec ces lunettes-là, je vois vraiment très bien, tout est clair, c’est extraordinaire ». Elle n’arrêtait plus de remercier. Elle remet les lunettes dans l’étui, et l’étui dans sa sacoche, et elle retourne vite dans son petit village de Guachipilin pour montrer à sa fille ce beau cadeau qu’elle avait reçu. Elle arrive chez sa fille, elle lui dit : « Regarde ma fille, ce que j’ai reçue, je suis vraiment contente, avec ses lunettes, je vois bien, c’est vraiment un cadeau du ciel ». La fille regarde sa mère, un peu surprise et lui dit : « mais maman, ses lunettes n’ont pas de vitres ». La pauvre madame, regarde sa fille un peu abasourdie et un peu honteuse d’elle. Elle décide de revenir vite à Comalapa pour venir se chercher une autre paire de lunettes, mais cette fois-ci, avec des vitres. C’est une histoire vraie et qui nous a fait rire.
Hier, je suis allé dans une famille à Candelaria. Pour faire revivre des souvenirs à ceux qui sont venus au El Salvador l’an dernier, j’ai marché deux heures dans la montagne pour arriver dans cette famille. J’y suis allé avec une guitare et deux jeux de cordes que j’ai reçu de la Beauce (merci Pierre). Le père joue de la guitare, le garçon de 15 ans et le jeune garçon de 8 ans chantent très bien. Il a même chanté devant le président. La guitare était pour le jeune de 15 ans. Il avait une guitare un peu avec un son bizarre, mais comme c’est une famille très pauvre, il ne pouvait pas s’en acheter une autre. Les guitares que nous avons reçus, avaient un beau son, vraiment très beau. Le jeune Jairo était vraiment content, plusieurs fois dans la journée, il a essayé sa guitare et n’arrêtait pas de dire qu’il était content.
La plus âgée dans cette famille a 17 ans, elle rêve depuis longtemps de pouvoir aider ses parents. Elle voulait apprendre à manipuler un ordinateur. Mais comment pourrait-elle s’acheter un ordinateur ? Impossible. Elle disait à sa mère : « Maman, quand je travaillerai, je voudrais vous aider pour qu’on peinture la maison. » Imaginez-vous, comment Dieu est bon. Un jour, je suis allé chez eux et j’ai offert à la jeune fille un ordinateur, sans savoir qu’elle voulait étudier dans ce domaine. Elle était vraiment contente. Quand j’ai reçu toutes les choses, j’ai donné l’ordinateur que Lise de Saint-Georges avait donné. Lundi dernier, je leur ai offert un 5 gallons de peinture. Et on m’a conté le rêve de la jeune fille qui désirait tellement pouvoir acheter de la peinture pour peinturer la maison. On peut voir dans ces faits : la guitare, l’ordinateur et la peinture que le Seigneur a vraiment un amour très spécial pour les pauvres qui s’abandonnent à Lui. Le Seigneur on le sait, ne nous abandonne jamais, quand vient les doutes, on a qu’à lui dire souvent : « Jésus, je suis sûr de Toi ». Ce sont des actes d’amour qui viennent augmenter notre foi. Être sûr du Seigneur, je crois que c’est une des plus belles choses qui peut nous arriver.
Je voulais vous dire que nous sommes enregistré au Gouvernement sous le nom de « Mission El Salvador » et on a maintenant le droit de remettre des reçus pour fins d’impôt. Nous avons été accepté par le Gouvernement du Canada et celui du Québec. Moi j’ai le reçu # 0001. Je suis le premier à avoir fait un don officiel pour « Mission El Salvador ». Les reçus sont vraiment très beaux. Demandez-en un, c’est gratuit, mais avec quelques conditions. Si nous avons maintenant le droit d’émettre des reçus d’impôt, c’est grâce à Denis mon frère qui depuis plus d’un an a fait les démarche en remplissant un paquet de formules, en consultant des personnes. Pour nous, c’est vraiment important que nous ayons le droit d’émettre les reçus d’impôts. Alors, ceux qui aimeraient donner un don, vous pouvez envoyer un chèque au nom de Mission El Salvador 215, R.R. #1 – Saint Jean de la Lande Qc. Et mon frère vous fera parvenir le reçu pour fins d’impôts.
Pour ce qui est du Pick-up, nous avons maintenant 12,600.00$ de ramasser. Il faut ramasser 22,000.00$ canadien. C’est extraordinaire comme les gens sont généreux. Je crois que maintenant, nous pouvons être sûr que le Seigneur veut ce projet. Je sais que cela me servira énormément pour l’apostolat. Cela me permettra d’aller dans les villages, prendre le temps avec les gens comme je vous le disais dans la dernière lettre. Je ne serai pas pris par les horaires d’autobus. Ce n’est pas parce que je n’aime pas prendre l’autobus, mais c’est parce que je pourrai rester dans le village tant que les gens auront besoin de parler. Le dimanche matin quand je vais à Comalapa, je dois attendre parfois l’autobus au moins une heure assis sur le trottoir. Même chose pour revenir. Comme Monseigneur me le disait : Quand tu attends l’autobus pendant une heure, c’est une heure sacerdotale de perdue ». Alors, si vous connaissez des gens qui aimeraient partager, vous pouvez leur suggérer d’envoyer le don à « Mission El Salvador » en mentionnant que c’est pour le pick-up.
Depuis ma dernière lettre, je suis sûr que vos prières ont porté des fruits. Une semaine après, le curé me disait que je pourrais célébrer la messe tous les jours à 6 heures. Au début, je n’ai pas dit un mot, et je me suis dit que je la célèbrerais aussi le samedi matin. Deux semaines plus tard, le curé m’a dit qu’il ne voulait pas que je la célèbre le samedi, car il y a une messe le soir à 6 heures. Je lui ai dit que c’était la messe du dimanche. Il a dit c’est pas grave. Alors, le samedi matin je la célèbre dans ma chambre.
Quand j’étais au séminaire, je disais souvent que je serais dans l’Eglise une heure avant la messe pour être disponible pour les gens, je l’ai toujours fait et peu à peu les gens demandent de se confesser. Mais c’est surtout après la messe que je confesse deux, trois ou quatre personnes parfois. Cela me rend heureux. Ce qui me rend heureux aussi, c’est que les gens me téléphonent pour demander d’aller les visiter, pour tel ou tel problème qu’ils ont. Il y a des gens qui eux, ne sont pas très contents. L’autre jour une dame du barrio Las Flores a dit a quelqu’un que je devais avoir une femme dans ce coin-là. Samedi dernier et dimanche à la messe, j’ai dénoncé cela. Et je leur ai dit que c’était vrai que j’avais une femme dans ma vie et que c’était la Vierge Marie. Je leur ai dit que si cette dame-là un jour un serpent venimeux la mord, c’est le serpent qui va mourir, car elle a plus de venin dans sa langue que le serpent lui-même. Je savais que cette femme vient à la messe et j’espérais qu’elle soit là. Je leur ai dit : « Je vous annonce une bonne nouvelle. Je continuerai à aller visiter les gens, je le ferai parce que Monseigneur Alas me le demande, ça ne me dérange pas que certaines personnes soient contentes ou non ». Ici, Concepción Quezaltepeque est reconnu dans tout le El Salvador comme un village de commères.
Les gens me disent qu’ils sont contents que je sois disponible. Il me disent que le Padre Tulio répète toujours la même chose après la messe : « Ne me retardez pas, je suis pressé. » Cette semaine, il n’a pas passé une seule journée ici, il revient le soir assez tard. Et pour ma part, c’est merveilleux, car je profite de ce temps pour vous écrire.
Bon, je dois m’arrêter ici, car je suis rendu en bas de la page. Je veux demander au Seigneur de vous combler de ses grâces, de vous protéger, de vous garder de tout mal. Et moi, de tout cœur je vous bénis ainsi que tous les vôtres au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.
Réjean ptre
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