La semaine sainte au Salvador
El Salvador
Le 4 avril 2005

Réjean LachanceBonjour,

J’espère que vous allez bien et que la Santé est bonne. Pour ma part, tout va très bien et ici il fait chaud. Je vous assure que parfois on ne fait rien et on sue.

Je voudrais commencer cette lettre sur un brin de gaieté. Je ne sais pas ce qui se passe en moi, ou je suis malade ou je deviens dingue. Il me semble que je dors très bien, je me couche de bonne heure, au plus tard 10 heures 30 minutes. Je me lève tous les jours à 5 heures du matin. Vers 6 heures, je prie le bréviaire et je m’endors parfois. Mais cela, n’est pas si grave. Quand nous avons une réunion de prêtres, Monseigneur nous parle toujours d’un sujet, et parfois il est assez long. Alors, je me mets à dormir. A la dernière réunion, j’étais assis en face de lui, j’ai lutté de toutes mes forces pour ne pas dormir, mais imaginez, je reçois un coup de coude dans les côtes, un prêtre me réveillait parce que j’étais en train de ronfler devant Monseigneur, et mon \"muffler\", parait-il, avait un trou dedans, parce que le son était assez strident. Toutes les paires de yeux étaient fixées sur moi. Cela m’a réveillé pour de bon à cause de la honte.

J’aimerais vous raconter quelque chose qui est très beau. Par ce témoignage, Jésus vient nous montrer encore une fois sa grande miséricorde, son amour pour les pécheurs.

Un dimanche, j’expliquais aux gens dans l’Eglise, qu’après la communion, chacun s’en va chez eux et passe dans les rues. Je leur disais qu’il fallait être conscient que dans notre cœur, nous avons Jésus et c’est le même Jésus qui passait dans les rues de son village en guérissant les malades. C’est comme si nous faisions la procession avec le Saint-Sacrement. C’est la même chose, mais cette fois-ci nous avons Jésus dans notre cœur. Il faut croire que Jésus va passer encore aujourd’hui dans les rues de Chalatenango et si nous croyons à cette présence de Jésus en nous, il va guérir, il va faire des appels à la conversion etc…

Durant la dernière semaine de février, il y a eu environ 85 personnes qui sont allées évangéliser dans un village pendant trois jours. Après leur journée de travail, ils se réunissaient en face de la Cathédrale, et partaient ensemble en camion ou en Pick-up pour visiter les familles. Je suis allé la dernière journée pour rencontrer les malades, et confesser ceux qui le désiraient.

Pour aller dans ce village de San José, il fallait passer dans un autre petit village. Les gens priaient pour ceux qui vivaient dans ces maisons quand ils passaient en face, et demandaient au Seigneur de les bénir, et priaient pour la conversion des pécheurs.

Imaginez-vous que le vendredi suivant, un monsieur téléphonait pour nous dire qu’une dame voulait se confesser et qu’elle était malade. Je suis allé tout de suite. La dame avait 75 ans, je ne peux pas dire qu’elle paraissait en danger de mort. Je lui ai demandé s’il elle voulait se confesser et elle m’a dit « oui ». Je lui ai demandé quand elle s’était confessée pour la dernière fois. Elle m’a dit, ça fait 60 ans que je ne me suis pas confessé. Je lui ai offert de faire une confession générale, une confession de toute sa vie et je lui disais qu’après la confession, son âme serait blanche comme après son Baptême. Elle s’est confessée avec une grande humilité. Elle me disait : « Cette semaine, je me suis mis à réfléchir et je me disais que je ne voulais pas mourir comme je suis actuellement, je veux changer de vie, je veux recommencer à vivre ». Je l’ai confessée, je lui ai donné le sacrement des malades et aussi la Sainte Communion, à la fin, je l’ai bénie et je lui ai imposé les mains et je suis parti. Le lendemain matin, elle était décédée.

Je rappelais aux gens que, quand nous sommes conscients que nous nous promenons avec Jésus dans notre cœur, quand nous passons en face d’une maison, Jésus peut s’il le veut, grâce à notre intercession faire des miracles, convertir les gens et nous convertir.

Cette année, le Seigneur m’a fait une belle grâce pour la Semaine Sainte. Il m’envoyait à San Miguel de Mercedes, un petit village pas plus grand que Citalá, avec 4 petits villages des montagnes. J’espérais vraiment y aller.

Une semaine avant, je me suis réuni avec les Agents de Pastoral de San Miguel, pour le programme de la Semaine Sainte. Le programme était vraiment chargé. Ce qui me faisait le plus peur, c’était les processions. Je n’aimais pas beaucoup les processions parce que à Concepción de même qu’à Citalá, il y avait vraiment un désordre. Les gens ne faisaient que parler, alors, ce fût le souvenir que j’avais des processions.

Je suis arrivé à San Miguel le samedi 19 mars. Comme j’étais là, j’ai célébré la messe de Saint-Joseph. Le dimanche matin, c’était la procession des rameaux, puis la messe. Dans l’après-midi, nous avons eu une réunion pour les derniers préparatifs.

Lundi, il y avait une visite pastorale à El Canton Los Guardados. Le responsable m’a dit que la messe serait à 3 :00 heures p.m. Il m’a dit, on pourra partir vers deux heures. Non, lui ai-je dit : « Je veux y aller dès le matin, comme Monseigneur Alas nous le demande. Je veux prendre le temps de visiter les familles et à 1 heure de l’après-midi, être à l’Eglise pour confesser ». Tous les 6 enfants de Chœurs qui ont entre 13 et 16 ans m’ont accompagné, de même qu’une jeune fille qui a près de 30 ans, mais qui me vient aux genoux. J’espérais ne pas y aller seul avec elle. Imaginez-vous, pour un Salvadorien, je suis un géant, et cette fille qui me vient aux genoux. Ça aurait été drôle à en mourir. Dans chaque maison, je notais le nom de la famille. Il y a eu quelques malades que j’ai confessé, et à qui j’ai donné le Sacrement des Malades et la Communion, parce qu’eux ne peuvent pas se déplacer.

A partir d’une heure, j’ai confessé sans arrêt jusqu’à trois heures. A la messe, nous avons nommé les malades que nous avons visités, de même que tous les noms des familles. Les gens étaient contents que la messe soit célébrée à leurs intentions. Pour aller dans ce village, ce serait impossible d’y aller sans un 4 X 4. Il y a un bout où ça monte comme dans la face d’un bœuf. On est revenu à 4 heures 30 à San Miguel. A 5 heures, j’avais des confessions jusqu’à 7 heures, puis la messe et après, encore des confessions tant qu’il y aurait des gens. Je terminais le soir vers 9 heures ou 9 heures 30.

Le mardi matin, il y avait une retraite pour les jeunes. J’y suis allé pour les confessions. Dans l’après-midi, je suis allé dans le village Los Hernandez. Je ne suis pas allé le matin, parce qu’il y avait des séminaristes qui visitaient les familles, mais j’étais là à une heure pour confesser. Dans ce village, il y avait une grande indifférence, c’en était triste à voir. Durant la consécration, il y avait des personnes qui sont restées assises avec une gomme dans la bouche et qui ne faisaient que parler. Puis ces gens-là se sont approchés pour communier. Un gars s’est approché avec une gomme dans la bouche. Je lui ai dit d’enlever la gomme de sa bouche. Il l’a enlevé. On est revenu de bonne heure, parce que j’avais aussi des confessions à 5 heures, puis la messe, à 7 heures et encore des confessions après la messe.

Le mercredi, il y avait une visite pastorale à El Salitre. Je suis parti vers 10 heures, parce que ce matin-là, il y avait une retraite pour les personnes âgées. Il y en avait 23 qui étaient assez malades. Je les ai tous confessés et je leur ai donné le Sacrement des Malades, et la communion à ceux qui ne pouvaient pas se déplacer pour venir à la messe de 7 heures.

Le jeudi, je suis venu à Chalatenango pour la messe Charismale. Ce fut très beau, nous étions une trentaine de prêtres. Durant les trois jours que j’ai confessé à San Miguel, une chose me surprenait beaucoup, il y a environ 3 ou 4 enfants qui sont venus se confesser. Alors, j’ai parlé au responsable et je lui ai suggéré de faire de l’après-midi du jeudi, un temps de confessions pour les enfants. De deux heures à 4 heures 30, je n’ai pas arrêté de confesser les enfants. A 5 heures, nous avions la messe de la dernière cène. Puis l’adoration du Saint Sacrement jusqu’à 11 heures.

Il y avait le petit village de El Salitre qui n’avait pas cette année de séminaristes. Quand il y a un séminariste dans un petit village, il peut venir chercher le Saint-Sacrement pour l’adoration. Dans ces Eglises, le Saint Sacrement n’y est pas. Comme les gens étaient bien tristes, je leur ai offert qu’après avoir exposé le Saint Sacrement ici à San Miguel, j’irais exposer le Saint Sacrement à El Salitre à 7 heures. El Salitre est à 4 kilomètres environ. Ce n’est pas loin, mais le chemin est mauvais. Je suis revenu pour confesser à San Miguel et à 9 heures, je retournais à El Salitre pour confesser jusqu’à 10 heures. Je réservais le Saint Sacrement et je revenais à San Miguel pour réserver aussi le Saint Sacrement. A 11 heures, les gens sont partis pour la « procession du silence ». J’ai confessé jusqu’à minuit et je suis allé à la procession avec les gens qui a terminé à 1 heure 30 du matin. Durant cette procession, on garde silence tout le temps avec un fond de musique.

Le Vendredi Saint, nous avons fait le chemin de Croix dans les rues avec les 14 stations. Le chemin de Croix dure près de deux heures. Dans l’après-midi, il y a l’office du Vendredi Saint, et à 5 heures une autre procession de l’enterrement de Jésus. On promène le corps de Jésus en passant par le même trajet que le chemin de Croix. Marie accompagne avec Saint-Jean et revivent les mêmes évènements que ceux du matin. C’est une procession qui est très longue aussi. A 7 heures, il y a la procession avec la Croix, mais c’est seulement pour les femmes. J’étais content.

Le Samedi Saint, il n’y a rien durant la journée jusqu’à la Vigile Pascale qui avait lieu à 8 heures 30. A San Miguel, il y a des villages qui n’ont pas reçu la visite du prêtre durant la dernière année. Ce sont des villages qui sont très loins et difficile d’accès. Alors, j’avais dit aux responsables qu’il serait bon d’aller visiter ces villages ce samedi, puisque nous avions du temps. Dans un des deux villages que nous avons visités, deux familles seulement sont catholiques. Dans l’autre village, c’est plutôt l’indifférence qui domine. Dans le premier village, nous avons visité une famille. Ils étaient tellement contents, qu’ils étaient au complet à la Vigile Pascale. Nous avons été voir un monsieur qui était malade. Il a 73 ans. Quand je suis entré dans sa chambre, et qu’il m’a vu, il pleurait de joie. Il avait tellement désiré voir un prêtre avant de mourir. Je l’ai confessé, j’ai confessé sa femme, je leur ai donné l’Onction des malades et la Sainte Communion. Que j’étais heureux d’être prêtre! Dans certaines familles, on nous recevait par politesse seulement, mais on ne sentait pas que nous étions bienvenus.

Après la Vigile Pascale, il y a eu une fête avec de l’animation en face de l’Eglise. Puis chacun avait droit à un café, et un morceau de gâteau. Moi, je me suis couché ce soir-là à 1 heures 30 du matin. Je savais qu’il y avait une autre procession le dimanche de Pâque à 4 heures 30 du matin. A 4 heures 20 je me suis réveillé et j’avais décidé de ne pas me lever. Puis je me suis dit que j’irais jusqu’au bout. C’était la procession du Fanal. Il y a 4 hommes qui portent un ange, et l’ange c’est un petit garçon. Ils partent à la recherche de Jésus, parce qu’ils ont entendu dire que Jésus était Ressuscité. Ils font toutes les rues du village. Pendant ce temps, Marie attend au coin d’une rue. Puis on voit revenir l’ange et il annonce que Jésus est Ressuscité. Nous suivons l’ange et quand on rencontre Jésus, on revient à l’Eglise en procession.

Le Dimanche de Pâques, c’est la messe solennelle, et elle a vraiment été solennelle, je vais vous dire pourquoi. Pour la première fois depuis que je suis prêtre, j’ai chanté les oraisons. Je me suis pratiqué toute la semaine, pour ne pas partir à rire durant la messe. La vérité, c’est que cela n’a pas été si pire.

Maintenant, je veux vous raconter comment je me suis senti durant cette semaine sainte. Je ne connaissais pas beaucoup les gens. J’étais venu seulement une fois et ce fut le mercredi des cendres. A San Miguel, il y a 6 servants de messe. Ils ont entre 13 et 16 ans. Imaginez-vous, ils m’ont accompagné toute la semaine dans les villages. Le dimanche des rameaux, il y avait Juan, un enfant de 8 ans, qui me regardait sans arrêt, il était trop gêné pour s’approcher. Je suis allé le voir. Je lui ai demandé son nom, et depuis ce jour, il est venu avec moi dans tous les villages. Imaginez-vous, quand nous allions dans un village, nous y allions toujours une quinzaine de personnes, et c’était tous des jeunes.

Il y a Freddy, un autre petit garçon de 10 ans, qui a commencé à me suivre à partir du dimanche. Durant toutes les processions, il marchait à côté de moi, la tête basse sans aucune distraction. Un jour, je lui ai demandé ce qu’il voulait faire quand il serait grand. Il m’a dit : « Je veux être mécanicien ». A la procession du silence qui a duré deux heures et demi, il a marché à côté de moi. Durant le chemin de croix, il était toujours à mes côtés et il marchait la tête basse sans aucune distraction. Je me demandais ce qu’un enfant comme cela ferait quand il serait grand. Dans l’après-midi du vendredi, il est venu me voir. Je lui ai dit : « Tu sais, je ne crois pas que tu feras un mécanicien, et que tu vas réparer des autos quand tu seras grand. Je crois que tu seras mécanicien des âmes ». Le lendemain je lui ai demandé ce qu’il fera quand il sera grand. Il m’a dit : « Je serai réparateur d’âmes ». J’ai trouvé cela tellement beau. Un réparateur d’âmes, c’est vraiment la vocation du prêtre.

Quand les jeunes venaient avec moi dans un village, jamais ils ne se plaignaient de la fatigue. Jamais qu’ils ne se plaignaient de la soif. En revenant, je leur achetais un coke. Ils étaient heureux et contents.

Le jeudi saint, tous les servants de messe sont venus avec moi à la messe Charismale. Je leur ai donné de l’argent pour qu’ils aillent manger au « Pollo Campero », parce que moi, j’allais manger avec les prêtres et on ne peut pas avoir des invités. Quand ils sont revenus, ils m’ont donné un cadeau. Un beau cadre du Sacré-Cœur de Marie. Chacun d’eux a écrit un mot à l’arrière : Merci Padre Ernesto pour m’enseigner à partager et me faire aimer Marie.
Merci pour être un vrai père pour moi.
Merci Padre Ernesto, je vous aime beaucoup.
Merci pour avoir augmenté ma foi et pour m’enseigner à dire : « Jésus je t’aime ».
Padre Ernesto merci, que Dieu vous bénisse toujours et que la Vierge Marie vous couvre de son manteau et qu’elle vous protège toujours. Faites attention à vous, nous vous aimons beaucoup.

Ce même groupe de jeunes m’a invité à manger des « pupusas » le dernier soir. Le dimanche de Pâques après la messe, tous les gens de tous les groupes ont fait une fête. Le petit garçon réparateur d’âmes, durant la messe avant la tête basse, il était pensif, mais après la messe, il n’a pas pu résister. Il pleurait à chaudes larmes, je suis allé le voir, je l’ai assis près de moi, et je l’ai laissé pleurer la tête penchée sur mon épaule.

Ce peuple de San Miguel de Las Mercedes, est un peuple à majorité d’indigènes. Je vous le disais dans la dernière lettre que les indigènes ont la face ronde et une grosse baboune. Mais j’ai vraiment aimé ce peuple, et je serais resté là pour le reste de ma vie, j’en suis venu à oublier la baboune et voir à l’intérieur d’eux. Ils sont beaux à l’intérieur, cela ne veut pas dire qu’ils sont des saints. Le dimanche des Rameaux, je leur disais : « Levez la main, ceux qui veulent devenir des saints » Pas un a osé levé la main. Je leur ai dit que c’était dommage. Le dimanche de Pâques, je leur ai demandé la même chose, et un gros nombre de personnes ont levé la main. Tous les jours, je leur parlais de la Sainteté.

Dans ce village, c’est un peu comme celui de Citalá, il n’a jamais eu aucune vocation qui est sorti de là, parce que parait-il, un prêtre a jeté une malédiction et a dit que ce village ne donnerait jamais une vocation au Seigneur. Tous les gens le savent qu’un prêtre a jeté une malédiction. Durant toute la semaine, je leur ai parlé de Marie, je leur ai donné des témoignages. Je leur ai montré l’importance de prier en famille. Je leur disais qu’il y avait beaucoup d’enfants qui sont appelés à devenir prêtre ou des jeunes filles à devenir religieuses. Je leur ai raconté que dans un village en célébrant la messe, j’ai levé les yeux, et j’ai vu un jeune dans la porte de l’Eglise, et je l’ai vu prêtre. Après la messe, je suis allé voir ce jeune et je lui ai demandé s’il avait déjà pensé de devenir prêtre. Il m’a dit : « J’y ai pensé et j’y pense encore ». Plusieurs père et mère de famille, pensent que leur enfant ne pourrait jamais devenir prêtre parce qu’ils sont pauvres. Je leur dis que Jésus connaît plus qu’eux leur condition de pauvreté. Je leur dis que l’Eglise a besoin de prêtres qui savent ce que c’est d’avoir faim, ainsi le prêtre aura un cœur de compassion. Alors, je leur raconte ce que j’ai vécu quand j’ai voulu devenir prêtre et que le séminaire me demandait 12,000$ par année. Le Seigneur connaissait ce que je vivais, il savait que je n’avais pas d’argent et il a ouvert la porte du cœur des gens et le séminaire a trouvé des bénévoles pour moi. Le Seigneur n’est jamais arrêté par notre situation de pauvreté. Il faut s’abandonner à Lui et lui donner toute notre confiance.

Un monsieur m’a dit la dernière journée avec les larmes aux yeux : « Gracias Padre, j’ai découvert Marie, et je ne veux plus vivre sans Marie, aujourd’hui, je suis allé m’acheter une médaille de Marie » et il me l’a montré. Une monsieur et une dame m’ont dit : « Cette semaine, nous avons commencé à prier en famille et nous allons continuer de le faire »

Vous savez, si je n’avais pas eu le Pick-up 4 X 4, je n’aurais pas pu aller dans les villages comme je l’ai fait, et si j’ai pu le faire c’est grâce à vous tous. Je vous assure que c’est beau de voir la joie des gens quand un prêtre entre dans un village. C’est beau de voir la joie des enfants, quand à mon départ, je leur donne la bénédiction. La vocation de prêtre est vraiment trop grande pour qu’on ne veule pas devenir des saints.

Autre chose curieuse : Ici, la plupart des prêtres se plaignent que c’est dur durant la semaine sainte etc. … On arrive à y croire. Quand je suis arrivé au dimanche de Pâques, je ne sentais pas que j’étais fatigué. J’avais une certaine fatigue, mais j’étais heureux et je me suis dit que le secret est tout faire pas amour pour Jésus et de se donner totalement. Durant cette semaine sainte, je peux dire que je me suis donné totalement. Ce n’est pas si difficile de célébrer deux messes par jour, cela deviendra difficile quand je le ferai par obligation, mais si je le fais toujours par amour pour Jésus, c’est un repos de célébrer la messe. Je n’ai pas eu beaucoup de temps libre, à part la nuit. J’ai pris le temps de prier. Et le dimanche de Pâque, j’aurais aimé recommencer la semaine sainte pour faire encore mieux.

Notre organisme « Mission El Salvador » peut aider beaucoup de gens grâce à vous tous, grâce à votre partage. Dans un petit village de Candelaria, un jeune de 15 ans est guitariste et joue dans l’Eglise. Il avait un grand désir, c’était d’apprendre la Mandoline et le piano électronique et ensuite de pouvoir l’enseigner à d’autres. Mission El Salvador lui a fait ce cadeau. Il y a deux mois, il a commencé à enseigner la guitare à 4 jeunes de 10 – 12 ans. Il reçoit un salaire de 0.40$ de l’heure. Hier le 6 avril, je suis allé célébrer la messe à Candelaria, c’était l’anniversaire d’un des jeunes qui apprend la guitare et qui s’appelle Carlos, il a fêté ces douze ans. C’est lui qui a accompagné avec son professeur tous les chants de la messe. Imaginez, il joue depuis 2 mois seulement. Il était fier de lui. Après la messe, je l’ai présenté à toute la communauté et les gens l’ont applaudi. C’est une famille extrêmement pauvre. Depuis plusieurs années, il demande à sa mère de le fêter, ils n’ont pas d’argent. Il n’a jamais eu de gâteau, jamais eu de cadeau. Il a dit à sa mère : « Maman, achète-moi un tout petit gâteau », mais sa mère n’a pas d’argent. Hier, avant la messe, je suis allé de bonne heure chez eux. Lui, il était à l’école. J’avais acheté une « Piñata » que j’ai remplie de bonbons, puis des ballounes et nous avons tout décoré la maison. J’ai acheté un gros gâteau bien décoré avec son nom dessus. J’ai acheté 4 bouteilles de deux litres de boissons gazeuses. Pour cadeau, je lui ai acheté une montre. Si vous aviez vu la joie de cet enfant. Je suis sûr, ce que j’ai fait, je l’ai fait à Jésus enfant. Une chose m’a surpris et m’a réjoui : Après la messe, la mère et le père ont invité tous les gens à venir partager la fête avec eux. Près de cinquante personnes sont venues. Ce sont les pauvres, ils aiment partager.

« Mission El Salvador » a permis aussi de poser l’électricité dans une famille de Concepción Quezaltepeque. Ils fourniront de l’électricité à trois autres maisons. Cela a coûté 325.00$. Mission El Salvador a mission d’aider les plus pauvres, de faire avancer la foi, l’éducation etc…

« Mission El Salvador » a aussi défrayé les frais pour que je puisse avoir le matériel pour faire 300 chapelets, nous avons fait venir cela de « Jésus, Marie et Notre Temps ». Ce sont des jeunes qui feront les chapelets et je les paierai. Ce sont tous des jeunes de familles pauvres. Je devrais recevoir le tout d’ici quelques jours.

Notre bon Pape Jean Paul 11, est décédé. Il a été un exemple pour nous jusqu’à la fin. Il est mort au travail. Quand les gens lui disaient qu’il devait renoncer à sa charge, il leur répondait que si Jésus était descendu de la croix, il renoncerait. Je crois, et c’est mon désir, la vocation du prêtre est de mourir en donnant sa vie. Je disais aux gens de San Miguel, qu’ils n’avaient pas le droit de plaindre les prêtres. Nous ne sommes pas à plaindre. Les gens ont remarqué que je ne me plaignais jamais. Je ne pensais pas que les gens s’en seraient rendus compte. Je leur ai dit qu’au séminaire j’avais lu la vie du Bienheureux Edouard Poppe, et que lui avait un but : c’était N.P.S.P. ce qui veut dire, Ne Pas Se Plaindre. Je leur disais que la mère ou le Père de famille quand la nuit, ils ont un enfant malade, ils doivent se lever pour en prendre soin, et le matin, ils doivent aller au travail. On m’a répondu : « ce qui nous frappe, c’est que tu comprends la souffrance des gens ».

Bon, je m’arrête ici et je veux vous dire que le 13 juin, je serai à Montréal et quelques jours plus tard dans la Beauce. Je vous en reparlerai dans la prochaine lettre en mai, nous avons l’intention de vous inviter pour une messe d’actions de grâces et pour toutes vos intentions. Denis, mon frère est en train de préparer un résumé de toute la mission au El Salvador que nous pourrons visionner. La journée se terminera par la messe d’actions de grâces. Vous aurez tous les détails dans la prochaine lettre.

Je voudrais en terminant demander au Seigneur de répandre ses grâces sur chacun de vous et sur chacun de ceux que vous portez dans votre cœur. Vous savez que, quand le prêtre bénit, c’est Jésus qui bénit, c’est Jésus qui vous aime. Il faut croire en la bénédiction du prêtre. Alors, en ce moment, je demande à Jésus de remplir votre cœur de sa joie, de sa paix et c’est avec joie que je vous donne ma bénédiction au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen

Amicalement,

Réjean ptre


N.B : Cela m’a pris presque une heure pour relire cette lettre. Pourquoi ? Parce que je dormais et il est seulement 10 heures du matin.


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