Nouvelles et Projets.
Chalatenango
Le 23 août 2005

Réjean LachanceBonjour à tous,

Il me fait plaisir de m’arrêter en ce jour pour venir vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes. J’espère que vous allez tous bien et que la santé est bonne. Pour ma part, tout va très bien.

Je voudrais remercier toutes les personnes qui ont participé à notre journée de reconnaissance. Ce fut une belle journée grâce à la participation de tous et chacun. J’avais photographié 19 enfants et tous les 19 enfants moins 5, ont été parrainés par une famille du Québec. Pour ce qui est des 5 enfants, Mission El Salvador, les a parrainés pour le reste de cette année scolaire. Je vous assure que les religieuses étaient contentes, mais surtout les parents des enfants. Lundi le 22, je suis allé à La Palma pour rencontrer les parents de tous ces enfants. Il y en a maintenant 31 enfants qui sont parrainés par des familles du Canada. J’ai invité les parents à participer à toutes les réunions, d’offrir leurs services de temps à autre aux religieuses, d’enseigner le nom des parrains aux enfants et de s’engager à prier pour vous. C’est une façon d’être reconnaissant. Aussi, je les invitais de temps à autre à envoyer une lettre avec un dessin de leur enfant. Merci à vous chers parrains et marraines !

Je suis revenu du Québec le 7 juillet. De l’aéroport, je me suis rendu directement à San Miguel de Mercedes où j’y ai passé 4 jours. J’ai vraiment profité de ce séjour. Pour les repas, j’étais invité dans les familles ou bien parfois, on m’apportait à manger. J’en avais plus qu’il me fallait. Le samedi, j’ai été invité par un jeune à son anniversaire de naissance. Je n’avais jamais été dans cette famille et ce jeune je ne le connaissais pas non plus. Il est venu au presbytère pour m’inviter. J’y suis allé. Son père vit dans un autre département, sa mère est aux États-Unis avec un autre homme. C’est un enfant renfermé et il semble souffrir beaucoup. Il a téléphoné à sa mère en ce jour de son anniversaire et elle lui a dit : « tu ne mérites pas qu’on te fête ». Il vit avec sa grand-mère depuis qu’il est tout-petit. Elle l’aime beaucoup mais elle le surprotège.

Quand j’étais à la fête, la grand-mère me dit qu’elle voulait me parler. Elle m’a amené dans une autre pièce et elle m’a raconté en pleurant tous ses problèmes avec ses enfants. En plus, elle a un garçon aux Etats-Unis qui ne lui a pas donné de ses nouvelles depuis plusieurs années. A un moment donné, je lui ai demandé si elle allait à la messe le dimanche, elle me dit que « non », et que ça faisait plusieurs années qu’elle n’allait pas à la messe et qu’elle ne s’était pas confessée depuis 31 ans, c'est-à-dire la veille de son mariage. Son mari, l’a aussi abandonnée
Je lui ai rappelé que son petit-fils avait maintenant 10 ans et qu’il serait bon qu’elle l’amène à la messe. Elle m’a dit qu’elle désirait aller à la messe, mais qu’elle était gênée. Je lui ai dit qu’il serait bon qu’elle se confesse, mais pas aujourd’hui parce qu’elle devait se préparer. Je lui ai parlé de la confession générale et qu’après le pardon, son âme serait blanche comme le jour de son Baptême. Dans ses yeux, j’ai commencé à voir de l’espérance. Elle m’a dit : c’est ça que je veux: recommencer à neuf.

Le dimanche suivant, je la vois arriver, elle voulait se confesser. Elle était sincère dans sa confession. Je sentais que le Seigneur agissait dans son âme et qu’il lui donnait de plus en plus le désir de Lui. Depuis ce jour, elle vient tous les dimanches à la messe avec son petit-fils. Et lui, il s’ouvre un petit peu plus. Il y a deux jours, il est même venu à Chalatenango me visiter avec un autre jeune. J’ai été surpris que sa grand-mère lui donne un peu plus de corde.

Quand je suis revenu du Québec, j’avais une bonne grippe. Un jour à San Miguel de Mercedes, j’étais dans le hamac et je toussais beaucoup. Un jeune est sorti et est revenu avec des bonbons d’Eucalyptus, ce qui est très bon pour arrêter de tousser.

Les gens m’ont fait un tas de sirop avec des produits naturels. Ils allaient arracher des plantes dans les champs pour me faire un sirop. Des dizaines de personnes m’ont donné des bonbons, du sirop, en disant que c’était ce qui avait de meilleur. La semaine dernière, j’ai dû aller voir un « pneu-mologue» pour vérifier la pression de mon pneu, il m’a dit que je faisais une bronchite aigue. Aujourd’hui le 23 août, tout est guéri. Il m’a dit : Ça fait trois bronchites que tu fais, maintenant, tu ne peux plus te permettre d’avoir la grippe.

Le 17 juillet, je suis allé chez les sœurs à La Palma, pour leur remettre le nom des nouveaux parrains d’enfants qui vont à l’école chez les sœurs. Les religieuses étaient tellement contentes quand elles ont vu que les 19 enfants avaient été parrainés qu’elles en avaient les larmes aux yeux. Le 18 je suis retourné pour voir les enfants. Ils disaient aux sœurs que ça faisait 11 jours que j’étais revenu du Québec et que je ne les avais pas visiter. J’ai remis à chaque enfant le cadeau de son parrain ou de sa marraine et ils étaient bien contents. Cela a été filmé et vous verrez la joie des enfants.

Hier, le 31 juillet, je suis allé célébrer la messe à San Miguel de Mercedes. Après la messe, il y avait trois baptêmes. La dame dont je vous parlais plus haut est venue me voir avant la messe en me disant qu’elle voulait me parler après la messe. Je lui ai dit qu’après les Baptêmes, je lui donnerais tout le temps qu’elle voulait. Mais, elle n’était pas là quand j’ai eu fini.

Vers 4 heures, je retournais à San Miguel, Pour arriver au village, il y a une bonne grosse côte et elle est très longue. Un monsieur assez âgé semblait monter avec difficulté, je lui ai offert d’embarquer dans le Pick-up et je lui ai dit que j’irais le reconduire jusque chez lui. Imaginez-vous, il était voisin de la dame de que je vous parlais plus haut. La dame était assise à l’extérieur et elle est venue me voir. Je lui ai demandé si elle pouvait attendre jusqu’au jeudi suivant ou si elle préférait me parler tout de suite. Elle m’a répondu qu’elle était bien bouleversée. Alors, je suis rentré.

Elle m’a raconté qu’elle avait 4 garçons aux Etats-Unis. Il y en a un qui est très méchant pour elle. Durant la semaine, elle a vendu un terrain qui appartenait à ce fils, et elle a déposé le montant total dans un banque pour qu’il reçoive cet argent dans sa banque aux Etats-Unis. Une journée plus tard, il lui a téléphoné pour lui dire qu’elle était une voleuse, qu’elle lui avait tout voler son argent etc… Elle en pleurait en sachant bien que ce n’était pas vrai, il recevrait le montant total dans les quelques jours suivants. Lui, il pensait qu’il recevrait l’argent le même jour.

Le samedi soir, elle est allée dans la cour en pensant qu’elle ne retournerait plus à l’église. Elle levait les yeux vers le ciel en pleurant et elle a vu dans la forme des nuages, le visage du Christ, puis peu à peu le nuage s’est dissipé et elle disait à Jésus, ne t’en va pas, reste avec moi. À partir de ce moment-là, elle a promis à Jésus qu’elle continuerait jusqu’au bout coûte que coûte. Le lendemain elle téléphonait à sa sœur avec qui elle n’avait pas parlé depuis plusieurs années pour lui demander pardon. Sa sœur lui a pardonné. Elle lui disait : Imagine-toi, un prêtre est venu chez moi. J’ai fait une confession générale et je me suis réconciliée avec Dieu, et depuis ce jour, je vais toujours à la messe. Si ce prêtre n’était pas venu chez moi, jamais j’aurais pensé de faire cette démarche. C’est le Bon Dieu qui l’a envoyé.

Une autre belle chose qu’elle me disait : Elle n’avait jamais pu apprendre le Credo par cœur. Elle me disait que depuis qu’elle s’est confessée, en se couchant le soir, elle commence le chapelet et elle s’endort et la nuit elle sent qu’elle prie le chapelet sans arrêt. En plus, durant la nuit, elle récite le « Je Crois en Dieu » qu’elle n’avait jamais pu apprendre. Que le Seigneur est bon, n’est-ce pas ?

Je remercie le Seigneur pour ces joies qu’il me donne. Je me rends compte de plus en plus que les visites dans les familles font un grand bien aux gens, et c’est normal, parce que, quand le prêtre entre dans une maison, c’est le Christ qui entre. Il s’agit d’y croire nous-mêmes et on le sait bien que le prêtre est un autre Christ. Je demande au Seigneur de m’aider à y croire et que les gens voient en moi le Christ humble, miséricordieux, plein de bonté. Il faut être de saints prêtres, parce que là où les saints passent, Dieu passe.

Les jeudis, quand je vais à San Miguel de Mercedes pour la messe du soir à 7 heures, je m’y rends vers 1 heure de l’après-midi pour visiter les malades. Il y en a environ une douzaine. J’allais visiter une malade qui avait 100 ans et 6 mois, je lui donnais la communion. Elle parlait et elle avait toute sa connaissance. La semaine dernière, elle est décédée, elle est morte de vieillesse. C’est moi qui ai célébré la messe des funérailles. Je savais bien qu’elle était au ciel. Je disais aux gens que c’était merveilleux, maintenant elle se trouvait face à face avec celui en qui elle avait cru. Elle se retrouvait face à face avec ceux qu’elle avait aimés et qui l’avait précédée dans la mort. Elle se trouvait face à face avec Marie. A ce moment-là, j’étais ému, et j’aurais aimé me retrouver à sa place. Cela doit être merveilleux de voir la Vierge Marie, de voir Jésus face à face. C’est pour cela, je pense, que toutes nos journées et chacun de nos instants doivent être une préparation pour nous préparer à ce grand jour.

Cette semaine à San Miguel de Mercedes, une dame de 37 ans est décédée, elle était catéchiste de même que son époux. Elle avait 4 enfants et le plus jeune a 7 ans. Elle était asthmatique et elle est décédée en se rendant à l’hôpital. Avant de mourir, elle a dit : « Seigneur, Seigneur » et elle est décédée. Une personne qui meurt en prononçant ces paroles, va directement au ciel. Je disais cela à son mari. Il était content. J’en ai profité pour dire dans l’église qu’il est bon de s’habituer durant notre vivant de prononcer le nom de Jésus, parce qu’on va mourir comme on a vécu.

La semaine dernière, nous avions une journée de libre. Je me suis dis que j’allais rester ici tranquille. Les deux autres prêtres étaient partis. Le matin, je reçois un téléphone d’un jeune de 15 ans. Il a beaucoup de problèmes avec ses parents. C’était sa semaine de vacances, et il me disait qu’il n’avait absolument rien fait et que c’était sa pire semaine de vacances de sa vie. Il habite à Candelaria, secteur de Comalapa dans ma paroisse de l’an dernier. Quand il a fermé le téléphone, j’ai pensé de me rendre chez lui. 45 minutes plus tard j’arrivais. Je lui ai dit que je venais le chercher et que nous irions à San Miguel de Mercedes au Jaripeo. ( ce sont des toréadors qui monte sur des bœufs que vous verrez sur le vidéo). Ses parents étaient d’accord. En arrivant à San Miguel de Mercedes, je suis allé avec lui dans un petit restaurant et nous avons dîné. La dame n’a pas voulu que je paye les repas. Nous avions fini de manger quand la propriétaire est venu me voir, et m’a dit : « Est-ce que je peux parler avec vous ». Je lui ai dit oui, et nous avons été dans une autre pièce. Elle a commencé à me raconter ses problèmes et elle m’a dit : « Tu sais, ça fait plus de 25 ans que je ne suis pas allée à la messe, maintenant, j’ai le goût de recommencer, de me confesser ». Je lui ai conseillé de bien se préparer et quand elle le voudrait, je serai disponible, parce qu’elle ne voulait pas se confesser tout de suite.

Je me disais : quelle est grande la miséricorde du Seigneur, c’est merveilleux de voir ce que le Seigneur fait dans le cœur des gens. Peu à peu, il fait sentir sa présence, et les gens ont de plus en plus le goût de l’aimer.

Mission El Salvador a pour mission de faire avancer la foi, de faire avancer l’éducation, de faire disparaître peu à peu la pauvreté.

A San Miguel de Mercedes, les gens font toute sorte d’activité afin de recueillir des fonds afin d’acheter un tabernacle, parce que celui qui est dans l’église n’est vraiment pas digne du Seigneur. Dernièrement, une vingtaine de personnes ont vendu des repas, près de 125 repas. Ils ont acheté la viande, ils ont travaillé vraiment beaucoup et à la fin de la journée, ils leur restaient près de 100.00$ de revenus. Je me disais que ce n’était vraiment pas beaucoup, pour avoir travaillé autant, mais eux, ont travaillé avec coeur et ils ont mis beaucoup d’amour dans ce qu’ils ont fait. Je demandais au responsable qu’est-ce qui rapporterait le plus. Il m’a dit ceci : « L’année dernière, nous voulions faire des réparations à l’église, nous avons fait tirer un petit taureau. Nous avons vendu tellement de billets qu’il nous est resté à la fin près de 500.00$. Alors, comme mon cerveau travaille encore, j’ai pensé à quelque chose. Dans Mission El Salvador, nous devons dépenser en don de toutes sortes le 80% de ce que nous recevons. Je trouve cela formidable, car notre but ce n’est pas d’avoir un gros compte en banque, mais faire servir l’argent que vous donnez afin d’aider dans toutes sortes de projets. C’est pour cela que dans les lettres circulaires, je parlerai toujours des nouveaux projets que nous avons. J’ai écrit à Nicole, la secrétaire, et à Denis, le comptable, pour savoir ce que nous avions. Je leur ai parlé de ce projet pour savoir si cela entrait dans la ligne de « Mission El Salvador ». Ils m’ont répondu « oui ». Alors, j’ai demandé qu’on m’envoie 500.00$ et voilà ce que nous allons faire avec cela.

Nous allons acheter une petite taure, (parce qu’un petit taureau est plus cher) d’environ un an qui devrait coûter environ 200.00$, nous la ferons tirer au sort. Ce sera Mission El Salvador qui le donnera à l’Eglise de San Miguel de Mercedes, c’est-à-dire, ce sera vous tous qui le donnerez. Je ferai les billets afin qu’il n’y ait aucune dépense. Avec cela, nous devrions avoir assez d’argent pour acheter le tabernacle. Si cela vous intéresse, chaque billet se vendra 1.00$. Vous pouvez acheter un billet par Internet. Achetez maintenant par Internet et payer plus tard. Le tirage aura lieu, dimanche le 16 octobre. Vous pouvez vous inscrire à mon adresse Internet : rejeanlachance (a commercial) yahoo.com. Mon clavier ne veut plus faire de a commercial. Si vous gagnez, je vous ferai parvenir la petite taure par avion ou si vous n’avez pas de place pour la garder, vous pouvez la redonner, et nous la ferons tirer de nouveau. Je disais aux gens aujourd’hui qu’ils donneront 1.00$, mais ce n’est pas pour n’importe quoi, c’est pour la maison de Jésus. Quand Jésus entrera dans sa maison pour la première fois, il verra tous les noms qui seront inscrits.

Il restera 300.00$. Le mois suivant, j’ai l’intention d’acheter un téléviseur qui coûte entre 120 et 150.00$. Ce téléviseur me sera très utile pour le visionnement de vidéos que je veux présenter. Tout dépend de la marque que nous achetons. Il y a aussi une autre chose que je parlais au responsable et que je lui disais qu’il serait bon d’avoir. Ce serait une cloche que les servants sonnent à la consécration. Celle que nous avons, est une vraie cloche à vache. J’en ai une que j’ai reçue de Mireille et Robert, d’Alfred en Ontario. C’est un cadeau, et je veux m’en servir quand j’aurai une paroisse. Mais j’ai l’intention de la prêter pour leur donner le goût.

Il y a aussi la porte et l’entrée du garage à San Miguel de Mercedes. Quand je veux rentrer dans le garage, il faut que je mettre les 4 roues motrices, parce que ça monte beaucoup et en plus l’entrée est pleine de trous. La porte s’en va à la ruine, elle est faite de bois, et est maintenant toute pourrie.

Ici, le tirage se fait de cette façon. Sur une feuille, il y a l’espace pour 10 noms. Chaque feuille est numérotée. On tire une feuille et celle-ci est éliminée et ainsi de suite jusqu’à la dernière. La dernière feuille qui est tirée, on met les 10 noms dans une boite et on les élimine un par un, et le dernier nom est le gagnant. Nicole m’a donnée une bonne suggestion, (je vous dis qu’il y en a dedans) on va donner un cadeau au vendeur de la liste gagnante. Hier le 22 août, fête de Marie, Reine et Mère, nous sommes allés voir un Monsieur qui a des vaches. Il a dit que lui n’avait pas de petite taure, mais il va nous en trouver une et une très belle. Elle coûtera environ 2000 colones, ce qui fera 228.00$. Si elle coûte plus, il va payer la différence, si elle coûte moins, il nous donnera la différence. C’est un monsieur qui a toujours collaboré pour la paroisse. Quand, nous aurons la petite taure, je la photographierai. En plus, on va la mettre dans le Pick-up, on va se promener dans les rues avec pour que les gens la voient, en même temps, des billets seront vendus. J’essaierai de filmer cette aventure.

D’ici quelques jours, j’enverrai une casette vidéo à Denis, mon frère. Vous verrez les petits enfants de La Palma qui m’ont fait une fête. Il y a de la danse, des chants, c’était pour me souhaiter la bienvenue quand je suis revenu du Canada. Puis, vous verrez les enfants qui sont parrainés recevoir leur cadeau de leurs parrains du Canada.

Avant de revenir du Canada, je suis allé passer des prises de sang, comme je le faisais à chaque voyage. Je n’avais pas reçu les résultats encore quand je suis revenu. J’avais donné au médecin le numéro de téléphone de Claude et Nicole s’il y avait un problème pour ma santé. En effet, il y a un problème. Quand on passe des prises de sang, les médecins voient comment va notre prostate. La normale est de -3 à 0, moi, dans mes examens, j’avais 8.9. Cela a alerté le médecin. Il y a deux semaines, j’ai rencontré un Urologue à San Salvador. Il n’en croyait pas ses yeux. J’ai dû passer d’autres prises de sang. Vendredi dernier le 19 août, je suis retourné voir le médecin. Le PSA TOTAL est de 8.4, c’est un signe qu’il peut avoir un cancer. Le PSA LIBRE, est de 30%, c’est un signe qu’il n’y a pas de cancer. Alors me dit-il, pourquoi, le PSA total est-il à 8.4. Je n’y comprends rien, et il se tenait la tête à deux mains.

Il faut, me dit-il, que tu passes un Ultra-son, cela va te coûter entre 500 et 600.00$. Je peux te le faire, mais le problème, les instruments que nous avons ne pourront pas détecter s’il y a cancer ou non. Si j’étais toi, je m’en irais au Canada, parce qu’il y a de très bons spécialistes, et c’est encore meilleur qu’aux Etats-Unis. Il ne faut pas, me dit-il, que tu retardes trop, au plus, deux mois.

Ce matin le 23 août, je suis allé attendre Monseigneur à son bureau, pour être sûr que je le verrais. Je lui ai parlé de tout cela. Il m’a dit : Il faut que tu ailles au Canada et prendre tout le temps nécessaire pour aller au fond des choses. Je pensais aller au Canada à la fin d’octobre ou en novembre parce que le Padre Tulio doit partir en vacances le 24 septembre. Monseigneur m’a dit : Il ne partira pas si c’est urgent, et cela est plus urgent.

Il y a un autre problème. Actuellement, je suis en train de renouveler ma résidence Salvadorienne. Normalement, je n’ai pas le droit de sortir du pays. Demain, j’irai voir si on peut me donner le droit de sortir et en plus me donner un permis de plus de un mois, parce que normalement, je n’ai qu’un mois de permission. Monseigneur m’a dit de prendre le temps qu’il faut. De toute façon, me dit-il, au Canada tu peux quand même exercer ton ministère. Ce qui veut dire, qu’il est probable que je sois au Canada en septembre ou en octobre. Ce n’est pas la première fois que je passerai un examen de la prostate. En janvier 1999 à Montréal, les médecins m’avaient fait passer un examen de prises de sang et j’avais 9. Alors, ils ont fait une biopsie pour savoir si c’était cancéreux. Il n’y avait pas de trace de cancer, alors, pourquoi me disait-il que c’est à 9. En octobre 2001, alors que j’étudiais en France, j’ai été opéré, et dans ce qu’ils m’ont enlevé, il n’y avait pas de traces de cancer. Le docteur français ne comprenaient rien lui non plus. Il est possible qu’il n’y ait encore rien. Le Père Roy disait qu’on devait être un point d’interrogation pour les gens. Actuellement, cela s’accomplit en moi. Je suis un point d’interrogation pour les médecins de France, du El Salvador et du Canada. Je l’ai toujours dit que j’étais un phénomène rare.

Il y a deux jours, un jeune de San Miguel de Mercedes est monté dans un arbre et est tombé et s’est cassé un bras. Il a été amené à l’hôpital par un professeur. Hier, je suis allé le voir. Il est dans une chambre de 8 personnes adultes. Au Québec, dans une chambre comme celle-là, il y a 4 patients. Ici, il y en a 8, les lits sont seulement séparé par une petite table. Il n’y a aucun rideau qui sépare les lits. Les matelas font très durs. Il n’y a pas d’oreiller sur les lits. Si vous verriez les chambres, les Québécois se lamenteraient dans des conditions comme celle-là. Nous sommes au moins mille fois mieux et nous nous lamentons. Ce matin, je vais aller acheter un oreiller pour lui donner. Il sera opéré dans quelques jours. Ici, quand il y a une opération, les gens doivent apporter deux donneurs de sang, sinon, ils devront payer le sang. La mère de cet enfant est très pauvre. Le père les a abandonnés et il ne les aide pas du tout. Elle vit du ménage et du repassage qu’elle fait dans les maisons. Elle ne gagne pas plus de trois dollars par jour. Elle devra payer les frais d’hôpitaux et les frais de l’opération, qui coûteront près de 500.00$. Ils vont mettre à l’enfant deux clous dans le bras cassé, et la mère doit les payer tout de suite, sinon, il n’y aura pas d’opération. Les deux clous coûtent 28.75$

Hier, le bras du jeune était très enflé, c’est pourquoi, ils ne pouvaient pas l’opérer tout de suite. Le médecin a dit à la mère qu’elle devait aller acheter des médicaments pour faire désenfler son bras. Elle m’a dit cela et n’a pas du tout demander de l’aider, mais je connais sa situation et je lui ai donné 20.00$. Elle devait acheter 4 vaccins. Elle n’en a acheté pas plus de deux, car cela lui a coûté 18.75$. Je lui ai donné l’autre 20,00$. Imaginez-vous, elle gagne 18,00$ par semaine de 6 jours, comment aurait-elle pu acheter tout cela. Elle a 6 enfants. Comme elle doit apporter deux donneurs de sang et cela n’est pas facile de trouver des donneurs, alors, j’ai décidé ce matin d’aller donner du sang pour lui. Si son groupe sanguin est différent, ils mettront mon sang dans la banque de sang, et ils lui en donneront un de son groupe.

Monseigneur a convoqué une réunion d’urgence de prêtres lundi le 29 août. Je crois, que c’est pour nous annoncer le nom de notre nouvel Evêque. Monseigneur a eu 75 ans le 11 juillet. Il devait donner sa lettre de démission à partir de cette date. Nous pensions tous que ce ne serait pas si vite, nous pensions le garder au moins jusqu’en décembre. Malheureusement ou heureusement, cette lettre partira avant que j’aie la réponse. Vous aurez des nouvelles dans la prochaine lettre ou bien de vive voix. Mais peut-être que ce n’est pas cela la nouvelle.

Quand j’ai acheté le pick-up en octobre dernier, le diesel était à 2.07$ américain le gallon. Aujourd’hui, il est à 2,68$ le gallon. Ce n’est pas seulement au Québec que le gaz augmente. Le super est à 3,08$ le gallon. Je pense aux gens qui vivent du transport, je me demande ce qu’ils font quand ils remplissent le réservoir. Ce qui fait qu’au fond, ce sont les gens pauvres qui paient tout, parce que les prix de la nourriture augmentent.

Un homme, qui s’appelait Paul prenait l’autobus tous les jours pour aller travailler. Il faisait 50 minutes pour aller travailler. L’arrêt suivant, une vieille dame montait et s’assoyait près de la fenêtre. Elle sortait de sa sacoche un petit paquet et faisait tout le voyage en tirant par la fenêtre quelque chose. Tous les jours, elle faisait la même chose. Un jour, Paul par curiosité lui demanda ce qu’elle faisait. Elle lui répondit : « Je jette des graines de fleurs ». Paul lui dit : « Des graines de fleurs ? ». Oui, dit-elle, regardez, il n’y a rien, ce serait tellement beau, s’il y avait des fleurs partout ». Paul lui dit : « Regardez, toutes les graines tombent sur l’asphalte, les autos passent dessus. Croyez-vous vraiment qu’un jour, il y aura des fleurs ?. C’est vrai dit-elle, mais il y en a quand même quelques-unes qui tomberont dans de la bonne terre. Paul lui fit savoir que ça prendrait du temps avant qu’il y ait des fleurs, et qu’elles avaient besoin de l’eau. C’est vrai, mais il y a toujours des jours de pluies ». Et elle continua à jeter des graines de fleurs. Paul pensa qu’elle était un peu folle.

Un jour, dans le même autobus, l’homme regarda par la fenêtre et vit des fleurs tout le long du chemin. Il chercha la dame et elle n’était pas dans l’autobus. Le chauffeur lui dit qu’elle était morte depuis un mois. L’homme retourna à son siège et se disait en lui-même, a quoi cela lui avait servi. Elle était morte et elle n’avait pas pu voir les fleurs. Au même moment, il y avait quelques enfants qui disaient à leur mère : « Regardez maman, comme c’est beau ! Il y a des fleurs partout ». Les gens dans l’autobus étaient heureux de voir autant de fleurs. Alors, Paul comprit ce que la vieille dame avait fait. Même si elle n’était pas là pour voir les belles fleurs, elle avait fait sa part pour que les gens soient heureux, pour que les gens contemplent la nature.

Pour nous, c’est la même chose, chaque acte d’amour, tout ce que nous faisons par amour pour Dieu et pour les autres, un jour tout cela, se changera en fleurs de toutes sortes et les gens seront plus heureux. Ce qui veut dire que notre mission est de semer, de semer et de semer encore. C’est Dieu, quand il le voudra, qui fera fleurir tout ce que nous aurons fait. Nous ne le verrons probablement pas sur la terre, mais au ciel nous aurons la joie de contempler la joie des gens. Cette histoire est aussi pour nous apprendre à regarder, apprendre à s’émerveiller. Apprendre à lever les yeux et regarder autour de nous et s’émerveiller devant tant de beauté.

En terminant, je voudrais vous demander des prières afin que je sois le prêtre que j’ai toujours voulu être : un saint prêtre. Pour moi, je trouve important que dans les moments difficiles, j’aie toujours les yeux fixés sur Jésus. Vous savez le Seigneur est tellement bon, qu’il me donne toujours des moments de grande joie. C’est ce que j’ai voulu partager avec vous dans cette lettre. Ce partage m’aide à voir tout ce que le Seigneur fait pour moi. Et m’aide à être reconnaissant.

C’est avec joie que je vous bénis au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Amicalement, Réjean ptre


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