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Joyeux Noël à tous!
Chalatenango, El Salvador
Le 8 décembre 2005
Bonjour,
J’espère que vous allez tous bien. Pour ma part, tout va très bien depuis mon retour du Canada.
D’abord, je voudrais remercier tous ceux qui m’ont reçu dans leur maison. Ça vraiment été un plaisir pour moi. Je voudrais remercier aussi d’une façon toute spéciale mes frères et sœurs pour leur accueil et aussi pour l’intérêt qu’ils portent à Mission El Salvador. Je voudrais donner un autre « MERCI » à Jean-Paul pour son témoignage de vie. Je trouve cela formidable ce qu’il fait. Il est vraiment un témoin de Jésus et, grâce à toutes ses souffrances supportées avec amour, beaucoup d’âmes sont sauvées. Merci aussi à tous les parrains et marraines des enfants de l’école de La Palma. Je vois que vous prenez votre rôle au sérieux et les enfants de La Palma sont chanceux parce qu’ils ont quelqu’un qui les porte dans la prière.
Dans la lettre circulaire, vous trouverez une enveloppe pré-adressée et timbrée pour que vous puissiez l’envoyer à votre enfant. Ainsi il pourra vous répondre plus facilement, parce qu’il n’aura rien à débourser et il n’aura qu’à mettre sa lettre dans l’enveloppe et aller la porter au bureau de poste.
Durant mes vacances au Québec, nous avons décidé les membres du Comité de Mission El Salvador de faire quelque chose pour vous tous, afin de vous remercier d’avoir à cœur la mission au El Salvador. Nous avons décidé de faire un calendrier de l’année 2006. Vous recevrez un coupon dans cette lettre circulaire afin de vous procurer le calendrier gratuitement. Nous vous l’offrons avec plaisir. Cependant, ceux qui l’ont déjà reçu, n’en commandez pas un autre parce que la quantité est limitée.
Tout le calendrier au complet a été fait entièrement par ordinateur et à la main. Nous avons voulu y mettre de l’amour, de la R.A.S. C’est pour cela que je suis sûr que vous l’aimerez parce que nous avons travaillé des heures pour vous faire plaisir.
J’ai beaucoup aimé durant mon séjour aller célébrer la messe du dimanche dans les petits villages de Saint René, Saint Simon les Mines et Notre-Dame des Pins. Ce sont des paroisses vivantes ou l’on voit qu’ils ont un bon curé.
Le dimanche 6 novembre, je suis allé célébrer la messe dans la paroisse latino-américaine à Montréal. J’avoue que je le désirais, mais en même temps, j’étais un peu nerveux, parce que cela faisait deux mois que je n’avais pas célébré la messe en espagnol. J’ai été touché et très ému et ne m’en suis pas encore remis. C’était touchant de voir les gens faire la file seulement pour demander une bénédiction, ou pour me conter avec les larmes plein les yeux leurs souffrances. Cela m’a donné le goût encore plus grand d’être un saint prêtre. Le prêtre, par son ministère, a la mission de consoler, de bénir au nom de Jésus et s’il y croit, cela porte beaucoup de fruits. Et dans mon ministère comme prêtre, c’est toujours pour moi une grande joie de bénir, parce que je sais que, quand le prêtre bénit, c’est Jésus qui bénit.
La dernière semaine au Québec, je l’ai passé à Montréal chez Marina. Merci pour ton accueil Marina. Grâce à une personne formidable qui m’a donné un montant d’argent pour louer une auto, j’ai pu me déplacer plus facilement à Montréal et voir plus de gens. Ceux que je n’ai pas pu visiter, c’est parce qu’ils n’étaient pas chez eux au moment où je les ai appelés.
Ah ! j’oubliais, je suis allé chez les Sœurs du Bon Pasteur à Québec. J’ai eu un accueil formidable. Le lendemain, je suis allé à la Maison Lemay, ce sont toutes des religieuses qui sont à la retraite. J’ai été touché par leur accueil et par leur désir de sainteté.
J’ai fait un très beau voyage de retour. En partant de Montréal pour Atlanta, nous avions un petit avion de 50 passagers. C’est un vrai avion pour les “Barbie”. Le problème, c’est que ces avions sont tellement petits que tous les bagages que nous apportons n’entrent pas dans l’avion. Avant le décollage, je me suis endormi et environ une heure plus tard, je me suis réveillé et je me demandais pourquoi nous n’avions pas encore décollé, mais nous étions déjà dans les airs. J’ai tellement dormi que je ne me suis pas rendu compte qu’on avait passé la collation, et moi, qui aime tant les collations.
A Atlanta, je suis arrivé dans l’aile « B » et je devais repartir dans l’aile « E ». J’ai dû marcher parce que l’aéroport d’Atlanta est l’aéroport le plus grand des Etats-Unis. A un moment donné, je vois un train qui disait qu’il allait dans l’aile « E », je l’ai pris parce que je ne serais jamais arrivé à temps pour l’autre avion. Mais je m’énervais pour rien, car, quand je suis arrivé à la porte, il manquait encore près d’une heure.
Je suis allé m’asseoir dans un coin tranquille pour dire mon bréviaire. Je venais tout juste de terminer qu’un monsieur vient s’asseoir à côté de moi et il me demande si j’étais prêtre catholique. Je lui ai dit : « Oui, je suis prêtre catholique ». Il me dit que le Seigneur avait exaucé sa prière, il partait pour son pays le Costa Rica et il voulait se confesser avant de prendre l’avion. Pour moi, c’est une des plus grande joie d’être prêtre quand les gens s’approchent et me demandent de les confesser ou bien, ils veulent savoir quelque chose. Quand je confessais cet homme-là, je demandais au Saint Curé d’Ars de me donner son cœur de compassion afin de le comprendre. Bien sûr, il y a toujours l’Esprit Saint que j’invoque avant de confesser, parce que je ne voudrais pas dire n’importe quoi.
Dans l’avion en direction du El Salvador, j’ai piqué un bon somme. Je suis arrivé à l’aéroport à 12 :40 p.m., 20 minutes avant l’heure prévue. Pour passer la douane, ce fut assez rapide car il y a maintenant un guichet pour tous les étrangers.
J’ai attendu mes bagages jusqu’à ce que le chariot roulant arrête, mes bagages n’étaient pas là. J’ai dû faire la file pendant une heure pour remplir des papiers. A un moment donné, un policier vient me trouver et me dit : « Buenos días Padre Ernesto ». Hein ! Vous me connaissez, lui ai-je dit ? Il m’a dit que de l’autre côté de la porte, il y avait des gens de San Miguel de Mercedes qui étaient inquiets parce que je ne sortais pas et ils pensaient que je n’étais pas arrivé. Je lui ai demandé s’il pouvait me faire la faveur d’aller leur dire que j’étais là, mais que j’attendais mes bagages.
Quand je suis sorti, quelle surprise ! Il y avait au moins 25 enfants, tous des jeunes de San Miguel de Mercedes qui ont entre 10 et 16 ans. Les 10 autres étaient des adultes. Je vous avoue que j’étais ému.
En arrivant à San Miguel, il y avait un autre groupe de jeunes qui avaient préparé des chants de Bienvenue. C’était touchant. Puis on a servi des pupusas pour tout le monde. Le dimanche, j’ai célébré la messe et on m’a demandé de participer à la réunion de l’après-midi. Les gens ont remercié pour les 325 billets qui avaient été vendus au Québec et en Ontario. Celui qui a gagné la petite taure est un enfant de 7 ans qui est venu en visite et avait acheté un billet. En tout, ils ont vendu pour 1352 dollars américains. Un bon Tabernacle coûtera environ 1000 dollars. Je le répète, je suis sûr que tous ceux qui ont acheté des billets, leur nom sera inscrit dans le Tabernacle et dans le cœur de Jésus. Je suis sûr que vous ne serez pas plus pauvres, mais au contraire le Seigneur vous récompensera pour votre générosité.
Lundi soir, j’étais à San Miguel de Mercedes, parce que c’était le tour de la chorale de me fêter. Je veux vous dire que la chorale de San Miguel de Mercedes a été choisie la meilleure dans tout le département de Chalatenango. Ils ont chanté de beaux chants, dont un qui s’appelle « Anges du Seigneur » puis quelques personnes ont parlé.
Une dame a dit : « Padre Ernesto, je veux au nom du groupe remercier le Seigneur, ici à San Miguel, beaucoup de personnes n’avaient pas de dévotion envers la Vierge Marie, et depuis votre arrivée, beaucoup de personnes m’ont dit qu’ils avaient découvert Marie. Pour nous ici, et pour plusieurs, vous avez été un Ange de Dieu. On vous remercie de prendre du temps avec nous, parce que les autres prêtres viennent pour la messe et s’en vont. Ce qu’on apprécie de vous, c’est que vous aimez les enfants, les jeunes et les adultes et on n’a jamais vu cela. On a jamais eu un prêtre qui s’est intéressé à notre village comme vous l’avez fait ».
Je vous assure que cela me fait chaud au cœur, mais cela ne me porte pas à m’asseoir, mais au contraire, cela me porte à vouloir faire plus. Cela m’interpelle à être un saint prêtre et c’est mon plus grand désir. Si on me demandait pourquoi je veux être un saint ? Bien sûr, c’est parce que Jésus le veut, parce que c’est aussi le rêve de Jésus que nous devenions des saints. Mais en même temps, il y a encore quelque chose de plus, c’est pour tous les paroissiens que le Seigneur me confie. Plus je serai saint, plus ils seront saints.
Mercredi le 15 novembre, je suis retourné à l’aéroport pour aller chercher mes bagages. Heureusement, mes valises n’avaient pas maigries, elles étaient aussi pleines que lors de mon départ. La compagnie Delta, m’a donné un chèque de 34.00$ pour les frais de déplacements.
Le jeudi 16, je devais aller célébrer la messe à San Miguel de Mercedes. J’ai décidé de donner un cadeau à toutes les jeunes filles et garçons de la chorale. Alors, j’ai fait un sac individuel et j’y ai mis un toutou et un bibelot que j’ai reçu d’une personne de Saint-Georges. (Voir à ce sujet dans le paragraphe 2 page 5)
Chose curieuse, il y avait un bibelot et un toutou pour les 30 jeunes. La Providence ! Tout a été filmé, et les jeunes étaient bien contents. Après, cette soirée, il ne me restait plus rien. C’est curieux, il me semble que je reviens avec un paquet d’affaires et, dans l’espace de quelques temps, il ne me reste plus rien. Je vous le dis, la prochaine fois, ce sera un conteneur que j’emporterai.
Je vais raconter quelque chose de très triste. Veuillez s’il vous plaît vous asseoir et avoir la boite de Kleenex près de vous. Le lendemain de mon arrivée un petit garçon de 7 ans qui s’appelle Eduardo, d’une beauté extraordinaire, il a de beaux grands yeux. Il est venu me trouver et m’a dit et avec de grosses larmes qui coulaient sur ses joues : « Mon grand-père est mourant, voulez-vous, Padre, venir lui donner les derniers sacrements ». Je lui ai dit : « Oui, avec plaisir ». Le lendemain matin, j’étais à son école pour la clôture de la fin de l’année scolaire. Je faisais un test aux enfants pour savoir s’ils avaient bien étudié. Je leur ai demandé : « Chers enfants, combien y a-t-il de sacrements ? » Le petit Eduardo s’est levé et m’a dit : « Il, n’y en a plus ». Comment cela, lui ai-je dit ? Il m’a dit : « Bien oui, mon grand-père a reçu les derniers hier soir ». (ah, ah, ah !)
Dans la dernière lettre circulaire, je vous avais parlé de Mario qui avait été opéré parce qu’il s’était cassé un bras. Il est sorti de l’hôpital quelques jours après mon arrivée au Québec. Gracias a Dios, la mère a donné seulement 25.00$ pour l’hôpital, il y a eu une infirmière qui a parlé pour elle et les gens de Las Mercedes ont aidé aussi. Je lui disais que, quand on fait confiance à la Divine Providence, tout s’arrange pour le mieux. Dieu n’abandonne jamais ceux qui lui font confiance et les pauvres font confiance.
Cette semaine la mère de Mario m’a dit que le docteur lui avait fait acheté trois clous avant l’opération, et quand ils lui ont retiré les clous, il y en avait seulement deux. Ce qui veut dire qu’ils lui ont fait acheté trois clous, mais seulement deux clous étaient nécessaire. C’est ce qu’on appelle de la corruption. Si je vous dis cela c’est afin de vous raconter ce qui suit. Durant mon séjour au Québec, un monsieur a donné un montant d’argent pour la mère de Mario, car il avait pitié pour elle. Il savait qu’elle ne gagnait pas beaucoup et qu’elle devrait payer pour que son fils soit opéré. Je trouve que ce monsieur a vraiment un cœur de compassion, autrement dit, il a le cœur de Jésus. J’ai remis l’argent à la mère et le lendemain elle est venue acheter un pantalon, une chemise et des souliers pour son fils.
Cette semaine une jeune de 11 ans m’a dit ceci : « Padre, je ne sais pas, mais des fois, on dirait que vous êtes Jésus ». Pourquoi tu dis cela, lui ai-je dit ? Il m’a dit : « C’est parce que vous êtes bon avec tout le monde ». Il a failli me faire pleurer le petit juif. Je crois que le Seigneur vouloir me faire aller encore plus loin et je me faisais cette réflexion : « C’est vrai, le prêtre est un autre Jésus et là où il passe, Jésus passe. Mais je vous assure que cela porte à réflexion, parce que des fois, je me dis que je ne suis pas tant un autre Jésus que cela, mais je crois que la sainteté, c’est de vouloir faire un pas de plus à chaque jour.
Aujourd’hui, le 26 novembre 2005, il y a eu deux ordinations, une diaconale et l’autre sacerdotale. Ce fut très beau et très priant. Je suis allé chercher 7 jeunes de San Miguel de Mercedes, ce sont des acolytes et des futurs acolytes. Je leur ai offert cela, parce que je sais que, lors d’une ordination, le Seigneur appelle des jeunes d’une manière toute spéciale.
Il y a une chose qui m’a vraiment réjoui mais qui n’a pas satisfait tout le monde. Après une messe d’ordination, normalement tous les prêtres, les religieuses, les séminaristes vont manger ensemble. Aujourd’hui, Monseigneur a demandé que tous les prêtres, religieuses et séminaristes mangent avec les gens. J’étais vraiment heureux de cela. De toute façon, moi, j’avais l’intention d’aller manger avec les gens, mais j’étais heureux parce que, comme cela, je ne suis pas un hors-la-loi. Très souvent, j’avais dit à Monseigneur que je n’étais pas d’accord avec cela. Et il savait très bien que je n’irais pas prendre un bon repas avec tous les prêtres, tandis que les gens qui avaient marché des kilomètres n’avaient qu’un sandwiche. Il y a quelques minutes un prêtre m’a dit : « c’est encore une folie de Monseigneur ».
Ça m’a fait plaisir de voir le nouveau diacre recevoir les étoles diaconales qui m’avaient été données par une dame de la Belgique. Son mari était diacre permanent et était décédé. On était en novembre, j’étais diacre en France et on m’avait volé durant la fin de semaine ma valise qui contenait mon aube et les étoles diaconales. Le dimanche, nous étions en vacances et je suis allé en Belgique avec le Père Marysse. Il est allé visiter une dame et elle lui avait remis les étoles de son mari en disant que cela pourrait peut-être servir au séminaire. Et ils me les avaient donné. Maintenant, ces étoles ont servi à 4 diacres à part moi, et ils continueront de servir.
Lundi le 19 décembre, j’irai avec la responsable de tous les acolytes et les futurs acolytes de San Miguel de Mercedes à San Salvador. Nous allons louer une petite camionnette de 18 places. Nous allons aller visiter la chapelle ou Monseigneur Romero a été tué. Je vais célébrer la messe à 10 heures 30 minutes. Puis, chacun apporta son lunch et nous mangerons sur place. Après, nous irons à la cathédrale visiter la tombe de Monseigneur Romero. Encore là, je suis conscient que Monseigneur Romero est un saint et visiter ce lieu est aussi une occasion pour les jeunes d’entendre un appel du Seigneur. Je vous les confie à vos prières.
Je me rappellerai toujours qu’après mon ordination, nous sommes allés visiter les lieux avec une quarantaine de personnes de Citalá. Je me rappellerai toujours qu’après la visite tous les jeunes, mais spécialement un garçon nommé Jesus, était rempli de paix, de joie. Dans ce temps-là, ce garçon vivait quelques problèmes de boisson. Aujourd’hui, ce jeune est engagé à fond dans l’église de son village. La semaine dernière, je suis allé le voir et il était en retraite avec tous les jeunes de son village. C’est beau, c’est vraiment beau de voir comment les jeunes ont soif de Dieu. Ils ont besoin de Lui, il le cherche, mais souvent sans le savoir.
Lundi le 28 novembre, j’étais invité à La Palma pour une fête. Normalement, je devais aller à La Palma le 12 septembre, mais comme je suis parti pour le Québec le 10 septembre, alors, la fête a été remise au 28 novembre. On fêtait mon deuxième anniversaire de vie sacerdotale. Ceux qui me fêtaient étaient les parents des enfants qui sont parrainés par vous. Ils sont 31. Ils ont fait cela en grand. J’ai pris une photo de chaque enfant présent et une autre avec les parents. Je ne leur ai pas remis leur cadeau que vous avez donné puisque c’était pour Noël. Un bon repas a été servi. Ils ont invité un jeune guitariste. Quelques enfants ont chanté et m’ont remis un paquet de cadeaux : Du shampoing, du savon, de la lotion, des chaussettes, un pantalon mais aussi la mère et la grand-mère de Diego Emmanuel m’ont remis une belle chasuble. Vraiment très belle ! Mais pour moi, tous les cadeaux étaient vraiment tous très beaux, parce qu’ils ont donné avec amour, ce dont ils pouvaient donner.
Un jeune qui était avec moi, a enregistré cette journée, mais il y a quelque chose qui me fait souffrir. Par ma faute, je me suis trompé de cassette et j’ai effacé tout le début de la cassette quand je remettais les bibelots aux jeunes filles de la chorale. Je vous assure que cela me fait de la peine, mais je ne peux pas revenir en arrière. J’avais pourtant promis a Claudette, à Anne Frédéric et à Tony que j’enregistrerais la personne qui recevrait ce qu’ils avaient donné. Peut-être que le Seigneur vous demande de vous détacher totalement de cela. De toute façon, le Seigneur sait ce que vous avez donné et déjà vous avez reçu votre récompense et qui ne se terminera jamais.
J’avais amené avec moi deux jeunes de 12 ans de San Miguel de Mercedes. Un des deux a vraiment cheminé depuis que je le connais. Sa mère l’an dernier voulait l’envoyer dans une école de réforme pour jeunes, mais le Seigneur ne l’a pas permis, ni la Vierge Marie, parce je lui avais remis une médaille de Notre-Dame Auxiliatrice et il l’a toujours portée. Je l’avais invité à participer à la catéchèse et je lui avais donné le petit livre qu’il devait acheter pour le cours. Il a commencé à venir à la messe tous les dimanches, et durant les deux mois que j’ai passé au Québec, il n’a jamais manqué la messe du dimanche. Il sera bientôt servant de messe et il viendra avec nous le 19 décembre. Son professeur me disait qu’il était heureux du changement total de ce garçon. Plusieurs personnes, dont entre autre le responsable du village me disait que ce jeune n’a jamais manqué la messe du dimanche quand j’étais au Québec.
Le soir, je suis allé les reconduire et je suis resté au presbytère. Je ne sais pas pourquoi, mais ce fut une soirée bien spéciale. Les jeunes ont commencé à me raconter, comme s’ils faisaient une confession que bien des fois, ils se comportaient mal avec leurs parents. Un d’eux me disaient : « quand je réponds mal à mes parents, je m’en vais et je pleure parce que j’ai de la peine de les avoir offensés et puis, je vais leur demander pardon ».
Un autre m’a dit : « je voudrais me confesser » et je l’ai confessé. Un autre jeune de 13 ans qui s’est comporté vraiment très mal ces derniers temps. Avant mon arrivée. Il a attaqué une jeune fille. Il n’a pas voulu la violer, mais il voulait la toucher et elle ne s’est pas laissée faire. Alors, bien sûr, tout le village le sait et il a honte de revenir à la messe. Il ne venait plus me voir à cause de la honte. Hier, je l’ai fait demander et il est venu. Je lui ai parlé de la petite brebis perdue. Si tu es venu ce soir, lui ai-je dit, c’est parce que c’est Jésus qui t’a cherché, et il t’a maintenant trouvé. Mais qu’est-ce que fait Jésus en ce moment ? Il ne te dispute pas, il te prend sur ses épaules et te ramène au bercail et il fait une fête avec tous les autres, et tu sais dans le ciel en ce moment il y a plus de joie pour toi parce que tu es revenu que pour 99 personnes dans ton village qui sont justes ou qui se pense justes. Avant que je quitte, il a demandé de se confesser. Ce jeune là porte toujours une médaille de Marie dans son cou. Marie a promis qu’elle ne laisserait jamais tomber ceux qui porteraient une médaille d’elle et encore une fois elle a tenue sa promesse.
Dimanche dernier à la messe à San Miguel, je parlais de l’Avent et je racontais que, quand j’avais 6 ans, j’avais reçu un beau petit train de mon parrain et de ma marraine. Je me rappelle comment j’ai joué avec. Deux ans plus tard, je me rappelle que maman nous avait invités à partager un jouet avec les enfants du voisin d’en face. Elle nous avait dit qu’on devait partager un jouet que nous aimions et je me rappelle très bien que j’avais donné mon petit train qui fonctionnait encore très bien. Alors, j’invitais les parents à éduquer leurs enfants dans ce sens.
Hier soir avec les enfants de San Miguel, nous avons dit une dizaine de chapelet et puis, je leur ai parlé de cela. Je leur ai dit que durant le temps de l’Avent, je n’achèterai plus de coca cola et au lieu de cela, je vais mettre l’argent dans une petite boite et le jour de Noël avec vous tous, nous irons porter des cadeaux aux enfants. Je leur disais qu’eux aussi devaient participer. Au lieu de dépenser leur argent avec des chips et de la liqueur, ils pourraient en mettre une partie dans la petite banque. Déjà, les jeunes me disaient qu’ils connaissaient des familles pauvres qui n’auront pas de jouets et d’autres disaient, je vais donner des petites autos qui sont encore très belles. Comme mon neveu Christian sera avec nous, alors, je l’invite à participer avec nous, de faire des sacrifices et, à son arrivée ici, de mettre le fruit de ses sacrifices dans la petite banque réservée à cet effet.
Vous savez, des fois je suis vraiment touché et je me rends compte de la grandeur du sacerdoce et comment c’est important pour moi d’être présent auprès des gens. Ils ont besoin de voir le prêtre et je sais que là ou le prêtre passe, Jésus passe. Jésus guérit, Jésus pardonne. Comme je demande au Seigneur de faire de moi un saint prêtre selon son cœur ! Je me rends compte aussi que le Seigneur me donne le zèle jaloux des âmes. Si un jeune ne vient pas à la messe, je le sens. Si une personne que le Seigneur a gâtée ne vient pas à la messe, je le sens aussi. Je me rends compte que la dame qui ne s’était pas confessée depuis 31 ans, manque beaucoup depuis quelques temps, parce qu’elle vit des difficultés. La semaine dernière, elle a été beaucoup malade, alors, j’ai dit à son petit-fils de lui demander si elle aimerait recevoir l’onction des malades. Il est allé tout de suite lui demander et elle a dit « oui ». Je sais que ce sera une occasion de se confesser et de se confier. C’est pour cela, que pour moi, être curé est important et en même temps c’est une responsabilité énorme, tellement énorme : Être pasteur selon le Cœur de Jésus. Être un autre Jésus sur la terre et, grâce à sa Bonté et à sa Miséricorde, de me donner un cœur de compassion
Si je suis pasteur, je me rends compte qu’une de mes petites brebis souffre. Si je suis pasteur, je vais aller la chercher, je soignerai ses plaies par le sacrement de la réconciliation et je la ramènerai sur mes épaules. Cela veut dire que je souffrirai avec elle, mais encore plus, je porterai sur mes épaules ses blessures en me sacrifiant pour elle. Si je suis pasteur, je me rendrai compte qu’une petite brebis a besoin d’aide, c’est ça être pasteur. Mais pour être pasteur selon le Cœur de Jésus, je dois être continuellement en contact avec le Vrai Pasteur, le Bon Pasteur.
Je vous laisse en demandant à Jésus de vous combler de ses grâces. Si je vous dis cela, c’est parce que je le demande vraiment pour chacun de vous, pour tous ceux qui liront cette lettre. Que le Seigneur vous protège et qu’il mette dans notre cœur un grand désir de sainteté. Que la Vierge Marie nous donne le goût de Jésus. Qu’elle nous aide à bien se préparer à cette fête où nous devons recevoir Celui qui vient nous sauver. Et moi, c’est avec joie que je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen
Unions de prières, Réjean ptre
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Chalatenango
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