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Dernières nouvelles depuis mon arrivée à Citalá
Citalá, El Salvador
Le 2 avril 2006
Bonjour à tous,
C’est une joie pour moi de m’arrêter après presque deux mois comme curé pour vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes. J’espère que vous allez tous bien et que la santé est bonne. Pour ma part, tout va très bien.
Depuis mon arrivée à Citalá, il s’est passé beaucoup de choses. Quand Monseigneur Alas est venu me présenter le 5 février à la communauté, on sentait que certaines personnes avaient des peurs, mais ça se comprend. Citalá a été servi par des Franciscains depuis près de 100 ans. Le Padre Ildefonso venait à Citalá depuis plus de 12 ans. C’est normal pour les gens qu’il y ait un attachement aux Franciscains. Même une personne disait que la paroisse était Franciscaine et qu’elle devait rester franciscaine. Peu à peu, je leur fais comprendre que San Francisco restera toujours le patron secondaire de Citalá, mais la paroisse est maintenant diocésaine.
Il y a deux jeunes de 22 ans qui sont cousins et qui sont partis pour les États-unis il y a six mois. Samedi dernier, j’ai fait les funérailles. Il y avait les deux tombes dans l’Église. Ce sont des jeunes qui j’ai connu quand j’étais à Citalá comme laïc. Ils ont eu un accident et ça a pris trois semaines pour rapatrier les corps.
Il y a une autre chose triste, très triste qui s’est passé depuis mon arrivée, il y a trois semaines. Un monsieur de Citalá qui est un grand travailleur, un bon père de famille et un grand ami, sa femme lui a demandé d’aller chercher du bois pour faire cuire la nourriture. Il a monté dans un arbre et a commencé à couper des branches sèches avec sa machette. Tout a coup, il s’est coupé deux doigts complètement. Il a commencé à chercher ses doigts, mais comme il perdait beaucoup de sang, et il ne voyait pas beaucoup car il commençait à voir noir, il n’ pas pu trouvé ses deux doigts. Au loin, il voit une vache, il va lui couper deux trayons, il se les met à la place de ses deux doigts coupés, deux semaines plus tard, il se rend compte que les doigts ou plutôt les trayons ont repris vie.
Quelques jours avant de reprendre possession de la paroisse, je suis allé rencontrer le Padre Ildefonso pour parler de Citalá. Il me disait que le monsieur qui restait ici disait que le presbytère était hanté, et qu’il le croyait parce que ce monsieur était un homme de confiance. Je l’ai cru, car les religieuses me racontaient souvent ce qui se passait ici, mais au fond, je ne voulais pas trop me rappeler de cela. Dans l’Église, paraît-il, le soir les bancs bougent, il y a du bruit qui se fait, on dirait que quelqu’un marche. C’est ce qu’on me racontait.
Je suis arrivé ici, il y avait un homme et son garçon qui vivait dans le presbytère depuis le départ des religieuses, c’était dans le but d’avoir toujours une présence. Ils se sont mis à me raconter ce qui se passait. J’avais envie de leur dire de se fermer la boite, mais je me suis dit qu’ils allaient dire que j’avais peur. Ils disaient qu’un jour, ils ont vu un gros chien noir, quand ils ont voulu le faire sortir, il a disparu. Je vous raconte cela, et j’en ai les frissons. Quand je suis arrivée, eux, ils sont partis. Durant la journée, j’étais dehors, un gars vient me trouver et me dit : « tu vas avoir peur cette nuit ».
Ici, durant la guerre, le presbytère a servi aux soldats. Ici, ils ont torturé des gens. Dans une des chambres en bas, depuis des années, il font et refont un plancher, mais ils s’enfoncent tout le temps, à peu près la grandeur d’une tombe. Je ne sais pas ce qui se passe là-dedans. Pour monter à ma chambr, parce que le presbytère a deux étages, je dois passer en face de cette chambre. A chaque fois, j’en ai des frissons. La semaine dernière, ils ont refait le plancher. Je vous le dirai si il s’enfonce encore. La première nuit que j’ai couché, j’ai laissé toutes les lumières allumées. Aujourd’hui, je les ferme presque toutes. Je ne voulais pas trop aller dans l’Église le soir. Aujourd’hui, je commence à y aller.
Tous les jours, quand je célèbre la messe, je l’offre pour les âmes du purgatoire. S’il y a des âmes qui ont besoin d’aide, je sais que cela les aide.
Dans la même semaine que je suis arrivé ici, je suis retourné à San Salvador, je me suis acheté une belle statue de Notre-Dame Auxiliatrice. Elle est à la vue, et ainsi, pourquoi aurais-je peur. Je me rappellerai toujours ce que Marie a dit à San Juan Diego. Il s’inquiétait de son oncle qui était malade, et Marie lui a dit : « Tu t’inquiètes beaucoup pour rien, ne suis-je pas ta Mère? Je peux vous dire que depuis mon arrivé, je n’ai entendu rien, je n’ai rien vu. Les frissons que j’ai, quand je passe devant cette chambre au plancher bizarre, c’est probablement mon imagination.
Quand je suis arrivé à Citalá en 1994, il y avait un jeune qui s’appelle Morris, il avait 6 ans. Il venait souvent chez moi, je n’aimais pas beaucoup cela, car sa mère est protestante. Quand j’allais à la messe, il me suivait. Alors, quand je voyais sa mère, je lui disais que je ne savais pas quoi faire, car il me suivait toujours. Sa mère le disputait. Mais très souvent, j’étais invité à aller manger chez lui, ou bien, c’est sa mère qui m’envoyait de la nourriture. C’était une famille vraiment très pauvre.
Quand j’étais en France au séminaire, une dame qui voulait rester inconnu me donnait de l’argent, et cette famille-là recevait une partie de l’argent. Les enfants m’écrivaient toujours pour me donner des nouvelles. Ce jeune-là Morris, à l’âge de 15 ans il a commencé à fumer de la drogue, à boire de la boisson. L’an dernier, je suis venu à Citalá, je l’ai salué. Il m’a dit avec les larmes dans les yeux : « Si tu étais ici, je changerais complètement ». Je ne l’ai pas vraiment cru. Il y a deux jours, il est venu me voir pour la première fois et m’a dit : « Tu sais, l’an dernier, j’étais sincère quand je disais que si tu étais ici, je changerais complètement ». Il a ajouté : « Depuis quelques temps, je viens faire mon tour à l’Église, cela me gêne un peu, mais je viens de temps en temps et je reste à l’arrière dans l’Église, parfois je viens à la messe. Tu sais, que j’ai toujours été attiré dans l’Église Catholique ». Aujourd’hui, je te demande de m’aider et de me dire comment je dois faire pour devenir Catholique. Je lui ai demandé ceci : « Quand les gens vont recevoir l’Hostie, qu’est-ce qu’ils reçoivent? » Il m’a répondu : « Le Corps du Christ ». Une dame cette semaine m’a dit : « Ce jeune-là, je l’ai vu souvent dans l’Église ». Alors, c’est sûr que je vais l’aider. Il veut maintenant entrer dans la chorale et apprendre à jouer de la guitare.
Ici, à Citalá, il y a toujours eu un problème avec la chorale. Ce sont des vieilles dames qui chantent depuis des millénaires en exagérant un peu, et elles disent qu’elles vont mourir en chantant. Le problème, c’est qu’elles n’acceptent pas de jeunes avec elles. Les religieuses avaient fait entrer des jeunes, mais ils ne peuvent pas endurer les vieilles dames et les vieilles dames se comportent d’une façon très dure avec eux jusqu’à ce qu’elles se retrouvent seules. En plus, il y a un seul guitariste, et lui, n’est pas intéressé d’enseigner à des jeunes à jouer de la guitare. Peu à peu, l’orgueil l’emporte, ça se remarque dans la façon qu’il chante. Quelquefois, il part en boisson et ça peut prendre trois mois avant qu’il revienne et les vieilles dames chantent sans musique.
Alors, je me suis dit qu’il fallait trouver un remède à cette situation sans chasser les vieilles dames, parce qu’au fond elles chantent quand même très bien, même si elles chantent en tremblotant. J’ai annoncé dans l’Église que je voulais former une chorale de jeunes et qu’eux-mêmes et seulement eux, s’accompagneraient à la guitare. Plusieurs jeunes se sont inscrits, un monsieur qui joue de la guitare a accepté d’accompagner ces jeunes à la messe en attendant que des jeunes eux-mêmes puissent prendre la place.
En plus, je voulais une chorale d’enfants. Une douzaine d’enfants ont commencé à pratiquer des chants. On m’avait dit qu’un policier qui est un bon catholique et qui vient à la messe peut jouer de la guitare. Je suis aller le voir et il a accepté d’enseigner à trois jeunes de 12 – 13 ans. Alors, je suis allé acheter un DVD et ces enfants ont commencé à vendre des billets pour le tirage du DVD afin d’acheter des guitares. Le premier dimanche, j’ai annoncé dans l’Église que les enfants seraient dehors aux portes de l’église et qu’ils vendraient des billets pour le tirage. Ce sont des enfants très gênés et savez-vous ce qu’ils ont fait? Quand ils ont vu tout ce monde sortir de l’église, ils sont allés se cacher dans le parc. Ils n’ont pas vendus un seul billet. Alors, je suis allé voir les mères de ces enfants et je leur ai demandé d’accompagner leurs enfants aux portes de l’église le dimanche suivant. Tout s’est bien passé, tous les billets sont vendus et aujourd’hui le 15 mars, le policier ira au Honduras pour acheter trois guitares. Le policier leur enseignera un chant et ils viendront jouer ce chant à la messe, cela dans le but de leur donner confiance.
Alors, j’ai averti la chorale actuelle, qu’un dimanche elles chanteraient, l’autre dimanche ce sera les jeunes et l’autre après ce sera les enfants.
Dimanche le 26 mars, ce fut le tirage. Il y a un jeune qui a vendu plus de 60 billets a lui tout seul. Il s’est vraiment dévoué. Je lui ai dit, un peu en faisant une farce que si je gagnais le DVD, je lui donnerais pour le récompenser. Comme je savais que je ne gagne jamais, ça me faisait rien de lui dire cela. Alors, nous avons eu le tirage et imaginez-vous, c’est moi qui gagne le DVD. Le jeune me regardait pour voir ce que j’allais faire. J’ai été obligé de respecter ma promesse, cela me faisait plaisir de lui donner, car c’est une famille pauvre et moi, j’en ai déjà un.
Dimanche le 2 avril, les enfants chanteront la messe pour la première fois accompagnée du policier à la guitare.
Ici à Citalá, la messe du dimanche était à 10 heures. Avec le Conseil de Pastoral, on a décidé de la mettre à 8 heures et qu’à 11 heures j’irais dans un village. Les gens sont bien contents. Les mardi, mercredi et vendredi la messe est à 6 :30 p.m. et il vient toujours plus de 50 personnes. Le jeudi, c’est le jeudi Eucharistique. Il y a la messe à 9 heures du matin et l’exposition du Saint-Sacrement jusqu’à 6 heures. Après la messe, je vais visiter tous les malades pour leur porter la communion. Chaque groupe dans l’Église a son heure pour venir adorer. Le samedi, je célèbre la messe à 6 heures du matin.
Ici, chaque groupe faisait des activités. Par exemple le groupe charismatique vendait des pupusas et l’argent restait dans le groupe. Il n’y avait jamais de rapport qui se faisait. Alors, il y avait pas mal de problème. Comme depuis deux ans, il n’avait plus de religieuses, ce sont des membres d’une même famille qui s’occupait de tout et ils sont arrivés peu à peu à penser qu’ils étaient les maîtres partout. Alors quand nous nous sommes réunis, comme il y a des représentants de chaque groupe, je leur ai dit ce que le Droit Canon dit : que chaque curé doit avoir son Conseil Économique. Je leur ai dit que je ferais cela et que ce serait le Conseil Économique qui administrerait tout l’argent. Alors je leur ai demandé de tout me remettre l’argent qu’ils avaient. Je pensais avoir des objections, mais non, tout le monde a dit que c’était beaucoup mieux comme cela après leur avoir expliqué les raisons.
Dans les villages, chaque fois que je vais célébrer la messe, la collecte revient à Citalá et le Conseil Économique se réunit une fois par semaine pour compter tout l’argent des quêtes et des offrandes de messes. Dans certains villages, il y a aussi des problèmes. Tout l’argent que les gens donnent est administré par deux ou trois personnes souvent des membres de la même famille. Ils ne font jamais de rapport aux gens. Dans un des villages paraît-il, ils ont prêt de 10,000$ dollars et à Citalá nous avons seulement 1825.00$ dans le compte. Dans ce village, s’il y a un pauvre qui a besoin, ils font une quête spéciale et ils ne sortent jamais un sous pour aider. Encore pire que cela, une jeune fille dans un village qui était la trésorière, et c’était encore les membres du même famille qui administrait est partit aux États-unis avec l’argent.
Ce samedi, il y aura une réunion de tous les responsables des villages. Je leur ai écrit une lettre et je leur ai demandé de me faire un rapport de l’argent qu’ils ont et qu’ils devront le faire à chaque mois. Je leur ai fait un exemple et ce sera facile. Je leur dis aussi que ce sera une protection pour eux.
Ici, à Citalá il y a un responsable pour chaque groupe. De même dans les villages il y a aussi ce qu’on appelle « les anciens » c’est lui ou elle qui est le responsable du village ou du groupe. Dans certains groupe ou dans certains villages, les responsables sont là depuis 10 ou 15 ans. Ils n’ont jamais été changés et cela n’est pas bon du tout. Je vais vous donner un exemple : La responsable de tous les catéchistes est là depuis plusieurs années, c’est elle qui décide si un enfant va faire sa première communion ou non. Ça prend trois ans de préparation, et si un enfant ne rentre pas dans ses goûts, elle lui fait recommencer son année. J’ai réuni tous les catéchistes et je leur ai dit que le seul qui pouvait décider si un enfant pouvait faire sa première communion ou non, c’était moi. Ces responsables qui se croient le nombril du village, je veux les changer, mais je ne veux pas amener d’autres problèmes ou des divisions. Alors, j’ai dit à tous les groupes que tous les responsables des groupes ou des villages seraient changés en janvier et que le mandat serait de deux ans seulement, et ceux qui sont là depuis plus de deux ans ne sont pas éligibles. Alors les gens semblent contents et ils se rendent compte que c’est mieux comme cela.
Il y a quelques jours, j’allais acheter quelque chose. Je marchais dans la rue, je ne sais pas où je regardais, mais en un instant, je me retrouve en pleine face sur l’asphalte, mais je me suis protégé la figure avec le bras. J’avais déjà mal à un genou, mais ce même genou s’est retrouvé avec une bosse. J’avais de la misère à descendre et remonter un escalier. Ce dimanche, je dois aller dans le village San José, c’est la fête patronale du village parce que c’est la fête de Saint-Joseph. Je devrai descendre la montagne pendant une heure et demi pour arriver à l’Église. Le pire ce sera de remonter. Mais vous savez, j’offre tout cela pour mes paroissiens.
Je suis donc allé célébrer la messe de Saint-Joseph dans le village de San José el Terrero. C’était leur fête patronale et ça tombait un dimanche et toute les années antérieures, ils n’ont jamais pu avoir la messe le jour de leur fête patronale. Ils pensaient que je n’irais pas à cause que c’étaient un dimanche. Les gens étaient tellement content, parce qu’ici dans tous les villages les gens n’ont jamais eu une messe un dimanche. Mais c’est loin et c’est difficile. Il faut descendre une montagne pendant une heure et demie. Ça, ce n’est pas si pire, mais il faut la remonter. En remontant, merci mon Dieu, il y a eu une grosse madame qui a fait plus que la moitié du chemin avec nous, puis après, elle devait changer de direction. Elle marchait bien lentement, et cela me rendait service. Les gens en avant marchaient pas mal vite. J’en ai profité pour leur dire que nous devions être charitable et l’attendre, mais c’est à moi aussi que cela rendait service. Puis ce fut les adieux, cette madame un peu ronde n’y était plus. J’essayais de suivre le groupe, mais je râlais comme un âne. De temps à autre, je m’arrêtais et je disais aux gens : « regardez comme le paysage est beau », et je continuais de leur poser des questions : « au loin là-bas, comment s’appelle ce village? » Et j’en profitais pour reprendre mon souffle. Ici, les gens de la campagne sont tellement habitués de marcher qu’ils ne se fatiguent pas.
Il y a des villages qui sont très loin. Par exemple le village de Salguazapa. Je suis allé en mars y j’y retournerai le 5 avril. On peut maintenant se rendre en pick-up, mais seulement dans la saison sèche. J’ai fait 37 kilomètre pour y aller et ça prend deux heures et demie. Quand je suis arrivé là, tous les enfants sont sortis de l’école pour venir me saluer. Il y a 40 enfants environ et un seul professeur qui enseigne. C’est comme dans notre jeune bon vieux temps. A partir du mois de mai, je devrai y aller à pied. En se rendant dans ce village, le paysage est tellement beau, qu’on en perd le souffle. Mais on perd aussi son souffle, quand ça descend comme dans la face d’un bœuf et qu’il y a des précipices de quelques centaines de mètres.
Dernièrement, je suis allé à l’ambassade du Canada pour m’inscrire. Normalement, j’aurais dû le faire depuis deux ans. J’en ai profité pour demander si le Canada aidait toujours pour des ateliers. On m’a envoyé à l’A.C.D.I. (Association Canadienne de Développement International) j’ai rencontré le responsable. Il a été bien gentil. J’ai rencontré aussi un autre monsieur qui travaille là, il est natif de Neufchâtel et il me disait que bientôt il recevra un conteneur du Québec et qu’il allait demander pour moi deux machines à coudre pour faire des souliers.
Alors, si Dieu le veut, nous aurons un atelier de cordonnerie. La semaine dernière, une dame m’a dit que si un jour, je voulais partir un atelier de couture, elle serait disponible pour enseigner gratuitement. Alors, elle n’a pas parlé à l’oreille d’un sourd. Si Dieu le veut, nous aurons un atelier de couture et bientôt ces deux ateliers seraient possibles parce que cela n’exige pas un grand local. Un jour, bien sûr, j’aimerais avoir un atelier de menuiserie.
NOUVELLE DE DERNIÈRE HEURE :
Je viens d’apprendre que le monsieur qui s’était coupé les deux doigts et qui avait transplanté deux trayons de vache, qu’aujourd’hui ses deux doigts ou plutôt ses deux trayons donnent du lait. Vous voyez, il y a toujours du bon, même dans les épreuves. a.a.
Le jeudi comme je le disais, nous avons le jeudi eucharistique. A 5 heures nous avons ce qu’on appelle l’heure sainte. On dit le chapelet, mais je n’aimais pas et je n’ai jamais aimé comment se dit le chapelet, les gens le disent trop vite. En plus, il y a les litanies. Elles sont dites tellement vite, que les vieilles dames ne prennent même pas le temps de laisser répondre aux gens le « priez pour nous ». Ce sont surtout les dames qui sont du groupe « siervas del Santísimo » qui font cela. En plus, l’autel est rempli de fleurs de toute sortes. En entrant dans l’Église, on ne voit pas le Christ, mais plutôt les fleurs. Alors un soir après la messe, je les ai réunis et je leur ai expliqué qu’à partir de ce jeudi, on allait faire différemment. On allait dire seulement les 5 mystères du rosaire et qu’après il y aura un enseignement sur la messe de 15 minutes, puis le silence jusqu’à 6 heures. Je voulais qu’à l’arrière de l’ostensoir, mettre un tissu de couleur bleu foncé ou rouge pour que le Christ soit plus visible dans l’ostensoir. Qu’il ne fallait pas mettre plus de deux petits pots de fleurs. J’avais reçu des sœurs Grises du Québec deux beaux chandeliers, je suis allé les chercher et je leur ai montré ce que je voulais. Les dames trouvaient cela tellement beau, vous verrez cela sur le prochain vidéo.
J’ai commencé depuis deux semaines de donner l’enseignement sur l’Eucharistie. Je leur ai expliqué à partir de document ce que c’était la liturgie. Je leur ai expliqué dans l’enseignement ce que signifiaient chaque ornement du prêtre. J’ai failli éclater en sanglots et je vais vous dire pourquoi.
L’Aube. Symbolise la pureté que le prêtre doit vivre pour pouvoir s’approcher de l’autel.
Le cordon : Le cordon nous parle que le prêtre doit avoir cette attitude de sacrifice pour son peuple.
L’étole : l’étole représente l’autorité du prêtre et sur ses épaules ils portent les peines et les joies de son peuple.
La chasuble : Représente la charité que le prêtre doit avoir. Elle se met au dessus de l’étole pour rappeler au prêtre que la charité est plus importante que l’autorité, mais aussi elle rappelle au prêtre que tout prêt de son cœur, ils portent les noms de tout son peuple : ses angoisses et ses espérances, ses demandes et ses louanges.
En préparant cet entretien, j’ai tellement trouvé cela beau. Je ne savais pas tout cela et maintenant quand je revêts les ornements, j’y pense de plus en plus et cela m’aide à aimer les gens comme ils sont. Quand je leur disais que le prêtre portent sur ses épaules toutes les peines et les joies de son peuple. J’ai failli éclater en sanglots.
Il y a un petit village qui s’appelle « Chaguiton ». Dans ce petit village, il y a 15 maisons. Ce qui veut dire qu’il ne peut pas avoir 100 personnes qui viennent à la messe. Le curé avant moi, avait décidé qu’il n’irait plus dans ce village, parce qu’il y avait seulement une dizaine de personnes dans l’église. Les gens étaient bien tristes de cela. Dernièrement, j’y suis allé et avec le responsable, avant la messe, nous avons eu le temps de visiter 5 familles. En avril, j’y retournerai deux fois. J’aurai le temps de visiter tout le reste des familles. Je note le nom des parents et le nom et l’âge des enfants. A la messe, je nomme chaque personne et nous offrons la messe pour eux. C’est ce que je veux faire dans chaque village et dans Citalá. Mais cela prendra un an ou deux. Quand j’aurai le nom de chaque personne, j’aimerais, comme l’a fait le Saint Curé d’Ars mettre un gros cœur à la Vierge et mettre tous les noms de mes paroissiens à l’intérieur et ensuite consacré ce village de Citalá à Marie. J’ai l’intention aussi de faire venir quelques milles médailles miraculeuses de « Jésus Marie et notre temps ». Ici, une médaille coûte .50 cents américain et c’est une toute petite médaille. C’est vraiment trop cher.
La semaine dernière, 11 enfants ont fait leur première communion dans le village de El Llano de la Virgen. Je les avais rencontré une semaine avant pour les questionner. Je leur demandais de se préparer en disant 10 fois par jour : « Jésus je t’aime, j’ai faim et j’ai soif de Toi ». Avant la messe, je les ai confessé et je leur disais et j’en étais sûr, que Jésus ce jour-là lancerait l’appel. Durant l’homélie, je demandais à tous les garçons de lever la main s’ils avaient le désir de devenir prêtre. Seul, un petit garçon de 6 ans à lever la main. J’ai fait la même chose pour les filles et deux petites filles ont levé la main. Après la messe, un jeune de 12 ans qui a fait sa première communion m’a dit : « J’ai senti quelque chose de très beau dans mon cœur ».
Quand vous voyez que je signe « Padre Ernesto », ne vous affolez pas, c’est le même « Réjean » qui signe, et ce n’est pas un autre qui écrit la lettre. Mon nom au complet est : Joseph Ernest Réjean Lachance. Ici, le nom de Réjean, ne peut pas se traduire en espagnol et les gens ne peuvent pas le prononcer. Il disent : Reagan (c’est le nom d’un ancien président des États-unis) ou bien Arayan (c’est le nom d’un fruit très amer). Alors, c’est pour cela que je m’appelle Ernesto, c’est le nom de mon parrain et je suis fier de le porter.
En terminant, quand je célèbre la messe, je porte aussi sur mes épaules toutes vos souffrances et vos peines, j’ai aussi votre nom inscrit près de mon cœur et je porte sur moi vos angoisses et vos espérances. C’est pour cela, que pour moi, c’est toujours une joie de vous bénir. En vous bénissant, je bénis ceux que vous portez dans votre cœur au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Padre Ernesto (Réjean)
Mon adresse actuelle :
Padre Ernesto Lachance
Casa Parroquial
Citalá, Chalatenango
El Salvador C.A.
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