JOYEUSES PÂQUES À TOUS
Citalá, El Salvador
Le 5 avril 2007

Réjean LachanceBonjour,

C’est pour moi une grande joie de vous écrire une courte lettre pour vous donner de mes nouvelles qui sont bonnes. J’espère que vous allez tous bien et que la santé est bonne. Pour ma part, tout va très bien.

J’aimerais vous raconter une belle expérience que j’ai vécue pour vous montrer que la Providence existe toujours si nous lui donnons totalement notre confiance. La Providence, c’est tout simplement Dieu qui nous aime et qui prend soin de nous.

A El Socorro, il y a deux professeurs qui enseignent de la première à la 8e année. Un des deux, est de Tonacatepeque et l’autre de San Martín. Deux villages voisins près de San Salvador à environ 80 km de Citalá. Ils voyagent toutes les fins de semaine dans leur village. Un dimanche, ils sont venus coucher ici et le lundi matin, je suis allé les reconduire à El Socorro. J’avais photographié un enfant et je leur ai demandé de me conduire à cette maison pour remettre la photo à l’enfant. Nous étions à la première semaine du carême. Je suis arrivé dans une famille très pauvre. Je vous avoue que je n’avais jamais vu une telle maison. La mère de ce petit a 5 enfants de 12 à 1 an. Son mari l’a abandonnée pour une autre femme. Vous l’avez vu où bien vous la verrez sur le prochain vidéo. Quand je filmais cette maison, j’ai failli éclater en sanglots. Est-ce possible en 2007 que des gens qui sont nos frères vivent dans de telles conditions.

Je me suis dit que je reviendrais avec un sac d’épicerie. Le soir, je me suis couché et je continuais de penser à cela. (Quand je veux penser et que je ne veux pas dormir tout de suite, je reste couché sur le dos. Si je me retourne sur le côté droit, je m’endors immédiatement.) Alors, ce soir-là, je suis resté un bon bout de temps couché sur le dos, parce que je voulais réfléchir. Je me disais : « qu’est-ce que c’est un sac d’épicerie ? Ça va peut-être durer une semaine et après ? » Il m’est venu une idée…. Je me suis rappelé l’Évangile du mercredi des cendres. Jésus nous explique comment doit être notre carême. La prière, le jeûne et le partage. Le mardi soir à la messe, je leur ai parlé de cette famille, je leur ai parlé de l’Évangile du mercredi des cendres. Je leur disais ceci : « je sais qu’il y en a parmi vous, qui disent : « je suis trop pauvre pour partager ». Cela n’est pas correct, car le commandement de Dieu est pour tous, riches et pauvres. Si vous êtes pauvres, partager de votre pauvreté. Ce n’est pas nécessaire de donner énormément, l’important est que vous donniez quelque chose de bon cœur, par amour. Vendredi, je retournerai à El Socorro et j’apporterai à cette famille ce que vous aurez donné. Je vais mettre deux paniers ici à l’avant de l’église.

J’ai été agréablement surpris. Du mardi soir au jeudi soir. Il y avait dans les paniers 46 livres de sucre en sac de 2 livres. 25 livres de riz en sac d’une livre, il y avait du sel, du savon de toilette, de la poudre à laver, de l’huile végétale, plus 13.00$ et quelques jouets. Je n’ai pas amené le tout à la même famille car cela aurait été trop. Chaque fois que je retourne là-bas, j’apporte quelque chose.

Le dimanche suivant, je remerciais les gens pour leur générosité. Cette fois-ci, j’invitais les enfants à partager de leurs vêtements et de leurs jouets. Vous savez, ici à Citalá, 90% des familles ont un membre aux États-Unis, alors, les enfants ont de très beaux jouets. Ce n’est pas rare de voir un enfant de 10 ans avec son cellulaire. Je disais aux enfants, si vous donnez un pantalon qui a un gros trou dedans, je vais le mettre à la poubelle. Si vous donnez une petite auto qui manque une roue, elle va aller à la poubelle. Si vous donnez un vêtement, il faut qu’il soit propre et bon. Si vous donnez un jouet, il faut que ce soit quelque chose que vous aimez, sinon, ça ne vaut pas la peine.

Ce même jour, trois enfants sont venus me porter leurs jouets et nous sommes allés les porter avec eux, aux enfants de cette famille pauvre. La mère du petit garçon qui a donné des jouets est venue elle aussi pour donner du linge. Le petit garçon disait à sa mère : « Je vais donner mon linge, mais il faut que ce soit bon ». Sa mère a donnée une belle robe, quand elle l’a remise à la dame, la dame embrassait la robe et n’arrêtait pas de dire qu’elle était belle. Cette dame pleurait de joie et cela lui a fait énormément de bien de partager. Je crois que le partage guérit beaucoup de blessures. Une personne me disait : « Tu ne peux quand même pas aider tous les pauvres de El Socorro ». C’est vrai, lui ai-je dit, mais les personnes que le Seigneur met sur mon chemin, je dois les aider.

Imaginez-vous que ce que je dis est vrai. Ce n’est pas pour rien que le Seigneur m’a fait rencontré cette famille. Il y a un gars que j’ai connu à mon arrivée au El Salvador en 1994. Il est parti aux Etats-Unis en 1996 et il ne m’avait jamais téléphoné. Dans la même semaine où j’ai fait l’annonce à l’église, il m’a téléphoné pour me dire que lui et sa femme était intéressée à aider cette famille et il voulait que j’achète 20 tôles pour faire la maison car ils veulent parrainer cette famille. Sa mère lui a téléphoné et lui a raconté ce que j’avais dit à l’homélie sur le partage.

Deux jours plus tard, je recevais le 150.00$ et tout de suite, je suis allé acheter la tôle. Une autre dame de Citalá a donné toutes les lattes de bois pour le toit afin de clouer la tôle. Je me disais que mon devoir n’était pas de tout faire moi-même mais d’inviter les autres au partage. Les gens donnent vraiment de bon cœur, ils donnent avec joie et ça leur fait plaisir de donner. Si j’avais tout fait moi-même, j’aurais enlevé ce bonheur aux gens.

Comme vous le savez sans doute, je serai au Québec du 10 avril au 8 mai. Le 21 avril, Mission El Salvador vous invite à une journée de partage au sous-sol de l’église de l’Assomption à Saint-Georges. Le tout commencera à une heure de l’après-midi par l’accueil, et nous vous présenterons le dernier vidéo que vous apprécierez sûrement. Parfois, vous serez tordus de rire, d’autres moments les larmes vous viendront aux yeux. Vous verrez la plupart des églises des petits villages où je vais. Nous aurons un bon souper-partage. Après, il y aura une présentation du montage audio-visuel que j’ai préparé et que nous vous présenterons avant la messe.

Mission El Salvador veut vous remercier pour votre générosité, mais surtout pour vos prières que vous faites pour ma mission dans ce pays. Ce n’est pas énorme ce que nous faisons pour vous, mais rappelez-vous que, le plus important, c’est la messe qui est célébrée pour vous le 13 de chaque mois. Nous pourrions vous inviter au restaurant et dépenser 500.00$, mais le but de Mission El Salvador est que l’argent que vous donnez vienne jusqu’ici et serve aux pauvres. C’est pour cela que nous faisons un souper-partage et je crois que c’est beaucoup mieux comme cela.

Pendant mon séjour au Québec, nous avons l’intention d’envoyer un conteneur au El Salvador. Un organisme de Montréal, donnera 5000,00$. Il nous restera à trouver un peu plus de 4000.00$. Ce qui est merveilleux, c’est que cette fois-ci, tout le conteneur au complet viendra à Citalá. Je veux demander plusieurs centaines de couvertures de laine, parce qu’ici, il fait parfois très froid dans les villages des montagnes. Si vous verriez, les gens n’ont pas de couverture. Il y a une chose qui me réjouit et qui est encore plus touchant, c’est que les gens ne se plaignent jamais. Les enfants ne se plaignent jamais. Il y a un respect, si je ne me rends pas compte moi-même de leurs souffrances, les gens ne disent rien.

Voilà, je vous laisse et nous nous reverrons le 21 avril pour ceux qui pourront venir. Joyeuses Pâques à tous ! C’est une joie pour moi de vous bénir au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen


Union de prières.
Réjean ptre


Consulter les archives


Copyright © 2004-2026 Mission El Salvador Tous droits réservés