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Bonjour à tous.
El Salvador
Le 12 mars 2009
Bonjour à tous,
C’est une joie pour moi, après trois mois d’absence, de vous donner de mes nouvelles. J’espère que vous allez bien et que la santé est bonne. Pour ma part, tout va bien, même si mes douleurs aux genoux augmentent toujours. Actuellement, j’écris cette lettre alors que je suis en retraite et j’ai des douleurs jour et nuit, mais je ne prends jamais de médicaments. Aujourd’hui, durant la messe, j’offrais cette douleur pour mes paroissiens, pour mes bienfaiteurs, pour tous ceux et celles qui me portent dans la prière. Il y a une chose dont je suis sûr: pas une prière, même la plus petite qui soit, ne reste sans récompense pour la personne qui fait cette prière et pour les personnes qui la reçoivent. Quand vous priez pour moi ou que je prie pour vous ou pour mes paroissiens, il y a toujours un fruit si on le fait dans la foi.
Je suis conscient, mais sûrement pas assez, que le prêtre agit toujours en la personne du Christ-Prêtre. Le prêtre prête son corps au Christ pour qu’il agisse à travers lui. « Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » dit Saint Paul. Ce n’est pas le prêtre qui se sacrifie à la messe, c’est le Christ qui se sacrifie par lui. Ce n’est pas le prêtre qui baptise, c’est le Christ qui baptise par lui. Ce n’est pas le prêtre qui pardonne les péchés, c’est le Christ qui pardonne par l’absolution du prêtre. Quand je vous bénis, comme je le ferai à la fin de cette lettre, ce n’est pas moi qui vous bénis, c’est le Christ lui-même, c’est Jésus lui-même qui vous bénit en se servant de moi.
Durant cette retraite qui a comme thème : le prêtre, je me suis posé plusieurs questions, mais une entre autre : « Quel prêtre je suis ? » Je me sens bien pauvre. Est-ce que je représente le Christ dans tout ce que je fais ? Tout ce que je fais, je dois le faire mieux et je dois faire encore plus de bien pour éloigner le mal.
J’avais besoin de cette retraite. J’étais épuisé physiquement, mais surtout moralement. Il y a des choses qui m’épuisent et je crois que c’est le zèle des âmes, dans le sens que, lorsque je vois des gens qui sont loin de l’Église, cela me fait souffrir. Quand je ressens en moi l’indifférence des gens, même durant la messe, cela me fait souffrir. Je me rappelle quand j’étais dans l’Institut Séculier Pie X, j’aimais beaucoup dire la prière à Saint Pie X, et je voulais faire mienne cette prière. Il a 3 choses que je demandais à Saint Pie X :
1º Le zèle des âmes
2º L’audace apostolique
3º Une foi audacieuse.
Ce sont ces trois choses que je veux obtenir pour être un prêtre plein de feu et d’amour pour les âmes.
En janvier, quand mon frère Denis et son épouse Diane étaient ici, il y a une chose qui m’a fait énormément mal. Il y a eu des élections le 18 janvier et le maire qui a gagné a décidé un dimanche, de faire un repas sur le bord de la rivière pour les gens qui l’avaient appuyé. Il a envoyé des camions pour aller chercher les gens de Citalá et des villages et cela gratuitement. Alors, vous comprenez que les gens sont venus en grand nombre pour aller prendre un repas gratuitement.
Je savais bien que tous ces gens-là, à l’heure qu’ils venaient à Citalá, n’avaient pas du tout participé ou à la messe ou à la célébration de la Parole. Ça m’a fait vraiment mal. Je l’ai dit tellement de fois durant l’homélie que le dimanche est le jour du Seigneur. Je me disais : « Où est la foi des gens ? » Durant toute la campagne électorale qui a duré trois mois, les candidats venaient chercher le monde ici en face de l’église à l’heure de la messe, Je me disais que tout cela est diabolique, parce que le démon sait bien que si on remplace Dieu par un autre dieu, ou par une autre chose qui n’est pas mal en soi, mais si cette chose-là est remplacé par Dieu, alors, cela devient un péché. Les gens ici ne pourront jamais dire qu’ils ne le savaient pas. Les gens qui font cela et qui continuent de communier comme si de rien n’était ne peuvent pas grandir dans l’amour de Dieu. Ça, c’est vraiment triste.
Un monsieur me disait : « Ne t’en fais pas tant ». Je lui ai répondu : « Si je te disais la même chose pour ton garçon qui ne vient plus à l’église et qui vit dans le mauvais chemin, qu’est-ce que tu dirais ? » Il n’a pas pu me répondre. Le prêtre est un autre « père » c’est tout à fait normal qu’il souffre pour ses paroissiens. Le prêtre est un autre Christ, c’est normal qu’il ressente la souffrance que Jésus ressentait quand il voyait ses disciples s’éloigner de lui. Tout cela ne doit pas me porter au découragement, mais me porter à prier davantage et à prier mieux.
De ce temps-ci, j’aime beaucoup parler du ciel aux gens. Il faut que les gens croient qu’après la mort, il y a quelque chose de beau qui nous attend. Nous pourrons enfin voir face à face Celui que nous avons mangé tant de fois. Nous pourrons voir face à face la Sainte Vierge que nous avons tant priée. Nous pourrons voir tous les saints ainsi que nos parents défunts. Je sais que toutes les souffrances que nous avons à vivre deviennent des grâces si elles sont offertes avec amour. Cela nous fera grandir davantage et notre place sera plus belle au ciel. Je leur parle souvent aussi de la sainteté. Nous devons désirer être des saints parce que c’est le désir de Jésus.
En octobre à une réunion de tous les agents de pastorale, je leur avais jeté une bénédiction. Si je l’ai fait, c’est parce que j’étais sûr de ce que je disais. Je leur ai dit ceci : « Tous ceux qui vont aller travailler sur le terrain de la Maison de Retraite ne manqueront jamais de rien, ni matériellement, ni spirituellement ». Les gens n’ont pas cru à cette bénédiction, excepté une personne.
Tous les mois, de novembre à janvier, presque personne allait travailler, excepté les employés qui sont payés, même les personnes du Conseil Économique de la maison de retraite n’y allaient pas, excepté Don José, le boulanger. Il a donné un jour un beau témoignage. Il a dit ceci : « J’ai cru en la bénédiction, et depuis que je vais travailler sur le terrain de la Maison de Retraite, les gens me demandent plus de pains. Je me rends compte que nos profits sont plus grands ». Tous les mardis, il va travailler, mais ce n’est pas facile pour lui. Il se lève à 11 :30 du soir pour allumer le four et il fait cuire le pain jusqu’à 5 heures 30 du matin. Ensuite, en bicyclette, il va vendre le pain dans toutes les rues de Citalá jusqu’à 8 heures environ. À 9 heures, il est sur le terrain pour travailler. Il doit, à ce moment-là, payer un employé qui le remplace pour mettre le pain en petites boules. À 7 heures, il va se coucher, jusqu’à 11:30 p.m. On peut appeler cela « générosité » C’est pour cela que le Seigneur le récompense. Même son garçon qui a été opéré va beaucoup mieux qu’avant et même le médecin dit que c’est un miracle. En plus, cet enfant est acolyte, et c’est le seul qui vient servir à l’autel trois fois par semaine, les autres viennent seulement le dimanche.
Durant toutes les visites du mois de janvier, dans les villages, j’ai parlé de la bénédiction. Je leur ai dit qu’ils n’y avaient pas cru et je donnais toujours le témoignage de Don José. Durant ce mois de février, les gens ont recommencé à venir travailler sur le terrain mais très peu de gens y vont. À cause de cela, la construction de la chapelle avance à petits pas.
Denis et Diane sont venus travailler avec moi, mais c’était pas mal difficile. Nous aurions aimé y aller plus souvent mais je devais quand même continuer les visites dans les villages. Denis et Diane ont décidé de payer un employé pour un mois, ce qui fait 196.00$. Après leur retour au Québec, ils ont décidé de payer encore un mois pour un autre employé. La bénédiction tombe sur eux parce que c’est une belle façon de faire quelque chose pour la Maison de Retraite. Par le fait même, Denis et Diane, vous devenez apôtres et vous recevez les grâces d’un apôtre. Nous incluons un vidéo montrant leur séjour à Citalá au mois de janvier.
Dans cette lettre circulaire, vous recevrez une toute petite pierre qui a été prise sur le terrain où se construit la chapelle. Vous savez qu’au pied de la chapelle, nous avions mis Notre Dame Auxiliatrice. Cette pierre, j’en suis sûr, vous apportera des grâces. Gardez-là à la vue et quand vous la regarderez, priez pour que ce projet soit une réalité, car c’est le projet de Dieu. Priez pour les personnes qui viennent et qui viendront travailler à ce projet. Priez d’avance pour les personnes qui rencontreront le Seigneur, pour les personnes qui seront converties dans cette oasis de paix. Mettez cette petite pierre au pied de la Vierge, elle sait d’où elle vient, priez pour ce projet de la Maison de Retraite.
Aujourd’hui le 3 mars, il nous reste environ 1500.00$ en banque. Je disais à Marie qu’elle ne nous a jamais abandonnés depuis le début et je suis sûr que cela continuera. Il faut lui donner notre totale confiance et être sûrs d’elle. Actuellement, ils sont en train de faire le perron de l’église. D’ici quelques jours, nous recevrons le marbre pour le plancher. C’est un don d’une dame originaire de Citalá, mais qui vit maintenant au Honduras et qui a une fabrique de marbre. Elle nous donne une valeur de 30,000.00$. C’est ce que cela nous aurait coûté si nous l’avions acheté ici au El Salvador. Nous payons seulement le transport.
Nous avons commandé toutes les poutres pour le toit, c’est une dépense de 4340,00$. La tôle, qui est une tôle bien spéciale, coûtera prés de 4000.00$. Il nous manque les portes et les vitres. Le 23 mai, veille de la fête de Notre Dame Auxiliatrice, Monseigneur Luis viendra bénir la chapelle et ce sera aussi la première messe. Ce même jour, il consacrera environ six ministres de la communion. Ce sera une grande fête. Il viendra un groupe de chanteurs de Métapan. Il paraît que c’est vraiment un beau groupe, je l’espère, car je voudrais que les gens n’aient plus le goût de partir. Dimanche le 24 mai, je célèbrerai la messe dans la chapelle à 11 heures du matin, pour remercier notre Bonne Mère du Ciel, Marie Auxiliatrice, de son aide. Vous êtes invités (du moins par la pensée et le cœur).
Durant la retraite, j’ai rencontré mon Évêque pour les dates de confirmation. Il va venir, imaginez-vous, le 6 novembre à El Socorro pour confirmer les jeunes de El Socorro, Los Planes, Chaguitón et San Ramón. Ceux qui connaissent ces villages, vous savez que ces gens-là le méritent. Ce sera une grande fête. Ce qui me fait le plus plaisir, c’est que l’Évêque posera les pieds dans ce village le plus pauvre de ma paroisse. Je suis content pour ces gens. Le lendemain, 7 novembre il confirmera les autres jeunes à Citalá.
Aujourd’hui, le 5 mars, j’ai passé l‘avant-midi en réunion avec le groupe de la Légion de Marie. Il y a maintenant un groupe dans chaque village. C’est un beau groupe.
Je ne sais pas si je vous l’avais déjà dit mais, du 2 au 16 août, nous aurons une grande évangélisation dans toute la paroisse. Il viendra environ 45 à 50 personnes, dont sept prêtres. Ils viendront du Honduras, du Nicaragua, du Costa Rica et, bien sûr, du El Salvador. Chaque maison sera visitée, même celle des Protestants. Après cette évangélisation, il y aura des groupes de petites communautés qui partageront la Bible une fois pas semaine. Ce sera une grande bénédiction pour ma paroisse. Bientôt, il y aura aussi un groupe de l’Enfance missionnaire. Ce seront des enfants de 7 à 10 ans, et des jeunes de 11 à 15 ans qui s’appelleront Adolescence missionnaire. Les enfants, dès leur bas âge, sont appelés à évangéliser les autres enfants. Par exemple, les enfants du catéchisme doivent inviter d’autres enfants qui ne vont ni au catéchisme, ni à l’église. Je crois que ce sera une autre grande bénédiction pour ma paroisse.
Comme nous sommes dans le temps du carême, je voudrais vous demander une grande faveur. Premièrement, priez pour que ce projet soit une réalité, parce que nos avons besoin d’un endroit pour se réunir. Ici, Denis et Diane le savent, nous n’avons pas d’endroit pour nous réunir. Citalá est une nouvelle paroisse et les prêtres qui desservaient ce village ne se sont jamais préoccupés pour le futur de ce village, parce que la priorité était le village voisin: La Palma.
Deuxièmement, si chaque personne qui recevra cette lettre donnait $50.00 ou plus, nous aurions l’argent nécessaire pour poser le toit, les vitres, les portes, etc.… Rappelez-vous de la bénédiction, c’est certain que vous ne serez pas plus pauvres, car le Seigneur vous donnera bien davantage. Je fais confiance à Marie car je crois qu’elle veut cet endroit pour qu’elle soit mieux connue. Nous avons donc besoin de vous. Parlez de ce projet à d’autres. Plusieurs personnes nous aident parce d’autres personnes sont notre voix. Vous pouvez faire votre don à Mission El Salvador pour recevoir un reçu pour fins d’impôt.
En terminant, je veux vous souhaiter un beau Carême. Prions les uns pour les autres. Je crois que c’est ainsi que Dieu nous écoute, parce qu’il ne veut pas que notre prière soit égoïste, Je vous souhaite une belle fête de Pâques. Que Jésus Ressuscité rende votre cœur tout brûlant d’amour pour Lui et pour les autres.
De tout cœur, je vous bénis,
Réjean ptre
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