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Citalá, El Salvador
Le 24 septembre 2009
Bonjour à tous,
Quelques mois ont déjà passé depuis ma dernière lettre. J’espère que vous allez tous bien. Pour ma part, tout va très bien, si j’oublie les nombreux problèmes que j’ai en paroisse. Mais ces nombreux problèmes, au lieu de me détruire, me font grandir. Rien ne pourra jamais me séparer de l’amour de Dieu, si je reste toujours en union avec Lui.
Aujourd’hui, j’aimerais retourner en arrière de deux ans, et petit à petit avancer jusqu'à aujourd’hui. Si on ne veut pas nous séparer de l’amour de Dieu, il faut toujours se rappeler de tout ce que le Seigneur a fait pour nous. Il faut aussi raconter les merveilles du Seigneur, pour dire à notre monde : Jésus est vivant et il est toujours à côté de nous.
En avril 2007, j’étais au Québec. Une belle et grande aventure a commencée ces jours-là. J’apprenais que la maison « l’Oasis Sainte Famille » en Beauce fermait ses portes et qu’on voulait tout donner pour le El Salvador. Durant un peu plus de deux semaines, nous avons commencé à empaqueter des boîtes. C’était extraordinaire tout ce qu’il y avait. Dieu était en train de préparer une œuvre formidable en se servant de moi. Tout ce qu’on me donnait, c’était vraiment extraordinaire et je me demandais souvent ce que j’allais faire avec tout cela. Nous avons tout envoyé dans un conteneur de 12 mètres.
Au mois de juillet 2007, je revenais du petit village de San José el Terrero et je me suis assis au pied d’une petite montagne. Je disais au monsieur qui m’accompagnait que ce serait beau d’avoir une petite maison sur cette montagne. Je lui ai demandé à qui appartenait ce terrain. Il m’a dit qu’il appartenait à Don Santos. J’ai attendu un mois avant de me décider d’aller lui parler. Le plus beau dans tout cela, ce monsieur avait déjà préparé le terrain. Un jour je me suis décidé d’aller le voir. J’étais nerveux d’aller lui demander de me faire un don. Je ne connaissais pas ce monsieur et je ne savais pas quelle serait sa réaction. Lui, quand il m’a vu venir, il était aussi très nerveux, parce qu’il pensait que je le disputerais parce que je ne l’avais jamais vu à la messe. Je suis arrivé chez lui, j’ai été très bien reçu par toute la famille. Alors, j’ai demandé clairement à Don Santos s’il pouvait me donner un arpent de terrain pour construire une maison pour faire des retraites. Il m’a dit, pour ma part, il n’y a pas de problème, mais il faut que tu ailles voir ma mère qui vit à Citalá, parce que le terrain lui appartient encore. Je suis allé tout de suite à Citalá et la dame en question, je la connaissais très bien. Elle me dit : « retourne voir Don Santos et dis lui de te donner quelque chose de beau. Il faut que ce soit toi qui choisisses le terrain ».
Je suis retourné voir Don Santos et là je n’étais pas nerveux. Il m’a dit : « Je vais t’amener à un endroit et si tu n’aimes pas ça, dis le moi et je te montrerai un autre endroit ». Nous sommes arrivés tout près de la petite montagne que je vous parlais plus haut. En haut, il ventait, et c’était plein de pins aux alentours. Les arbres chantaient pour me rendre « amoureux » de ce terrain, et j’en suis tombé « amoureux ». En plus, le paysage était merveilleux. Déjà, je m’imaginais des gens être transformés seulement par la beauté de la nature. Puis, j’ai reconnu la petite montagne et j’ai dit à Don Santos : « Don Santos, pensez-vous que cette petite montagne va rentrer dans l’arpent de terre que vous allez me donner parce que là-bas, j’aimerais construire la chapelle? » Il m’a répondu : « Si elle n’entre pas, on va la faire rentrer ».
J’étais vraiment content, on ne pouvait pas aller à un autre endroit. Le dimanche suivant, j’ai annoncé dans l’église que nous avions maintenant un terrain et que nous allions construire une maison pour faire des retraites. Les gens m’ont paru un peu indifférents mais, voyant mon enthousiasme, quelques-uns seulement avaient un petit sourire dans le coin des lèvres. Je leur ai dit ceci : « Demain lundi, je vais aller mettre la statue du Cœur Immaculée de Marie sur le terrain exactement là où j’ai posé les pieds pour la première fois, parce que je veux qu’elle soit la première à y mettre les pieds et je veux qu’elle soit au courant de tout ce qui se passera là-bas. Si quelqu’un veut venir m’aider, nous partirons à 8 heures du matin ». Seulement, trois hommes et quelques enfants sont venus pour m’aider. Il fallait transporter la statue qui avait un bon mètre et demi de hauteur, transporter tout le bois pour faire la grotte. Il fallait marcher un kilomètre dans un tout petit chemin et à droite de ce petit chemin, il y avait un gros précipice.
Un monsieur qui était de Tonacatepeque, a décidé pour faire un sacrifice de transporter la Vierge jusqu’au terrain sans l’aide de personne. Il a senti, m’a-t-il dit, que la Vierge l’avait guéri de son cœur qui était malade. J’avais emballé la Vierge de trois grosses couvertures de laine pour ne pas qu’elle soit brisée durant le transport. Quand nous l’avons déballée, pour la mettre dans sa grotte, si vous vu avez vu le film, elle semble sourire. Cet après-midi là, j’ai dit aux gens qu’il fallait aller voir le propriétaire du terrain où pourrait passer la route. Il fallait une route pour construire. Les gens m’ont dit : « Jamais, il acceptera de laisser passer une route sur son terrain. Ce monsieur est sauvage, et le maire a déjà voulu faire une route, et il n’a jamais accepté ». Je leur ai répondu : « Ce n’est pas grave, il faut aller le voir ». On est entré chez lui, il nous a salué et il a disparu. Nous pensions qu’il était allé à la toilette. Son fils m’a dit : « Il n’aime pas voir les gens et si tu veux lui parler viens mercredi matin à 6 heures, parce que c’est l’heure de la traite des vaches ».
Vous allez voir que Marie le connaissait mieux que nous, parce que, s’il nous avait parlé, c’est sûr qu’il nous aurait dit « non ». Le lendemain mardi, ce monsieur est allé travailler sur son terrain qui est plus bas que celui que nous avons. Il devait passer par l’endroit où est la Vierge. Quand je suis arrivé chez lui le mercredi matin, c’est lui qui a commencé à parler et il m’a dit : « Qu’elle est belle la Vierge que vous avez mise, c’est quoi que vous allez faire là-bas? » Je lui ai dit : « Nous voulons construire une maison pour faire des retraites, nous avons besoin de faire une route et je voudrais savoir si vous acceptez de nous donner le droit de passage». Il m’a dit : « Pas de problème. Ça me fait vraiment plaisir ». Il avait un beau sourire. Ce n’est pas un grand catholique, je ne l’avais jamais vu, mais il a fait une œuvre extraordinaire.
En revenant à Citalá, j’ai formé le conseil économique de la maison de retraite et j’ai annoncé aux gens qu’a partir de maintenant, tous les premiers samedi du mois, il y aurait une messe sur le terrain en l’honneur du Cœur Immaculée de Marie. Ensuite, j’ai lu les promesses de Marie pour ceux qui vivaient les premiers samedis du mois. Il fallait maintenant parler au maire pour voir s’il pouvait faire la route. Je disais aux gens : « Si le maire ne veut pas, nous allons la faire nous-mêmes au pic et à la pelle ». Nous sommes allés le voir le jeudi soir à 8 heures, parce qu’à cette heure-là, il sort de chez les alcooliques anonymes. Nous lui avons parlé de ce projet de la route. Il a dit ceci : « Aujourd’hui, je suis allé voir le député de Chalatenango, il m’a dit que si j’avais un projet de route qu’il était prêt à envoyer un tracteur. Je lui ai dit que je n’avais pas de projet de route pour l’instant ». Apprenant alors mon projet, le maire m’a dit : «Demain, je vais lui téléphoner et lui parler de cela ». Quelques mois plus tard, la route était faite. C’était vraiment providentiel.
Le 10 septembre 2007, nous allions une vingtaine de personnes avec des pioches et des pelles pour commencer à baisser de deux mètres et demie la montagne afin de construire la chapelle. Le haut de la montagne était tout petit et il fallait l’abaisser pour la rendre plus grande. On ne savait pas dans quoi nous nous embarquions parce que cette montagne-là n’est que de la roche. On devait marcher un kilomètre toujours en descendant pour y aller, travailler et après remonter la montagne. J’y suis allé après avoir célébré la messe à Citalá, durant un mois, tous les jours, afin de donner l’exemple. J’avais les deux mains pleines d’ampoules, c’était une vraie honte quand je célébrais la messe. Mais je n’étais pas le seul car presque tout le monde avait des ampoules. C’était émouvant parce que des femmes, des enfants venaient travailler. D’autres personnes, venaient nous donner à manger le midi, d’autres emportaient de l’eau ou du jus pour tout le monde. Parfois, nous étions 40 personnes avec un pic et une pelle.
Un jour, je revois dans le presbytère, le grand cadre de la Sainte Famille. En même temps, on commençait à Citalá des retraites de Renouement Conjugal. Alors, je me suis dit : « On pourrait donner le nom : Maison de retraite « La Sainte Famille ». J’en ai parlé au conseil et tout le monde était d’accord.
Il fallait continuer à penser au futur : « Où allons-nous prendre l’argent pour construire? » Il fallait faire des plans. Il fallait avoir les papiers officiels comme quoi le terrain était à nous avant de commencer á construire. Nous avons cherché un architecte et nous lui avons dit ce que nous voulions. Je voulais que la chapelle soit octogonale parce que, sur cette montagne, il n’y aurait pas de place pour construire d’autre chose. L’architecte que nous avions choisi disait que ce n’était pas possible de construire la chapelle comme je la voulais. Un jour, une dame de Citalá m’a dit que sa fille était architecte et qu’elle était prête à faire les plans pour nous gratuitement. Ce qu’elle nous a fait était merveilleux car c’était exactement ce que je voulais. Si elle nous avait fait payer, cela nous aurait coûté 18,000.00 $. Elle a trouvé de bons ingénieurs qui sont catholiques aussi et ils ont fait les plans pour les structures métalliques gratuitement. Si on avait payé pour cela, cela nous aurait coûté 15,000.00$.
J’ai enseigné à chaque membre du conseil économique à faire des chapelets. Il fallait en faire beaucoup parce qu’on voulait visiter chaque paroisse du diocèse et on voulait en vendre. Il y avait aussi tous les beaux cadres de la Sainte Famille que j’avais reçus. Alors tous les dimanches, un groupe de personnes partaient pour offrir dans les paroisses notre produit. Ils revenaient toujours avec plus de 100.00$.
Tous les premiers et troisièmes dimanches du mois, on vendait et on vend encore des pupusas dans le parc au profit de la maison de retraite. La plus grande activité a été le Téléthon. Les gens me disaient qu’on ne pouvait pas faire un Téléthon de 24 heures à Citalá. On n’aurait personne durant la nuit. Moi j’insistais et on a cherché de bons artistes pour la nuit. Ce fut un succès parce que, durant la nuit, il y avait une bonne centaine de personnes dans le parc. On a commencé le Téléthon le vendredi soir à 6 heures par la messe et on a terminé le samedi soir par la messe célébrée par notre Évêque. On a ramassé 19,000.00$ et quelques poussières. Ce fut un succès.
A Citalá, les gens n’ont jamais eu la possibilité de faire quelque chose, c’est pour cela que c’est très difficile. Ils ne croient pas en eux. Par le passé, les prêtres faisaient des activités, mais c’était toujours préparé par le village de « La Palma » et toujours à La Palma. Alors, il faut toujours que je pousse les gens à aller de l’avant. Ce projet la est une occasion pour eux de retrouver leur dignité.
Les ingénieurs nous ont fait un estimé de ce que cela coûterait pour faire la chapelle, la grande salle, les modules de chambres, la salle à manger, etc… Seulement la chapelle nous coûterait 227,000.00$, et tout le projet environ 667,000.00$. Des fois, je me disais que j’étais fou, parce qu’on parlait d’une crise économique mondiale et nous, nous nous embarquions dans un projet comme celui-là.
Il fallait commencer par construire la chapelle, parce que c’est le plus important. Tous les 3 autres centres de retraite que nous avons dans le diocèse, n’ont pas de chapelle. Ils ont commencé par construire la grande salle, les chambres, la salle à manger et maintenant, ils n’ont plus d’argent pour la chapelle. Alors, j’ai demandé aux ingénieurs combien il fallait avoir d’argent pour commencer la construction de la chapelle. Ils m’ont répondu : « Il faut avoir tout l’argent ». Je lui ai répondu que si ce projet était du Seigneur, il fallait commencer à construire avec ce que nous avions et faire confiance en la Providence. Si ce projet est de Dieu, c’est á Lui de voir où on va trouver l’argent. Nous, nous n’avons qu’à faire tout notre possible et l’impossible le laisser au Seigneur. Alors, il m’a répondu : « Très bien, nous commencerons dans la pauvreté et dans la foi et en faisant confiance au Seigneur ». Grâce à Dieu, les ingénieurs et l’architecte sont de grands catholiques.
Nous avions 21,000.00$ et le 2 août 2008, était la date prévue pour mettre la première pierre. Nous avions fait beaucoup d’invitation mais les gens de l’extérieur de Citalá n’ont pas répondu. Par contre, les gens de ma paroisse sont venus et nous étions près de 1000 personnes. Le travail commençait mais ça n’allait pas très vite. Les gens n’allaient plus travailler et c’était le moment où nous avions besoin de beaucoup de monde. Nous avions engagé 8 personnes et il fallait les payer chaque semaine. L’argent sortait mais n’entrait pas.
Un beau dimanche après-midi du mois de septembre 2008, je voulais aller tout seul sur le terrain. Je voulais y passer l’après-midi. Je suis arrivé là et je suis monté sur la montagne. Je regardais de loin la Vierge que nous avions mise. Je trouvais que les travaux n’avançaient pas parce que les bénévoles n’y allaient plus. L’argent n’entrait plus. Je disais à Marie : « Qu’est ce qui se passe, les bénévoles ne viennent plus, l’argent ne rentre plus. C’est ton projet, Marie, et si tu veux ta chapelle, il faut que tu fasses quelque chose ». J’ai compris dans le fond de mon cœur la vraie raison. Nous avions abandonné notre Mère, c’est comme si nous l’avions mise de côté.
Quand on a commencé à baisser la montagne, tous les jours nous allions au pied de la Vierge pour dire trois « Je vous salue Marie ». Maintenant, à cause de la route, le camion laissait les gens au pied de la montagne. Alors, on n’allait plus au pied de la Vierge pour faire la prière parce que c’était un peu loin. Je suis retourné tout de suite à Citalá. J’avais une belle statue de Marie Auxiliatrice qui m’appartenait. Comme la chapelle porte le nom de Marie Auxiliatrice, j’ai décidé de la mettre sur le terrain. J’ai commencé à faire une petite grotte du mieux que j’ai pu. Le 13 septembre, mon Évêque venait célébrer la messe pour la première fois. Ce matin-là, à 6 heures, je suis allé mettre la Vierge au pied de la montagne dans sa grotte. Je voulais qu’elle voit le travail qui se faisait pour elle. Nous avons dit nos trois « Je vous salue Marie ». À 10 heures, Monseigneur arrivait, je lui ai fait visiter l’endroit et il était emballé de la beauté des lieux. Il a commencé son homélie en disant : « Ça m’émerveille beaucoup de ce qui se fait ici, continuez d’appuyer le Padre Ernesto. Pour ma part, je m’engage à donner 1000.00$ ». Les larmes me sont venues aux yeux car déjà Marie nous répondait et les gens ont recommencé à revenir travailler.
Au mois de février 2009, j’étais en retraite et il m’est venu une pensée. Il fallait que la chapelle soit terminée pour la fête de Notre-Dame Auxiliatrice. Je demande tout de suite à Monseigneur s’il était libre le 24 mai. Il m’a dit « non », mais je peux y aller le 23. Je reviens à Citalá, j’ai dit aux ingénieurs, il faut que la chapelle soit terminée pour le 23 mai. Je ne savais pas ce que je disais. Il n’y avait pas de fenêtres, pas de plancher, pas de toit. C’était exagéré. Le pire, l’argent manquait. Mais je disais souvent aux ingénieurs : « Ce projet est de Dieu et de Marie. Si Marie veut sa chapelle, elle s’arrangera pour qu’on l’ait ». Je savais qu’on n’avait pas d’argent. Je disais toujours aux gens : « La Providence va nous aider, si on fait tout notre possible ». L’argent rentrait à petites gouttes, et les dépenses se multipliaient. A toutes les semaines, on dépensait de 2000.00$ à 5,000.00$. Si je n’avais pas cru que ce projet était voulu par Jésus et Marie, je serais maintenant dans un hôpital psychiatrique. Le Père Marysse, de la France, nous a aussi beaucoup aidé. Merci!
Un jour, je reçois un E-mail d’un ami de Montréal qui voulait savoir combien ça coûterait pour terminer la chapelle. Je téléphone aux ingénieurs et je leur demande de me donner par écrit ce que cela coûterait pour terminer la chapelle. Je trouvais qu’il ne me répondait pas vite. Alors je réponds à cet ami que je pensais que cela coûterait environ 20,000.00$. Lui, sans rien me dire, il envoie à Mission El Salvador 20,000.00$. Le jeudi, je reçois les informations des ingénieurs. Pour terminer la chapelle, cela nous coûtera 43,000.00$. J’ai quasiment tombé sur le dos. Je réécris à ce monsieur pour lui dire le montant et il me répond en me demandant pourquoi le montant avait doublé en une journée. Je lui ai expliqué la raison parce que, le premier montant, c’est moi qui avait fait l’estimé. Il m’a dit qu’il allait voir s’il lui restait quelques poussières dans le coin de sa maison. Le lendemain, j’apprends qu’il avait envoyé un premier 20,000.00$. Heureusement, que je ne le savais pas, parce que je n’aurais jamais osé lui envoyer un deuxième E-Mail. Il a décidé d’envoyer pas seulement le 23,000.00$, mais bien plutôt 25,000.00$. Grâce à ce gros don (45,000.00$), le 23 mai, la chapelle était presque terminée. Il restait très peu de chose, à faire, surtout à l’extérieur. Cette chapelle Notre Dame Auxiliatrice, au lieu de nous coûter 227,000.00$, nous a coûté 177,000.00$. Pourquoi? Parce que les ingénieurs achètent tout en leur nom et nous avons droit sut tout à 35% d’escompte.
Au début du mois d’août, nous avons commencé la fondation pour un module de chambres. Il y en aura 6. Chaque module contient 4 chambres. Nous nous sommes réunis avec les ingénieurs un vendredi. Il nous restait 867.00$. Les ingénieurs ont dit : « Si vous voulez, arrêtons les travaux pour un mois afin que les fonds rentrent ». Je leur ai dit : « Non, il faut faire confiance au Seigneur et avancer ». Le mardi suivant, Monseigneur m’appelle en m’annonçant qu’il avait reçu de Rome un chèque de 15,000.00$ pour la maison de retraite. Vous comprenez que je suis allé le chercher tout de suite le lendemain. Je suis sûr que la Providence nous donnera toujours au fur et à mesure. Il s’agit que le doute n’entre jamais dans notre cœur. La Providence nous donne toujours ce que nous avons besoin aujourd’hui.
Une chose que je veux dire et je crois que cela a attiré des bénédictions de la part du Seigneur. Plusieurs fois, nous sommes allés dans la capitale, à San Salvador. On devait manger dans un restaurant, mais on n’a jamais dépensé l’argent de la maison de retraite pour nous. Les repas, nous les avons tous payés personnellement. Si quelqu’un ne pouvait pas payer le repas, on se partageait les dépenses entre nous. Un jour à une réunion, quelqu’un a proposé que les repas soient payés avec l’argent de la maison de retraite. Je leur ai dit que jamais on ferait cela mais qu’on devait plutôt continuer comme on l’avait toujours fait. Si quelqu’un ne pouvait pas une journée payer son repas, on lui aiderait. Je n’ai jamais pris un sou de l’argent de la maison de retraite pour moi et je ne le ferai jamais.
Une chose a toujours été très difficile. Quand je suis arrivé à Citalá comme curé, les prêtres de La Palma n’étaient pas très contents. Alors, ils ne se gênaient pas pour dire aux gens que j’étais fou de faire cela, que jamais on pourrait faire une chapelle comme cela, etc… Les gens me racontaient cela et je leur disais que c’était vrai que j’étais fou, mais fou de Jésus et de Marie. Le problème a été que les gens du village de Citalá n’ont jamais ou presque jamais collaboré dans le travail sur le terrain. Mais cela ne fait rien car aujourd’hui les gens commencent à comprendre que ce projet n’est pas le mien. Quand un projet est de Dieu, personne ne peut l’arrêter.
Le 16 août, c’était la clôture des deux semaines de la Grande Mission. Il est venu plus de 1200 personnes. C’était vraiment beau. Monseigneur est venu célébrer la messe et il était ému de voir autant de monde. Il a dit : « Je remercie le Seigneur pour le don que le Padre Ernesto a de réunir autant de monde ». En août 2008, quand nous avons commencé à construire, l’essence était à 5.14$ du gallon. C’était préoccupant. Le 100 livres de barre de métal était à 85,00$. Tout était très dispendieux. Quelques jours après, l’essence a commencé à baisser. Maintenant nous payons 2.62$ le gallon. Le 100 livres de métal coûte 35.00$. Dieu savait tout cela et, ce qu’il nous demandait, était de faire confiance et ne pas nous laisser arrêter par la peur. Il fallait faire un pas dans la foi, cela nous a fait grandir.
Nous avons tout ce qu’il faut pour faire du pain, nous avons le four au gaz et tout le stock que des religieuses nous ont vendu, parce que je suis sûr d’une chose, pour que les gens reviennent après une fin de semaine, il faut penser à deux choses qui sont bien importantes : la nourriture et le sommeil. Nous voulons un jour acheter un autre conteneur quand nous pourrons et commencer à faire du pain pour les gens des villages. Je voudrais que quelques personnes des villages apprennent et qu’ils aillent vendre le tout dans les autres villages. Nous avons commencé depuis un mois à faire de la pizza à chaque deux semaines et cela au profit de la maison de retraite. Je n’ai jamais demandé de l’argent aux gens. Mais nous leur offrons quelque chose, et eux participent de cette façon à la construction de cette œuvre.
Il y a une chose dont je suis certain. Dans ce lieu de grâce, il y aura beaucoup de conversions et cela deviendra un lieu de pèlerinage. Un block, grâce aux ingénieurs, nous coûte .65 cents au lieu de 1.00$, si nous l’achetons nous-même. Si vous donnez 5.00$, avec cela, nous pouvons acheter presque 8 blocks. Il y a beaucoup de personnes qui ont posé plusieurs blocks. Nous n’inscrirons pas vos noms sur les blocks mais Dieu sait avec quel effort vous avez donné et, lui-même, inscrit vos noms dans le livre de la Vie. Quand vous êtes associés à un projet ou dans une compagnie, vous recevez les dividendes à la fin de chaque année et cela tout le temps que cette compagnie existe. Chaque personne qui a fait et qui fera un don pour ce projet participera aux grâces qui seront répandues sur les gens. Autrement dit, vous êtes maintenant associés à ce projet et cela pour la vie, à cause de votre contribution. Donc, c’est sûr que vous ne recevez pas les dividendes seulement à la fin de l’année, mais vous les recevez tous les jours. Ces grâces-là, le Seigneur les répand non seulement sur vous, mais sur tous ceux et celles que vous aimez.
J’ai dit souvent aux gens à Citalá que celui ou celle qui donne avec amour, pour cette maison de retraite, ne manquera jamais de rien, pas seulement matériellement mais aussi spirituellement. Les gens ne m’ont pas cru ou très peu l’ont cru. Mais, si je l’ai dit, c’est parce que j’en suis sûr. Don José Medrano, boulanger, va travailler sur le terrain tous les mardis. Il me disait que, depuis qu’il va travailler, son chiffre d’affaire a augmenté. La demande pour le pain est plus grande. Les problèmes qu’il avait dans sa famille se sont résolus peu à peu. Jésus ne ment pas : « Celui qui donne en mon Nom, même si c’est seulement un verre d’eau, recevra une grande récompense ».
Vous aussi, vous avez donné avec amour. Croyez que le Seigneur connaît le fond de votre cœur. Il sait les désirs de votre cœur. Vous ne manquerez jamais de rien. Cela ne veut pas dire que tout sera facile. Continuez de nous appuyer. Vous savez très bien maintenant que si vous donnez 1,00$, c’est 1.00$ qui va à la maison de retraite. Il n’y a pas de frais d’administration. Personne du conseil économique ne reçoit un salaire. Sur ce point, je suis très sévère. Une chose me fait beaucoup plaisir. Les gens du village de Citalá, comme je vous le disais, ne vont jamais travailler. Plusieurs personnes ne connaissent même pas l’endroit, plusieurs personnes critiquent. Par contre, le plus beau, c’est que les gens qui se sont laissés toucher le cœur par Jésus, leur foi a augmenté. Ils voient bien que la Providence prend soin de nous. Ils apprennent à faire confiance et à croire en la Parole de Jésus : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».
Quand je vais dans les villages, après la messe, les gens s’approchent de moi avec leur enfant ou leur petit bébé. Ils me demandent : « Padre, faites une prière pour mon enfant qui est malade ». Je prends l’enfant sur mes genoux et je lui donne ma bénédiction en lui faisant une croix sur le front. Je crois que c’est Jésus qui les bénit. Les gens reviennent me dire que la bénédiction a guéri son enfant. J’y crois parce que c’est Jésus qui bénit. Alors, je veux aussi vous bénir et recevez la bénédiction qui vient de Jésus. Je vous bénis de tout cœur au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen
Union de Prières,
Réjean, ptre
Casa Parroquial,
Citalá, Chalatenango
El Salvador C.A.
rejeanlachance@yahoo.com
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