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Bonjour à tous,
El Salvador
Le 25 novembre 2009
J’espère que vous allez bien et que la santé est bonne. Ici, nous sommes en été. Actuellement dans la maison, il fait un beau 25° Celsius, mais au-dessus de zéro. J’espère que vous aurez un beau Noël blanc.
Comme vous le savez, j’ai eu la chance de retourner en Europe grâce à des bienfaiteurs, sinon, jamais de ma vie, je n’aurais pu faire ce voyage. J’ai pu aussi vivre au Séminaire d’Ars grâce à leur générosité. Ça faisait curieux de voir les séminaristes aller au cours, ça me rappelait beaucoup de souvenirs.
Durant mon séjour à Rome, je pensais à quelque chose. Ici, au El Salvador, je gagne ce qu’un pauvre gagne soit $150.00 par mois. Quand arrive la fin du mois, j’ai hâte que mon portefeuille soit renfloué. Comment est-ce alors, que je me retrouve en France, à Rome et en Belgique ? C’est un cadeau du Seigneur et le Seigneur s’est servi de quelques bienfaiteurs pour que je puisse faire ce voyage. Eux se connaissent et le Seigneur les comble de ses grâces, pas seulement au centuple, mais ici sur la terre. Je me disais qu’il faut toujours rêver de choses qui nous paraissent impossibles. « Le Seigneur comble les désirs du cœur de son bien-aimé »
J’ai eu la grâce de vivre la retraite sacerdotale internationale à Ars. Nous étions 1200 prêtres environ de 75 pays différents. L’ordinateur m’a annoncé que j’étais le seul prêtre du El Salvador. Au début de la retraite, on nous a remis à chacun une belle chasuble blanche, c’était beau de voir tous les prêtres revêtus de la même manière.
Après la retraite, le Père Marysse avait tout arrangé pour que j’aille à Rome avec lui pour la canonisation de 5 nouveaux saints dont le Père Damien, qui est mort lépreux avec ses lépreux. Nous sommes restés 5 jours à Rome. On a eu le temps de visiter pas mal de chose. La dernière journée nous sommes allés célébrer la messe dans les catacombes.
À Rome, tout le monde prend l’autobus, personne ne montre le ticket, mais ils savent qu’un inspecteur peut rentrer à tout moment. On a quand même acheté une fois un ticket. Il y a eu quelquefois où j’ai pris l’autobus seul, j’ai voulu acheter un ticket, mais la machine indiquait « hors de service ». La dernière journée, il fallait faire vite pour retourner à l’aéroport en autobus. On n’avait pas le temps de commencer à chercher où se vendait les tickets. Alors on a pris l’autobus sans payer jusqu'à la gare. On était presque rendu. Il rentre deux hommes et il y en a un qui crie : « votre ticket s’il vous plait ». J’ai dit au Père Marysse : « Vite, Père, sortons de l’autobus » mais les portes ne s’ouvraient pas. Le monsieur est arrivé vers nous : « Votre ticket, s’il vous plaît » on lui a répondu sur un ton de supplication : « On en a pas ». Alors, lui, nous a donné un beau ticket de 50 Euros. J’ai dit au Père: « On a l’air intelligent, dans tout l’autobus, seulement deux personnes n’avaient pas de tickets, ces deux personnes étaient des prêtres, et ces deux prêtres, c’étaient nous.
Nous sommes revenus de Rome le mardi soir et le mercredi matin nous partions le Père Marysse et moi dans sa voiture en direction de la Belgique. À notre arrivée, nous sommes allés célébrer la messe sur la tombe du Père Damien, le nouveau saint. Nous avons couché dans une communauté de religieuses. Nous avons été bien accueilli, plus que bien. Les sœurs ont été vraiment généreuses avec nous.
L’avant dernière journée, le Père Marysse voulait aller voir à un endroit où on allait lui donner un autel, un tabernacle et différentes belles choses. Dans un petit coin, je vois un beau confessionnal – c’est ce que je désirais pour Citalá -. J’ai dit au Père: « Regardez comme le confessionnal est beau ». Il me dit : « tu le veux ». Oui, je le voudrais bien, mais il ne rentre pas dans ma valise. Ce n’est pas grave, on peut le mettre dans un conteneur. Alors, tout ce qu’on allait lui donner à lui, est devenu pour moi. Si vous voyiez tout ce que je vais recevoir. Set de salon vraiment beau, bureau, 250 chaises d’églises, etc…
Il y avait dans la cuisine, un beau meuble où on garde la vaisselle, vraiment très beau, je n’en avais jamais vu de pareil. Il avait au moins trois mètres de longueur. Au fond de moi, je le désirais, mais je n’osais pas le demander parce qu’il y avait des choses dedans. On était près de la porte de sortie, la dame me dit : « J’aurais une autre chose à te donner, si tu le veux, c’est à toi ». C’était justement ce beau meuble qui nous servira dans la salle à manger de la maison de retraite. Comme le Seigneur est bon, je sais que tout cela n’est pas pour moi, mais cela va servir à beaucoup de monde.
J’ai été très heureux de revoir le Père Pierre le Thanh, nous étions séminaristes ensemble à Ars. Merci Pierre de m’avoir accueilli dans ta paroisse. Merci à tous les gens qui m’ont accueilli. Merci pour le buffet canadien. J’étais content de voir les gens qui, depuis 4 ans environ, nous aident grâce à leur bol de soupe du carême.
C’était une joie pour moi d’aller aussi célébrer avec le Père Bertrand et de voir les gens qui nous ont aussi aidés. Cela m’a beaucoup touché pour les temps d’adoration que Bertrand a mis dans sa paroisse. J’ai reçu du Père Bertrand une belle, vraiment belle statue de Notre-Dame de Fatima. J’ai eu aussi la chance d’aller dans la paroisse du Père Marysse. Il y a quelque chose qui m’a beaucoup touché. Le samedi soir, le Père expose le Saint Sacrement durant deux heures. Pas beaucoup de monde vienne. Je crois qu’il est venu deux personnes, mais ce n’est pas grave le Père est là devant Jésus et lui présente tous ses paroissiens. Sans que les gens s’en rendent compte, ils reçoivent des grâces, mais cela reste dans le secret du Cœur de Jésus.
J’étais devant le Saint Sacrement et me questionnais sur ma générosité. Bien sûr, j’expose aussi le Saint Sacrement tous les jeudis, mais il me semblait que Jésus voulait plus. Les lundis, pour moi, ont toujours été sacrés. Je célèbre la messe seul, et je ne fais rien de spécial ce jour-là. Je me disais : « pourquoi est-ce que je ne donnerais pas une heure d’adoration à Jésus les lundis et que je donnerais l’occasion aux gens de venir à l’adoration » ? En revenant à Citalá, je leur ai dit que tous les lundis soir de 6 heures à 7 heures, j’exposerais le Saint Sacrement et qu’ils n’étaient pas obligés de venir.
Le premier lundi soir, j’avais préparé l’autel où j’allais mettre le Saint Sacrement et, 5 minutes avant 6 heures, je suis allé ouvrir l’église. A ma grande surprise, il y avait au moins une bonne trentaine de personnes qui attendaient. A la fin de l’heure d’adoration, il y avait plus de 100 personnes. Les lundis suivants, ce fut la même chose. Moi, j’étais certain qu’il n’y aurait pas plus de 5 ou 6 personnes qui viendraient.
Ce soir là, aussi chez le Père Marysse, le Seigneur m’a inspiré de mettre le Saint Sacrement dans le petit village de Los Planes. En Arrivant ici, j’ai réuni le responsable Don Carlos, Don Alfredo, Don Jesús pour leur annoncer que je mettrais le Saint Sacrement dans leur église. Je leur donnais une condition : il fallait que l’église soit ouverte au moins deux heures par jour avec une présence dans l’église. Que tous les jeudis, il y est au moins une heure d’adoration. Le Père Marysse m’a donné quelques petits Ostensoirs. Il y en aura un dans le Tabernacle et le jeudi le Ministre Extraordinaire de la Communion pourra le sortir et le mettre sur le tabernacle. Don Carlos n’a pas pu dire un mot. Il était ému, il ne pouvait pas parler, il aurait pleuré tellement il était content. Il y aura des personnes qui feront la décoration là où nous mettrons le beau tabernacle qui viendra de la Belgique. Il paraît qu’il y a d’autres tabernacles, alors, je pense à San Ramon, d’ici très peu de temps ils auront aussi le Saint Sacrement.
Quelques jours après mon arrivée, j’ai eu la merveilleuse grâce de recevoir la visite de ma sœur Marina et qui est venu avec le monsieur qui nous avait donné un bon montant d’argent pour terminer la chapelle. Je voulais que le village les accueille comme on accueillerait un Roi et sa Reine. Marina avait été le pont entre nous et ce monsieur. J’avais demandé aux gens de nous attendre à 4 :30 à un coin de rue. On est arrivée à l’heure pile de l’aéroport. Ils ont débarqué de la voiture et, tous en procession, nous sommes rentrés dans l’église, nous avons chanté le chant à Marie auxiliatrice et nous avons récité trois Ave Maria. Puis nous sommes sortis dehors afin que les gens puissent les remercier. Ensuite, un bon souper préparé par le conseil économique nous attendait.
La Providence fait bien les choses. J’avais dans le cœur le désir de mettre l’électricité éolienne. Paraît-il que nous l’aurons grâce à la générosité de ce bienfaiteur. Le matériel viendra fort probablement dans le conteneur que Mission El Salvador enverra en janvier.
Le dimanche avant leur départ, nous leur avons préparé un bon repas de viande cuit sur charbon de bois. Nous leur avons donné un petit cadeau en signe de remerciement. Mais le plus cadeau, ils le reçoivent de Notre Dame Auxiliatrice : la joie plein le cœur d’avoir fait quelque chose pour Elle.
Un jour, Don Santos qui nous a donné le terrain m’a dit que sa mère voulait me parler. En réalité, c’est encore elle la propriétaire. Entre la maison du voisin et la route, il y a au moins ½ arpent de terrain. Plusieurs personnes voulaient l’acheter mais la propriétaire n’a jamais voulu le vendre. Elle était par contre bien d’accord que ce terrain serve pour la Maison de Retraite. Mon idée est que ce terrain serve en partie pour faire un stationnement, ce qui nous manque.
J’avais été plusieurs fois la voir parce qu’on me disait qu’elle voulait me parler, et je voulais lui demander son prix, mais elle me disait d’aller voir son fils. Son fils me disait d’aller voir sa mère. Ce qui fait qu’un jour je me suis dit que je n’en parlerais plus. Sa fille de Boston, que je connais bien parce que je suis resté chez elle l’an dernier quand j’étais au Etats-Unis, était en visite à Citalá. Elle voulait absolument aller voir la chapelle et elle voulait aussi que sa mère vienne, parce qu’elle n’avait jamais voulu venir. Un jour, on y est allé. Elle a tellement trouvé cela beau de même que sa fille. Imaginez-vous, elle jouait sur cette petite montagne quand elle était enfant. Quand on est revenu à Citalá, la dame m’a dit qu’elle voulait me parler.
Le lendemain j’y suis allé. Elle m’a dit : « je ne te fais pas de prix pour ce terrain, mais si tu veux, tu peux me donner $25.00 ou moins ». Bien sûr, qu’on ne lui donnera ce petit montant. Alors quand elle m’a dit cela, je suis parti tout de suite pour aller voir ce terrain. En arrivant au détour pour se rendre sur le terrain, je me suis rendu compte que le tracteur était en train de réparer la route. Toutes les routes de la paroisse sont réparées quand la saison des pluies est terminée.
En face de la chapelle, il y avait un ramassis de toute sortes de choses, alors le monsieur du tracteur m’a offert d’enlever cela parce que me disait-il, cela nous ferait un peu plus de stationnement. En effet, cela nous donne de l’espace pour 5 autos de plus. Quand il eut fini, je lui ai offert de venir prendre un bon verre de coke froid. Il m’a dit : « c’est dommage que vous n’ayez pas plus de stationnement que cela ». Mais, lui ai-je dit, en haut, nous allons faire une entrée au pic et à la pelle, la propriétaire nous a donné ce terrain.
Si tu veux, me dit-il, je peux le faire avec le tracteur. J’aimerais beaucoup cela, lui ai-je dit, mais il faudrait demander la permission au maire, car c’est lui qui paie l’essence. Il lui a téléphoné et le maire a accepté. Il a travaillé pendant deux heures et il a fait quelque chose de vraiment très beau. Cela nous donnera du stationnement pour au moins 15 autos de plus. Ce terrain-là, je le désirais depuis le début. Les gens me disaient de le demander, mais je ne voulais pas le faire. Au fond de moi, je savais que je l’aurais. Mais quand, cela je ne le savais pas. Maintenant, c’est à nous et je vous assure que c’est un beau cadeau. Nous avons maintenant deux arpents de terrain pour notre maison de retraite spirituelle.
Il y a deux semaines, il y a eu une retraite de Renouement Conjugal. Sur les 22 couples, il y en avait 12 qui ne sont pas mariés et qui vivent ensemble depuis déjà quelques années. Toute la fin de semaine, je pensais à cela. Je me disais que le dimanche à la messe de clôture, j’allais leur annoncer qu’il y aurait un mariage collectif le samedi 19 décembre à la chapelle Marie Auxiliatrice. Cette semaine, ils ont commencé le cours de préparation. Je me disais qu’il faut battre le fer quand il est chaud. Je veux que ce soit une fête de paroisse. Les couples sont très contents et, s’il y a d’autres couples qui veulent se marier, on va le faire le même jour.
Le 18 décembre, nous aurons le repas de Noël dans le parc comme nous l’avons eu l’an dernier. On aura des chanteurs, gracieuseté du Corps de Police. Ils seront trois chanteurs et il paraît qu’ils sont bons. Il y aura aussi deux heures de Marimba, une musique que les gens aiment beaucoup. Nous ferons aussi notre grand tirage d’un frigidaire, d’une bicyclette, de $75.00, d’un $50.00 et d’un $25.00, d’un veau, d’un fauteuil, d’un beau collier, etc… En tout, il y aura 20 cadeaux.
Le 30 décembre, ce sera la fête de la Sainte Famille. Je sais que c’est une fête qui bouge, mais nous, nous la célèbrerons toujours le 30 décembre, le 29 au soir à 6 heures, nous nous retrouvons tous sur le terrain près du Cœur Immaculée de Marie. A 6 heures 30, nous irons à la chapelle en procession en faisant le tour de la chapelle avec un lampion et nous entrerons dans la chapelle. J’exposerai le Saint Sacrement pendant une heure et nous terminerons par la messe.
Je disais aux gens, la semaine dernière, quand nous étions tous réunis dans la chapelle : « Qui de vous a eu l’occasion de prier devant le Saint Sacrement exposé? Venez ce jour-là, présenter toutes vos intentions au Seigneur, toutes vos joies, toutes vos peines, toutes vos souffrances, tous vos enfants qui sont au loin ». Vous savez, les gens des petits villages, je crois que 90% des gens n’ont jamais eu cette chance de prier devant le Saint Sacrement.
Le lendemain, 30 décembre fête de la Sainte Famille, on se retrouve tous encore sur le terrain à 8 heures et nous aurons la messe à 10 heures. Bien sûr, il y aura ventes de repas pour que les gens n’aient pas l’intention de s’en aller. Dans l’après-midi, nous aurons le couronnement de la reine. Il y a environ 15 candidates jeune fille de 15 à 18 ans.
En terminant comme c’est la coutume, je veux vous souhaiter de passer de belles fêtes en famille. Au Québec, ne perdons jamais cette belle coutume. Les repas en famille cela me manque beaucoup ici. Je vais vous donner un exemple. Il est très possible que je sois invité dans une famille durant la nuit de Noël. Ici, on sert des sandwichs avec de la salade, concombres, tomates et des morceaux de poulet avec parfois de la peau, on voit que le poulet a eu la chair de poule. C’est très bon, mais je suis seul à manger le sandwich, les enfants jouent dehors, la mère est dans sa cuisine, et le père, s’il y en a un, on ne sait pas où il est. Je crois que les repas en famille sont des moments de grâce pour tous.
Je profite donc de l’occasion pour vous souhaiter un JOYEUX NOËL. Il est important en cette nuit de Noël de se porter dans la prière. Que mes intentions soient les vôtres et vos intentions soient les miennes. Il me fait plaisir aussi de vous souhaiter une BONNE, HEUREUSE ET SAINTE ANNÉE 2010. Il me fait plaisir de vous donner à tous ma bénédiction au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen
Unions de prières,
Réjean, prêtre
Casa Parroquial
Citalá Depto. Chalatenango
El Salvador. C.A
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