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Bonjour à tous,
Citalá, El Salvador
Le 10 août 2010
C’est une joie pour moi de prendre ces quelques instants pour vous donner encore de mes nouvelles. Ça me fait toujours plaisir de prendre du temps pour ce contact avec vous. Depuis ma dernière lettre, il s’est passé beaucoup de choses. Je vais commencer par la fin : la fin de semaine du 10 et 11 juillet, il y a eu une retraire du renouement conjugal. Il y a 30 couples de ma paroisse qui ont fait cette retraite. Après la messe, ici à Citalá, je suis allé confesser. Beaucoup de couples ne s’étaient pas confessé depuis 10 ans et plus.
Un monsieur est venu me voir. Ça faisait 22 ans qu’il ne s’était pas confessé. En 1988, un de ses garçons a été tué. A partir de ce moment-là, il a commencé à douter de Dieu. Il disait que c’était son meilleur garçon. Alors, il a décidé de rechercher ceux qui l’avaient tué. Il est allé voir des sorciers, on lui disait qu’eux pouvaient savoir qui était le tueur. Mais ceux du El Salvador ne le savaient pas. On lui a dit qu’au Guatemala, ils étaient meilleurs mais, là non plus, ils ne pouvaient pas le savoir. On lui a dit qu’au Mexique, les sorciers étaient des vrais. Il s’est acheté une arme pour tuer ces personnes. Au Mexique, on n’a pas pu lui dire qui avait tué son garçon. Il a dépensé près de $10,000 pour savoir qui était le tueur et, aujourd’hui, il remerciait la Sainte Vierge de ne l’avoir jamais rencontré, parce que c’est sûr qu’il l’aurait tué. Je dois vous dire que ce monsieur a toujours eu une grande dévotion à Marie. Quand j’ai reçu les statues de la Belgique, je lui en ai donné une belle de la Sainte Vierge.
Il n’allait plus à la messe. Il m’a dit une chose qui m’a fait beaucoup réfléchir. Le curé avant moi, durant ses homélies parlait beaucoup de politique paraît-il. Alors, il a arrêté d’aller à la messe. Quand je suis arrivé dans la paroisse, ses enfants lui disaient que je ne faisais jamais de politique. Alors, il est venu voir. Et depuis ce temps, il venait toujours à la messe, mais ne communiait jamais parce qu’il avait trop honte de raconter tout ce qu’il avait fait. Ça me réjouit beaucoup de voir tout ce que le Seigneur fait.
Comme je vous le disais, il y a 30 couples qui ont fait la retraite. Sur les 30, il y en a 11 qui ne sont pas mariés et qui vivent ensemble depuis plusieurs années. Alors, durant l’homélie, je leur ai dit que nous ferions un seul mariage et cela se ferait à la Chapelle Marie Auxiliatrice le premier samedi du mois d’août. Le maire va les marier civilement la semaine prochaine et ils se marieront à la chapelle, samedi le 7 août.
Le troisième dimanche du mois, les gens des villages viennent à la messe à Citalá ; les autres dimanches, ils font une célébration de la Parole dans leur village. Il y a un ministre de la communion dans chaque village. A Citalá, ce dimanche là, l’église est vraiment trop pleine, nous mettons toutes les chaises que nous avons et il y a au moins une bonne cinquantaine de personnes debout. Alors, j’ai décidé de célébrer une autre messe à 6 heures du matin le dimanche et l’autre est à 10 heures. Je vais voir ce dimanche 18 juillet. Maintenant, tous les dimanches, il y a des gens debout et je n’aime pas cela. Beaucoup reste dans la porte et passe leur temps à parler et voir ce qui se passe dans la rue. Je vais voir, si c’est nécessaire, je célébrerai toujours une deuxième messe le dimanche.
Grâce au conteneur que j’ai reçu de la Belgique, les gens de Los Planes ont maintenant le Saint-Sacrement. J’ai reçu plusieurs Tabernacles qui sont vraiment très beaux. Je leur ai demandé qu’il y ait quelqu’un dans l’église au moins deux heures par jour. Ils sont bien fidèles à cela. Tous les jeudis, ils font une heure d’adoration et terminent par une célébration de la Parole. Ce village pour moi, c’est vraiment une consolation.
Je suis en train de penser de mettre aussi le Saint-Sacrement à San Ramón. Les gens le désirent mais je leur ai dit qu’il fallait qu’il construise une petite salle pour faire leur réunion. Je ne veux pas qu’il fasse cela dans l’église quand le Saint Sacrement sera présent. Alors, ils ont commencé à la construire et, savez-vous qui est celui qui construit la chapelle : c’est Don Alfredo. Au début, il a travaillé à la Maison de Retraite pour construire la chapelle et il n’avait jamais posé un block de ciment de sa vie. Il a appris beaucoup et, aujourd’hui, je me réjouis que ce soit lui qui a obtenu ce travail. Je suis allé voir, j’ai cherché des défauts et je n’en ai pas trouvé. Je l’ai félicité.
Je veux aussi mettre la Présence Réelle dans le village de Lagunetas mais, à cet endroit, c’est plus délicat. Les gens « se mangent » entre eux. Nous avons fait le jour de la fête du Saint Sacrement la procession dans ce village. Deux familles voulaient que le Saint Sacrement entre chez eux mais les deux dames passent leur temps à se chicaner. Je leur ai dit que s’il n’y avait pas de réconciliation, je n’irais pas. Ils ont décidé de se réconcilier. Je leur ai dit que s’ils le désiraient vraiment, ils devaient arrêter de se chicaner, de se critiquer, sinon, jamais je mettrai le Saint-Sacrement dans ce village.
Le 31 juillet, nous aurons le couronnement du petit prince et de la petite princesse. Il y aura 24 enfants. Ce sera beau. A chaque enfant, nous remettrons un pupitre d’école avec une chaise que nous avons reçus dans le conteneur qui vient du Canada. Le petit prince et la petite princesse qui aura vendu le plus de votes à 0,05 cents sera couronné. Normalement, quand nous faisons une fête comme celle-là, nous cherchons un chanteur pour faire de l’animation. Cela coûte 150.00$ pour une heure. Je disais au Conseil Économique que je parlerais aux enfants de Los Planes s’ils pouvaient chanter ce jour-là. De plus, il y a deux jeunes qui jouent de la guitare. Ils ont dit « oui » et Don Carlos leur enseigne les chants. Ils ont pratiqué beaucoup, paraît-il, mais ils chanteront seulement trois chansons.
Alors, je me disais qu’il fallait trouver quelqu’un d’autre. Il y a un jeune d’El Chilo, dans une des maisons où il y a 16 enfants de 3 familles différentes, mais qui sont tous parents entre eux. Ils vivent tous dans la même maison. Il y a 6 enfants qui sont servants de messe. Ils viennent le jeudi à l’heure d’adoration, le samedi et le dimanche. Ces enfants-là ont un père qui ne vit pas avec eux. Les enfants dans la même famille ont tous un père différent.
Il y a un des jeunes qui s’appelle Pablo, il a 13 ans, mais n’est pas plus grand qu’un jeune de 8 ans du Québec. C’est un enfant super gêné. Au début, il ne voulait pas servir la messe mais, peu à peu, il se dégênait. Un jour, je l’entendais chanter une chanson genre Western chez nous. Je trouvais qu’il chantait bien. Je lui demande s’il voulait chanter le jour du couronnement de petit prince et de la petite princesse. Il a dit « oui » tout de suite mais j’avoue que je ne le croyais pas. Même son professeur me disait que c’était impossible. Je lui ai acheté du tissu noir pour faire un pantalon et du tissu noir pour une chemise. C’est grâce à un don d’un québécois, monsieur Toulouse, que j’ai pu faire ces achats. Ma sœur Marina lui donnera la ceinture, genre Western. Je filmerai le tout. Quand il est monté sur la scène, il me disait qu’il tremblait beaucoup. Il était nerveux et cela se voyait mais il a vraiment bien chanté. Ce jour-là, il y aura au moins trois cents personnes. J’ai l’intention de le faire aller plus loin. Il y a deux autres jeunes qui n’ont pas la voix aussi juste mais c’est quand même beau parce qu’ils se décident à chanter. Ce fut le petit prince de Los Planes qui a gagné et la petite princesse est celle de Zalguazapa. Cette petite fille a passé deux mois dans un hôpital parce qu’elle a été mordue par deux couleuvres venimeuses. Sa mère voulait lui aider et les couleuvres ne lui permettaient pas de s’approcher. Quand les 4 canadiens sont venus à Citalá, nous sommes allés célébrer la messe avec l’abbé Yves et il lui a imposé les mains. Elle était transportée dans les bras de sa mère pour venir à la messe et ils demeurent très loin. Les médecins avaient dit à sa mère qu’elle ne marcherait jamais. Aujourd’hui, elle va à l’école toute seule. J’étais vraiment content que ce soit elle qui ait été couronnée reine.
Nous avons formé une petite chorale. Ils sont une vingtaine d’enfants. J’ai dit au professeur que je voulais que tous les couplets soient chantés par un soliste. Dimanche, je suis allé à leur pratique, le professeur n’en revenait pas d’entendre chanter Pablo, il a une voie juste. Il y a aussi 4 autres jeunes qui chanteront en soliste. Il y a une jeune fille, cousine de Pablo qui chantera « Ô María Auxiliadora ». Elle chante vraiment très bien. Ce dimanche-là, tous les chants ont été chantés par un soliste. Ce fut un désastre, excepté le chant de communion et le chant de sortie. Les jeunes étaient vraiment nerveux. Je disais aux gens après la messe que, pour moi, cela n’était pas grave. Depuis que je suis dans la paroisse, je demandais à la chorale d’adultes de chanter en soliste et ces vieilles dames qui chantent depuis 20 ans, n’ont jamais voulu. J’ai demandé la même chose à la chorale de jeunes, mais ce fut la même réponse. Et maintenant, les enfants ont chanté en soliste. Même si c’était affreux, c’était beau et je les ai tous félicités et ils ont mérité un bon applaudissement.
Pour le chant de sortie, Kenia a chanté le chant de Marie Auxiliatrice. J’ai demandé aux gens de s’asseoir et ne pas sortir avant la fin du chant. Elle a chanté et elle a une voix superbe. Les gens étaient émerveillés. Aujourd’hui, cette jeune fille est fière d’elle. Le Saint Père Damien disait qu’il fallait sauver tout « l’homme », pas seulement le spirituel.
En avril prochain, au lieu de faire le Téléthon que nous ferons à chaque deux ans, nous ferons un festival musical. Je chercherai les talents dans tous les villages et ce sera une belle fête. Je pense que ceux qui auront un talent, il faudra les aider pour qu’ils aillent plus loin. Je veux faire de l’annonce pour que ces jeunes qui ont chanté au couronnement aillent chanter dans un autre village. Pourquoi pas?
Depuis que je suis prêtre, mais surtout depuis que je suis curé, il y a une chose qui me préoccupait beaucoup. Quand venait le temps de la confirmation, je passais une journée pour aller dans tous les villages pour confesser les jeunes. Les trois quart ne s’étaient pas confessé depuis leur première communion. Alors, je me demandais s’ils étaient vraiment prêts pour être confirmé, mais je ne pouvais quand même pas leur dire « non » une journée avant.
Cette année, il m’est venu une idée. Il y a plus de 100 jeunes qui seront confirmés le 19 novembre. Alors, j’ai demandé la liste des jeunes dans chaque village et aussi dans Citalá, et j’ai obligé les jeunes à se confesser une fois par mois quand je vais dans les villages. J’ai demandé la même chose aux jeunes de Citalá. Jusqu'à date, il y deux jeunes de Citalá qui n’ont pas accepté cela. Ils ont préféré se retirer. Mais ce n’est pas grave, sur la quantité, je préfère que deux se retirent, mais que les autres se préparent de la bonne manière. Je note le nom du jeune et la date de sa confession. Je leur disais que je faisais cela parce que je les aime et que c’est la meilleure façon de se préparer en se confessant tous les mois et en communiant tous les dimanches. Ça me fait plaisir de voir tous ces jeunes qui viennent communier.
Tous les vendredis soirs, nous avons notre réunion du Conseil Économique de la « Casa de Retiros ». Ce vendredi, j’ai commencé la réunion par une histoire vraie. Un jour je suis allé à Baie Comeau à la communauté Myriam Beth’léhem, fondée par Sœur Jeanne Bizier. Eux, ils vivent de la Providence, Sœur Jeanne me racontait qu’un jour, il ne rentrait plus de don de nourriture ou autres. Alors, elle a réuni ses membres pour leur demander s’il y avait quelqu’un qui n’était pas en paix avec l’autre. En effet, deux membres se sont levés pour lui dire qu’ils ne se parlaient plus depuis quelques temps. Ils ont fini par se réconcilier et les dons ont commencé à entrer.
Nous avons vécu quelque chose de semblable. Depuis plusieurs mois, il ne rentrait plus de dons. Je me suis rendu compte que deux personnes ne se parlaient pas. Alors, je leur ai fait prendre conscience que nous n’avions plus de dons. L’argent entre mais c’est à coup d’efforts. Je leur ai dit que je savais cela et que je leur demandais de se réconcilier le plus tôt possible car, s’ils ne voulaient pas le faire, ils devaient quitter le Conseil. Le dimanche suivant, une dame vient me trouver après la messe pour me dire qu’elle donnait $1000.00 pour notre Maison de Retraite spirituelle. J’ai hâte de leur annoncer cela vendredi soir. Alors, j’ai demandé à un des messieurs, s’ils s’étaient réconciliés. Il m’a dit oui.
Le travail à la Maison de Retraite avance à petits pas. On a toujours le problème de vol, pas de gros vol mais on nous vole toujours. Nous avons presque fini de terminer la clôture de 2 mètres de hauteur car cela est urgent. Aujourd’hui, nous sommes le 4 août. On s’est réuni presque toute la journée pour préparer des demandes de dons. Nous avons besoin de recevoir de l’aide parce que, seulement avec les dons des gens de Citalá, ce serait difficile de terminer. J’ai une liste de certains organismes et nous enverrons une lettre à chacun, accompagnée aussi de la lettre de mon Évêque. Il y a quelque chose de beau que je veux vous dire : Actuellement, nous avons 45% de fait de tout le projet de la Maison de Retraite « La Sainte Famille ».
En fin de semaine dernière, comme je vous le disais plus haut, nous avons eu le couronnement du petit prince et de la petite princesse et ce fut une belle journée. Il y a 4 enfants de Los Planes dont deux jouaient de la guitare, (un des enfants est le fils de Don Carlos) et qui ont chanté pour la première fois de leur vie devant 400 personnes. Ce fut vraiment beau. J’étais fier d’eux. Plus tard dans l’après midi, le fils de Don Carlos qui est un enfant super gêné a chanté lui aussi pour la première fois. Il y a environ 6 mois, je leur ai acheté une guitare, et aujourd’hui, je les vois jouer de la guitare et je les entends chanter. Il y a de quoi être fier. Le père d’un des jeunes de Los Planes me disait qu’il regardait son enfant de douze ans chanter et il avait les larmes aux yeux. Il était fier de lui.
Il y a trois autres jeunes qui ont aussi chanté, dont Pablo. Cet enfant, le jeudi avant la fête, ne parlait plus à cause d’une grosse grippe. Je suis allé à la pharmacie et on a donné des médicaments en espérant qu’il serait mieux le samedi. En effet, il a chanté la première chanson assez facilement, mais la deuxième il n’a pas pu la terminer. Le public l’a applaudi beaucoup.
Hier le 2 août, je suis allé à une fête. Je savais qu’on jouerait de la musique et alors, sans lui dire le pourquoi, j’ai invite Pablo. A un moment donné, ils ont demandé à Pablo de chanter une chanson. Ces hommes qui jouent de la guitare sont des professionnels. Ils ont trouvé que Pablo chantait très bien. Alors, un des trois messieurs lui a demandé s’il voulait apprendre à jouer de la guitare et que lui-même lui enseignerait. Pablo était vraiment content. Le soir du 9 août, nous sommes allés à Los Planes et il a eu son premier cours. Si tout va bien, je crois que je lui achèterai une guitare.
Depuis un mois, nous avons donné du travail à un monsieur de Los Planes. Il a deux enfants encore à la maison. Ce monsieur a été longtemps protestant et ces deux enfants de 10 et 13 ans ne sont même pas baptisés. Je suis allé célébrer la messe dans ce village et après on m’a invité à aller dîner. Après le diner, la dame s’est assise et elle a commencé à parler. On les avait invité à la retraite du Renouement Conjugal, mais son mari n’est pas venu. Elle me disait qu’elle demandait à Dieu d’ouvrir le cœur de son mari parce qu’elle voulait se marier pour pouvoir se confesser et communier. Aussi elle était très contente que son mari ait maintenant un travail à la Maison de Retraite et aussi parce que son mari enseignait à jouer de la guitare à ses deux garçons pour qu’ils puissent chanter le jour du couronnement du petite prince et de la petite princesse. Le lendemain matin, elle était morte. C’était presque incroyable.
Imaginez-vous depuis très longtemps elle avait des douleurs énormes dans les jambes et les genoux et elle ne pouvait presque plus marcher. Un jour, elle est allée à une messe à la Maison de Retraite et elle a senti que Marie Auxiliatrice l’a guérie. À partir de ce jour-là, elle y allait toujours a pied comme pour remercier la Vierge pour ce cadeau.
Vendredi le 6 août, jour de la Transfiguration de Notre Seigneur et fête patronale en El Salvador, un groupe de personnes sont allés préparer la chapelle Marie Auxiliatrice pour les mariages du lendemain. Durant la nuit, il a plu énormément. Le lendemain, nous sommes partis à 6 :30 a.m. pour terminer les préparatifs pour les mariages. A peu près à 5 km de Citalá, la route était bloquée. À plusieurs endroits différents, il y a eu de gros éboulis et ll y avait plus de 2 mètres de boue sur la route.
Il y avait un tracteur qui a commencé à déblayer mais une pièce du tracteur s’est brisée. Donc, vers 9 heures, nous avons téléphoné aux gens de Los Planes et de San Ramón pour qu’ils viennent à Citalá pour le mariage. Alors, nous avons décidé de retourner à Citalá et de faire les 10 mariages à 11 heures. Tout s’est bien déroulé. Il y avait un camion qui amenait les gens jusqu’á l’éboulis, les gens traversaient la mare de boue et, de l’autre coté, le camion de la Maison de Retraite ramenait les gens à Citalá. Dieu sait ce qu’Il fait et ce qu’Il fait est toujours bien fait. La route a été ouverte vers 5 heures de l’après-midi.
Ce soir, 10 août à 5 heures je vais réunir tous les responsables de tous les groupes dans Citalá. Nous serons 40 personnes. Nous aurons ensemble une demi-heure d’adoration. Ensuite, nous aurons une heure pour partager sur leur groupe. Puis nous souperons ensemble. Le but de cette rencontre est de nous réunir et de nous unir, ou plutôt d’unir les groupes ensemble. Il y a encore quelques jalousies dans les groupes, beaucoup moins pire qu’avant, mais cela existe encore.
Le 13 septembre, je fêterai mes 7 ans de vie sacerdotale. Sept années déjà. Je peux dire que ces années de curé ont été jusqu'à date les plus belles années de ma vie. Rien n’a été parfait et j’ai beaucoup de choses à changer. Mais une chose me vient à l’esprit : Lorsque je suis entré dans l’Institut Séculier Pie X, j’aimais beaucoup dire la prière à Saint Pie X. Il aimait beaucoup la Sainte Vierge. J’ai toujours demandé ce que nous disions dans la prière : Audace apostolique, zèle des âmes et une foi audacieuse.
C’est le zèle des âmes qui nous aide à avoir de l’audace dans l’apostolat et, pour avoir de l’audace, il faut avoir une foi audacieuse. Quand le Seigneur met un projet dans notre cœur, il ne faut plus douter. Il faut avancer, souvent à contre-courant et souvent tout seul. Il faut aussi aimer Marie. Aujourd’hui, je vois qu’il y a au moins le double de monde qui vient à la messe le dimanche que quand je suis arrivé à Citalá. Il y a peut être 25% de pratique religieuse, mais où sont les autres ? Je pourrais me sentir orgueilleux pour voir que la pratique religieuse a doublé sur une période de 4 ans et demi mais où est l’autre 75% ? Ils ne sont pas tous protestants. Le plus difficile, je crois, ce sont les indifférents, même dans l’église.
Un jour, j’ai eu vraiment honte à la messe du jeudi soir. Je parlais aux gens de l’amour de Dieu pour nous, je sentais que Dieu m’aimait et que je l’aimais et j’aurais tellement voulu que les gens ressentent la même chose. J’ai été obligé d’arrêter de parler aux moins pendant deux minutes. Très souvent, quand je parle de l’amour de Dieu, il faut que je me retienne, parce que je ressens en moi que certaines personnes sont tellement indifférentes. Mais je dis souvent que pour arriver à aimer Jésus de tout notre cœur et de sentir au plus profond de nous que nous sommes aimés de lui, il faut dire souvent, très souvent à Jésus que nous l’aimons.
Voilà, je vous laisse. J’avais commencé cette lettre le 15 juillet et je n’avais jamais pu la terminer. C’est pour cela que c’est peut-être un peu mélangeant pour vous mais je n’ai pas le temps de tout recommencer. J’arriverai au Québec le 22 août et j’y serai jusqu’au 20 septembre. Je voudrais en terminant vous donner ma bénédiction. Quand je la donne, je suis certain que c’est Jésus lui-même qui vous bénit et c’est pour cela que ça me fait si plaisir de bénir. Je vous bénis de tout cœur au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen
Priez pour moi, Réjean ptre
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