Bonjour à tous
Citalá, El Salvador
Le 24 février 2011

Réjean LachanceBonjour à tous,

C’est une joie et en même temps une nécessité de pouvoir vous donner encore une fois de mes nouvelles. J’espère que vous allez tous bien! L’hiver tire à sa fin, le printemps approche et cela, j’en suis sûr, rempli votre cœur de joie. Ici à Citalá, il se passe des choses merveilleuses. J’espère pouvoir vous l’expliquer du mieux que je pourrai. Comme vous le savez, nous aurons le 1 et le 2 avril notre premier festival de chants. Je vais vous rappeler comment cela a commencé.

J’ai des servants de messe qui viennent d’un Caserio (hameau) du nom de El Chilo. Ils sont 5 de la même famille. Ils sont très gênés, mais je les forçais à répondre à la messe et aussi à chanter. Au début, j’en ai arraché pour leur sortir un son mais, peu à peu, ils ont commencé à répondre parce que je les obligeais aussi à chanter. Un jour, j’ai entendu chanter Pablo pour la première fois. Je trouvais qu’il chantait bien. Après la messe, je l’ai appelé et je lui ai demandé de me chanter quelque chose. Au début, il ne voulait pas. Je lui disais : « Pablo, tu chantes très bien, ça vaut la peine que tu essaies et, si tu te trompes ou que tu oublies les paroles, ce n’est pas grave. J’ai insisté et il a fini par accepter.

Je lui avais demandé s’il accepterait de chanter au couronnement du petit prince et de la petite princesse le 31 juillet dernier. Il a dit « oui ». Je suis allé dans le village de Los Planes et j’ai demandé aussi à trois autres enfants entre 10 et 12 ans s’ils voulaient chanter. Ils ont tous dit « oui ». J’ai choisi aussi quelques adultes. C’était une première. Jamais une personne de Citalá n’avait chanté devant une foule. Normalement pour une fête comme celle-là, nous demandions à quelqu’un de l’extérieur que nous devions payer 150.00$ de l’heure. Je prenais un risque car, à la dernière minute, ils auraient pu se retirer. Mais ça valait la peine d’essayer.

Les parents de ces 4 enfants étaient présents quand leurs enfants ont chanté. Ils étaient nerveux. Un monsieur ne voulait pas trop que son enfant aille chanter devant le monde, il avait peur qu’il ait l’air fou devant un gros public. Quand cet enfant a chanté devant un public d’au moins 400 personnes, son père avait les larmes aux yeux. Je suis allé le voir et lui ai demandé s’il était fier de son enfant. J’ai failli le faire pleurer encore plus. Quand j’écoutais ces enfants chanter, je me disais : « comment est-ce qu’on peut cacher autant de talents». Ces enfants peuvent aller plus loin. À ce moment-là, il m’est venu l’idée de faire un festival de chants et de chercher des chanteurs dans tous les 10 villages où je suis le curé, ainsi qu’à Citalá, et de les faire chanter à ce festival. Les gens me disaient qu’on pouvait faire cela dans un après-midi, je leur disais que non, il fallait faire un 24 heures. Ça été un peu difficile de faire accepter cette idée mais, peu à peu, ils se rendaient compte que les gens ont besoin de chanter, les enfants comme les adultes. Alors j’ai commencé depuis septembre à faire de l’annonce après chaque messe. Les gens s’inscrivaient peu à peu. À Citalá, nous avons 38 personnes qui se sont inscrites, ça s’est un miracle.

Durant tout le mois de février, après chaque messe dans les villages, nous faisions la pratique de chants. Je notais tous les chants. Et ce sont ces chants-là qui devront être chantés durant le festival. J’ai besoin de savoir ce que chaque personne va chanter pour vérifier sur Internet si c’est une chanson digne d’être chanté au festival. En plus, j’ai demandé quelque chose aux filles et aux dames. Je leur ai demandé de venir chanter en robe ou en jupe. Je leur ai dit que personne ne chanterait au festival en pantalon, bien sûr, excepté les hommes. La raison : nous inviterons beaucoup de monde de l’extérieur et je veux que Citalá soit reconnu comme un village qui se respecte. J’ai demandé cela parce que la mode n’est pas très belle. Elles ont quasiment la chemise de leur baptême, tellement c’est court Aujourd’hui, j’ai terminé le dernier village pour le mois de février et toutes les filles ainsi que les dames sont venues en robe. Je leur ai dit que j’étais fier d’elles.

Maintenant, j’aimerais vous dire ce qui se passe à Citalá à cause de ce festival. Il y a un regain de joie. Je vais vous raconter l’histoire de deux personnes pour vous montrer comment les gens au fond d’eux-mêmes ont ce besoin de chanter. Don Jésus, de Los Planes, joue de la guitare. Il joue à la messe et aussi quand il y a une fête mais il ne chante pas. Pourquoi? Parce qu’il est gêné. Un jour, il voulait que je lui donne une perceuse parce que j’en avais deux. Je lui ai dit que je la lui donnerais après le festival s’il acceptait de chanter. En février, quand je suis allé à la pratique de chants. Il voulait me demander de ne pas chanter et d’attendre au mois de mars. Je l’ai vu venir et je lui ai dit que je savais ce qu’il me demanderait et la réponse était « non ». Il devait comme tout le monde, faire cette pratique de chants.

Il était nerveux, les lèvres lui tremblaient. J’ai filmé toutes les pratiques de chants. Il a commencé à chanter et je vous avoue qu’il chantait très bien. Après le chant, il rayonnait. Il souriait et était fier de lui. Il me disait qu’il avait été libéré de quelque chose. Après, je le regardais jouer de la guitare et il avait toujours un sourire. Il me disait : « je ressens une grande joie intérieure et je suis fier de moi ». Je me disais si ce festival aura seulement fait cela, ça valait la peine.

Hier le 22 février, j’ai célébré la messe ici à Citalá et je suis allé aussi célébrer la messe à San Ramón. A deux heures, je devais être à Lagunetas pour une autre messe. Ici la coutume, après 9 jours de neuvaine pour une personne qui est décédée, les gens demandent une messe. Le monsieur était ministre de la Communion, alors je suis allé célébrer la messe dans la maison parce que c’était un caserío et il n’y a pas d’église. Alors deux dames de Citalá, Marina, épouse de Don Oscar, et Selenia voulaient aller à cette messe. Après la messe de San Ramón, il y avait aussi une pratique avec ceux qui chanteront au festival. La dame Marina me disait qu’elle aimerait chanter mais elle était trop gênée. Alors, j’ai annoncé après la messe que nous aurions une pratique de chants et que la dame Marina et Selenia allaient aussi chanter.

Quand ce fut le tour de Marina, elle s’est levée, elle était rouge comme un coq, mais elle a chanté pour la première fois de sa vie. Elle n’avait jamais chanté devant ces enfants, ni devant son époux. Elle chantait très bien et je lui ai dit que c’était un péché de cacher un talent aussi beau. Après, elle souriait tout le temps. Elle était fière d’elle. Hier soir, tout le conseil de pastorale m’ont fêté. Ils ont fait un souper. J’ai demandé à Marina de chanter les couplets de la même chanson qu’elle avait chantée et que tout le groupe allait chanter le refrain. Ella a accepté et tout le groupe l’a applaudie.

Tout cela parait beau mais beaucoup de gens me critiquent. Ils disent que chanter des chants Ranchera (Western), c’est être du côté du diable. Beaucoup de catholiques pensent que c’est un péché de chanter ces chants. Je m’en fous un peu car je vois que ce sera une grâce pour Citalá. Dans le village de El Hornito, il y a seulement un jeune de 16 ans qui va chanter. Les autres me disaient que si j’acceptais qu’ils chantent des chants religieux, eux, ils accepteraient de chanter. Je leur ai dit : « non personne ne va chanter des chants religieux et voulez-vous savoir pourquoi? C’est parce que je veux vous enlever cette idée fausse de la tête que chanter des chants Western est un péché ». A la fin, une dame de ce village a accepté de chanter un chant Western.

Il y a encore quelque chose de plus beau qui se passe. Depuis mon retour du Québec au mois de septembre, j’ai acheté 8 guitares. Quand la paroisse me donne le salaire du mois $150.00, j’achète une guitare, mais je ne la donne pas, je la prête jusqu’à ce que l’enfant puisse jouer. Quand il joue dans l’église où ailleurs, la guitare est à lui. J’avais donné une guitare à Pablo en septembre parce qu’il voulait apprendre à jouer. Je lui ai dit que, si à Noël, il ne jouait pas il devait me la rendre. Il a eu 14 ans, sa voix mue, donc il a plus de difficulté à chanter. Alors il m’a remis la guitare à Noël. Aujourd’hui, il regrette et je vais probablement en acheter une autre.

Quand j’étais au Canada, Mathieu m’a donné 150.00$ pour acheter deux guitares. Je les ai remises à deux jeunes de Los Planes. Ensemble avec mon frère Jean-Paul qui nous visitait, nous avons acheté une petite guitare pour un enfant de 5 ans. Quand son père et sa mère ont une réunion, il accompagne les chants. Comme vous le pouvez le voir, c’est un autre bienfait du festival car on commence à avoir de grands musiciens. Et ce n’est pas tout. Dernièrement, nous avons été invités à la fête d’une dame de 94 ans à Los Planes. Claude et Francine de la Beauce, en visite à Citalá, étaient là aussi. Les enfants, pour faire plaisir à leur mère de 94 ans, ont invité les « Mariachis ». Je les regardais chanter et, à un moment donné, il m’est venu une idée. Pourquoi est-ce que je ne formerais pas un groupe de Mariachis enfants avec les jeunes de Los Planes. J’ai fait venir les jeunes. Ils sont 9. Je leur ai demandé s’ils aimeraient faire partie d’un groupe d’enfants Mariachis. Ils étaient fous de joie. Je leur ai dit que je leur apporterais des choses du conteneur de la Belgique pour vendre et, qu’avec cela, ils pourraient s’acheter le costume, le sombrero, etc… J’ai demandé à un monsieur s’il accepterait d’être en charge de ce groupe. Il a accepté. C’est un très grand musicien et aussi très exigeant. Il veut quelque chose de beau. Alors, j’ai dit aux enfants que s’il lui obéissait, ils pourraient aller très loin. Deux des enfants de ce monsieur feront partie de ce groupe.

Quand je suis allé à Zalguazapa pour la pratique de chants avec ceux qui vont chanter au festival, j’en ai été bouleversé. Là-bas, il y a 8 enfants qui chanteront au festival. J’en étais ému. C’était tellement beau. Les enfants sont tellement beaux. On voit la beauté de leur âme dans leurs yeux. J’avais écouté un jeune chanter en novembre quand ma sœur Marina est venue. Il ne chantait pas très bien. Mais cette fois-ci, c’était tellement beau. En plus, il apprend à jouer de la guitare. Je l’ai appelé et je lui ai dit : « tu chantes très bien et tu as fait de gros progrès » : Il m’a répondu : « c’est parce que je me suis agenouillé devant Marie et je lui ai demandé la grâce de chanter et aussi de pouvoir jouer de la guitare ». Il m’a fait sortir presque toutes les larmes que j’avais dans les yeux. J’ai fait venir tous ces jeunes et je leur ai dit : « Voulez-vous faire partie d’un groupe d’enfants Mariachis ? » « Mais, m’a dit le plus vieux, nous n’avons pas de guitare, pas de costumes, pas de chapeaux. » « Cela n’est pas grave, leur ai-je dit, vous commencez comme cela et, peu à peu, vous achèterez ce que vous aurez de besoin. Moi, je m’occupe de vos guitares. »

J’ai parlé au curé de San Miguel de Mercedes s’il accepterait que nous allions faire une soirée Western dans sa paroisse. Il m’a dit oui. Jeudi dernier, je suis allé célébrer la messe dans sa paroisse, à 6 heures du soir, pour l’annoncer aux gens. Je leur ai dit qu’il n’y aurait pas de prix d’entrée mais, qu’à la fin, il y aurait une collecte et que tout l’argent serait séparé entre les jeunes qui auront chanté. Ce samedi 26 février, nous irons là-bas avec trois jeunes de Zalguazapa entre 11 et 16 ans. Trois jeunes de El Chilo entre 5 et 14 ans et 4 jeunes de Los Planes entre 5 et 12 ans et quelques adultes qui sont les parents des plus petits. Nous partirons de bonne heure le matin pour aller faire un tour de bateau. Cela les fascinera. Samedi dernier, nous avons eu la formation comme nous l’avons tous les mois. Un prêtre est venu pour nous donner cette formation. Ce fut très bien. Il veut que nous allions dans sa paroisse et nous irons. Il y a aussi le curé de El Paraiso qui veut aussi que nous allions chez lui. Vous comprenez que cela donne vie dans la paroisse.

Qu’est-ce qui se passe maintenant? C’est que beaucoup de gens veulent chanter au festival. Nous avons déjà 150 chanteurs - pas un n’est professionnels – et parmi eux, il y en a sûrement 140 qui n’ont jamais chanté en soliste devant un public. C’est cela qui m’émerveille. Nous aurons environ près de 400 chansons. Donc, le festival commencera par la messe à deux heures de l’après-midi. Après la messe, il y aura la préparation et, à 4 heures, ce sera le début. Il y aura 30 minutes de chants religieux, chantés par des enfants. Ce sera un temps de prières. Le festival durera toute la nuit et se terminera samedi à 6 heures par la célébration de l’Eucharistie.

Le Conseil économique de la Maison de Retraite dont je fais partie fera aussi une pièce de théâtre qui pourrait durer une demi-heure. Cela fera rire les gens à en pleurer. Nous le ferons en pleine nuit, probablement à deux heures du matin. Cela, afin que les gens n’aillent pas se coucher. Nous aurons aussi durant le festival un gros tirage. On aura 25 cadeaux. Ce sera le revenu pour la Maison de Retraite car tout le festival se déroulera dans le parc et il n’y aura pas de prix d’entrée. Il y aura vente de nourriture jour et nuit. Le plus intéressant peut-être, c’est qu’à chaque chanson, ce sera un nouveau chanteur. Par exemple, un chanteur aura trois chansons. Il en chantera une à 9 heures du soir, l’autre peut-être à 4 heures du matin et la dernière pourra être chantée dans l’après-midi. Certains villages m’ont demandé que leur groupe chante à peu près en même temps. J’ai refusé parce qu’ils pourraient s’en retourner chez eux et, que passer une nuit sans dormir, ne les tuera pas.

Maintenant, qu’est-ce que ce festival a fait pour moi personnellement? Beaucoup de choses. Quand je vois des gens qui chantent pour la première fois de leur vie et, qu’ils se sentent libérés, cela me remplit de joie. Quand je vois dans les yeux des enfants une espérance de quelque chose de beau qui s’en vient, cela me rend vraiment joyeux et je n’arrête pas de dire « merci » au Seigneur. Il n’y a rien de plus beau que de voir mes paroissiens heureux. De les voir heureux, cela me rend heureux et je n’arrête pas de remercier le Seigneur et de prier pour ce festival. En plus, toute ma vie sacerdotale a été bouleversée. Je me rends compte que je suis un père et, comme tous les pères, de voir mes enfants heureux, cela me rend heureux. J’ai comme une certitude à l’intérieur de moi : le village de Citalá en sera transformé. Vous savez que Citalá est le dernier village du pays. Ce village a toujours été abandonné à tous les points de vue, même et surtout au point de vue religieux. Ce n’est pas la faute des autres prêtres qui venaient ici, c’est que leur territoire était trop grand. Alors, les gens de Citalá, ont toujours été considérés comme des gens qui ne valent pas grand-chose. Les gens disent de Citalá, ce qu’ils disaient de Nazareth : « Qu’est-ce qui peut sortir de bon de ce village? » Même le prêtre qui desservait Citalá avant moi, me disait que les gens de Citalá n’étaient capables de rien.

Quand nous allons dans n’importe quelle partie du pays, nous voyons des annonces de San Ignacio (village voisin) qui est à tant de kilomètres, nous voyons des annonces de La Palma, mais je n’ai jamais vu une annonce de Citalá. Cela m’a toujours fait mal. Cela a une grande influence sur les gens car Ils sentent qu’ils ne valent rien. Ils ne prennent jamais de décision tous seuls. C’est pour cela que je les pousse et je leur dit qu’ils sont capables. Quand nous avions de la formation pour des groupes, il fallait toujours appeler des groupes de l’extérieur. Plusieurs sont allés à La Palma pour la formation pendant 10 – 15 – 20 ans mais les curés ne leur ont jamais demandés pour donner un thème à une formation.

Maintenant, quand nous avons la formation et que nous n’avons pas d’invités, je dis à quelqu’un : « tu as un mois pour te préparer parce que c’est toi qui va donner la formation à ton groupe le mois prochain ». Au début, ils chialent un peu mais je leur dis qu’ils sont capables et qu’ils doivent préparer la formation dans la prière. Après la journée, ils sont fiers d’eux, mais pas seulement eux-mêmes, mais tous les gens. Bien sûr, je suis près d’eux mais je les laisse faire.

Vous savez, je veux vous dire en terminant : « Si vous saviez comme je suis heureux d’être prêtre ». Qu’est-ce qui me rend si heureux? Bien sûr, c’est la messe de tous les jours. C’est aussi la prière de tous les jours, même si je suis fatigué le soir, je suis à l’église pour prier mon bréviaire. Ce qui me rend aussi heureux, c’est de voir les gens cheminer et avancer dans la vie spirituelle, c’est de voir aussi, grâce à ce festival qui s’en vient, que les gens deviennent de plus en plus fiers d’eux, et cela me réjouit. Le Père Damien disait qu’il fallait sauver toute la personne, tout l’être, et je sens que c’est ce qui se passe avec ce festival. Pardonnez-moi si je vous ai parlé dans cette lettre que du festival mais j’avais besoin de vous raconter ma joie parce que le Seigneur est en train de transformer cette paroisse. Je me sens vraiment pasteur. Je sais que je serai un bon pasteur si je suis toujours connecté sur Jésus.

Le matin, je célèbre la messe à 6 heures et je suis dans l’église en aube 15 minutes avant la messe. À 4 :30 a.m. je suis dans l’église pour prier mon bréviaire. Quand je me lève le matin, je suis heureux. Quand je me couche le soir, je suis aussi heureux. Une grande grâce que le Seigneur m’a donnée, c’est que rien ni personne m’empêche de dormir. Pourquoi? Parce que je suis sûr que je suis aimé du Seigneur et, si je me sens aimé de Lui, comment est-ce que je pourrais encore me préoccuper pour quelque chose. Le Seigneur m’aime, je l’aime et cela me suffit.

Depuis quelques temps, je suis tellement plein de joie que je dis souvent au Seigneur ce que Don Bosco avait mis dans son bureau, ça disait : « Seigneur, donne-moi des âmes et prend tout le reste ». Je le répète souvent au Seigneur : « Donne-moi des âmes, prend ma santé, prends-moi au complet et donne-moi des âmes pour que je puisse te les redonner ». Je demande au Seigneur de venir me chercher quand je serai en train de travailler et, si c’est sa volonté, en célébrant l’Eucharistie. Je peux être dans un lit très malade et être en train de travailler au salut des âmes, si j’accepte tout par amour pour Jésus.

Quand je vais dans un village, que des gens m’accompagnent et que nous devons marcher beaucoup, ils se disent souvent entre eux : « Pourquoi le padre, ne se plaint jamais? » D’autres me le demandent et je leur dis qu’il faut apprendre à souffrir en silence, ne jamais se plaindre. Il faut apprendre à garder tout dans son cœur comme la Vierge Marie le faisait et de tout offrir au Seigneur. Cela nous remplis de joie. Quand nous nous plaignons, nous avons déjà notre récompense.

Si vous avez quelques guitares de trop, vous pouvez en « jeter » quelques-unes dans le conteneur qui partira au début d’avril 2011. Si vous connaissez aussi des fabricants de guitares, peut-être qu’ils accepteraient d’en donner quelques-unes et de recevoir un reçu d’impôts. Chaque chanteur aura un cadeau. Il choisira un numéro et ira chercher l’enveloppe qui portera ce numéro. Je ne sais pas si j’aurai le temps mais j’ai l’intention de dessiner le monde et de mettre les couleurs de chaque continent. Les gens choisiront un numéro. Disons que c’est le numéro 25 de couleur rouge. Ils devront trouver le numéro 25 dans le continent Américain.

Nous avons fait le tour de toutes les épiceries, les restaurants de la paroisse. Tous ont donné une valeur de $10.00 pour acheter de l’épicerie. J’ai reçu aussi 17 coupons pour une coupe de cheveux ce sera donc 17 cadeaux. J’ai reçu aussi $150.00 qui feront 15 cadeaux de $10.00. Tous les restaurants donnent un ou deux repas. Actuellement, j’ai 130 cadeaux. Il en manque seulement 20.

Je vous demande de porter mes paroissiens dans la prière, de porter ce festival dans la prière et le sacrifice et pour que j’aie aussi la grâce d’aller jusqu’au bout de la course. Rappelez-vous que le 13 de chaque mois, l’Eucharistie est célébrée pour tous nos bienfaiteurs qui nous aident non seulement sur le plan financier mais aussi sur le plan spirituel. Que le Carême qui commencera bientôt soit pour vous un temps de grâces. C’est une joie pour moi, de vous bénir au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.



Padre Ernesto (Réjean) Lachance
Casa Parroquial
Citalá. Dept. Chalatenango
El Salvador. C.A.


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