Bonjour à tous
Citalá, El Salvador
Le 3 mars 2012

Réjean LachanceBonjour à tous,


Aujourd’hui, en ce temps du Carême, je vous écris parce que j’ai le besoin de vous raconter tout ce que le Seigneur a fait ces derniers temps. Je veux vous le raconter afin de vous donner ce témoignage : Jésus est vivant et nous avons tous une Mère extraordinaire : la Vierge Marie.

Dieu sait que dans le fond de mon cœur, je suis plein de reconnaissance, parce que c’est Lui qui agit, c’est Lui qui transforme. Moi, je ne suis qu’un instrument inutile si je ne laisse pas le Seigneur me conduire. Si je mets un marteau sur la table et s’il n’y a personne qui s’en sert, il devient un instrument inutile. Si le marteau ne se laisse pas conduire, il ne sert à rien. Si moi, je ne veux pas que le Seigneur se serve de moi, si je ne me mets pas disponible dans ses mains, je ne sers plus à rien et je deviens un instrument inutile.

Ici dans ma paroisse, il y a beaucoup de transformations, cela je le dois à Marie, c’est à cause d’Elle. Elle est la Mère de chacun de mes paroissiens, elle est la Mère de ma paroisse. Cette Mère, nous l’appelons ici : Notre Dame Auxiliatrice. Avant mon arrivée comme membre de l’Institut Pie X, elle n’était pas connue ici. Aujourd’hui, elle est aimée, elle est chantée, elle est priée. Les gens viennent lui crier « Au secours ».

Ces derniers temps, nous avons vécu dans la paroisse de très grands moments que nous ne pourrons plus jamais oubliés. Le premier moment fut le premier samedi d’octobre lorsque, nous avons eu à la chapelle Marie Auxiliatrice la messe d’action de grâces pour les sacs de ciment que nous avons reçus. Après la messe, j’avais invité les gens à s’approcher de Marie et de lui demander des grâces, de demander la guérison, de demander des choses impossibles. Et ce jour-là, Marie a guéri. Je veux vous rappeler le petit enfant de Don Carlos qui a été guéri. Et les parents ont donné un témoignage dans l’église.

Un musicien de Citalá a été très malade. Il avait un cancer. Sa fille, ce jour-là, a demandé à Marie de le guérir. Elle a décidé de retourner à pied à Citalá qui est à 14 kilomètres pour remercier Marie pour la guérison de son père. Le mardi suivant, il devait être opéré, les médecins lui ont passé une radiographie et il n’y avait plus rien. Ils étaient 4 médecins dont la femme médecin de Citalá, et ils ont dit que c’était un miracle. Elle a donné son témoignage dans l’église.

Le troisième samedi de janvier, nous avons eu la journée de formation et nous avons terminé par la messe célébrée par Monseigneur Luis, mon Évêque. Un monsieur était très malade, il était condamné. Ce jour-là, il voulait absolument venir à la messe dans la chapelle Marie Auxiliatrice. De sa maison à la route, il a marché une heure et demie dans la montagne. En plus, le chemin qui mène à la maison de retraite a un peu moins d’un kilomètre, ça lui a pris une heure et demie pour faire ce chemin. J’avais dit à son épouse que j’irais le chercher s’il venait, mais il a voulu le faire à pied. Après la messe, je lui ai dit d’aller toucher Marie et de lui demander sa guérison. Je lui ai remis aussi une médaille de Marie Auxiliatrice.

Dans la soirée, il dit à sa femme : Je me sens tellement bien que je pourrais aller jouer au ballon. Il a dit : « Je suis guéri ». Trois semaines plus tard, je lui ai demandé de venir donner un témoignage dans l’église de Citalá. Lui et son épouse ont pleuré de joie en donnant leur témoignage. Le plus émouvant, c’est que tout le monde le connaissait, ils savaient tous qu’il était condamné.

Il y a une madame de Citalá qui a eu son bébé prématuré de 7 mois. La petite fille a eu beaucoup de problèmes. Elle a 4 ans et elle pèse 25 livres. Il y a environ deux mois, le médecin a dit à sa mère qu’elle ne pourra pas vivre longtemps si elle n’engraissait pas. Il lui a dit : « tu vas perdre ton enfant, elle ne peut pas vivre comme cela, car tous ses organes ne grossissent pas ». Encore une fois, la dame, son mari et la petite fille ont été devant Marie Auxiliatrice et lui ont demandé sa guérison. La petite fille a commencé à engraisser et, lorsque je l’ai revue un peu plus tard, je ne la reconnaissais plus. Le médecin lui a dit que, maintenant, tout fonctionnait normalement dans son corps.

Si je vous raconte tout cela, c’est pour vous dire que grâce à ma Mère et à la Mère de mes paroissiens, la foi augmente à Citalá. Je crois que Marie peut faire aussi la même chose pour chacun de nous, il s’agit de l’aimer, de la faire connaître en parlant d’elle, de la faire aimer et, comme disait Don Bosco, « Parle de Marie Auxiliatrice, fais-là connaitre et fais-la aimer et tu ne pourras plus compter les miracles qu’elle fera ». Marie conduit tous mes paroissiens à Jésus, c’est cela sa mission.

Les gens du village de Citalá, ne vont presque jamais à la Maison de Retraite lorsque nous avons la messe ou lorsque Monseigneur vient. La semaine dernière, les gens ont payé un camion et ils l’ont rempli. Près de 100 personnes de Citalá sont venues. Pour moi, cela est aussi un miracle.Un autre événement que nous avons vécu et qui a fait encore une fois augmenté la foi des gens, ce fut la remise des petites banques au bénéfice du Séminaire. Citalá a été fondé en 1517, c’est un des premiers villages du El Salvador. Citalá n’a jamais donné de vocations sacerdotales à l’Église. Cela m’a toujours préoccupé. L’an dernier, j’ai remis 200 petites banques aux paroissiens et nous avions recueilli $100.00. C’était très peu, mais c’était de ma faute.

Cette année, je voulais faire quelque chose de plus. J’ai acheté 225 petites banques de plus. J’ai dit aux gens que mon but était de recueillir $1000.00. Quand le Seigneur met quelque chose dans mon cœur, je le dis aux gens avec une telle conviction que tous sont émus. Je disais aux gens que Monseigneur nous a toujours appuyés et qu’il fallait faire quelque chose pour lui. Il fallait lui enlever un poids sur les épaules. Alors, premièrement, le don de chacun servirait à lui enlever ce poids parce que le diocèse n’a pas d’argent pour les séminaristes. La deuxième raison était pour supplier le Seigneur de nous donner un séminariste pour l’an prochain. Je disais aux gens que si tous se montraient généreux, on aurait un séminariste l’an prochain. De cela, j’en étais sûr. Je demandais aux gens que, durant tout le mois de janvier, de faire une activité dans chaque village et dans chaque barrio de Citalá. Je leur ai demandé d’écrire sur le sac contenant les petites banques, la date et le nom du village, afin de faire une comptabilité pour que Monseigneur voie que toute la paroisse a aidé.

Les gens ont commencé à redemander des petites banques mais il n’y en avait plus au diocèse. Alors, il m’est venu une idée durant la messe. S’il n’y a plus de banques, ce n’est pas un problème, l’argent peut être mis dans un sac ou une enveloppe. Je demandais aux parents d’expliquer cela à leurs enfants qu’eux aussi devaient apporter leur aide. Je voulais que chacun apporte leur petite banque ou le sac. Le dimanche, 5 février, l’église était pleine. Il y avait plus de monde qu’à la fête patronale. J’avais fait une grosse boîte que j’avais mise au pied de l’autel. Nous avons commencé la messe par le signe de la croix et j’ai demandé aux gens de s’approcher en silence afin d’apporter la petite banque au Seigneur en offrant tous leurs problèmes, leurs peines, leurs défauts, leurs familles. J’ai commencé moi-même par remettre ma petite banque et les gens se sont approchés avec une telle foi que j’en avais les larmes aux yeux. Les enfants me remettaient leur petit sac, les vieux avaient mis leur argent dans un vieille enveloppe, d’autres, à la dernière minute, avaient décidé de donner en nous remettant 0,25 cents ou plus.

Cet évènement a augmenté la foi des gens. Nous avons passé plus de 6 heures à compter l’argent et l’envelopper. Il y avait $6301.40. Je ne le croyais pas. Je l’ai recompté par trois fois. J’ai remis cela à Monseigneur et il en avait les larmes aux yeux. Le plus merveilleux, c’est que les gens me disaient : « nous ne sommes pas plus pauvres et ce fut vraiment une joie de partager ». Moi, je me demandais : « comment est-ce que c’était possible que Citalá et ses villages donnent autant d’argent. Je n’en reviens pas encore. Quand les gens s’approchaient avec leur petite banque ou leur petit sac, je sentais que les gens désiraient et étaient maintenant prêts pour avoir un prêtre.

Un autre évènement que nous avons vécu dans la paroisse, ce fut la grande Mission. Je vous en avais parlé dans la dernière lettre. Ce fut, je crois un succès grâce à tous les missionnaires. Durant la grande Mission, j’ai fait 63 baptêmes et, la semaine dernière, j’ai célébré13 mariages dans la chapelle Marie Auxiliatrice. Ce premier samedi de mois de mars, j’en aurai trois autres. Tous ces couples vivaient ensemble depuis quelques temps. Le couple le plus âgé vivait ensemble depuis plus de 60 ans et ils avaient tous les deux près de 80 ans. L’homme ne voulait pas se marier et, après être allé les visiter, ils ont décidé de se marier.

Ce jour-là, ce fut aussi un grand évènement. Il y avait plus de 800 personnes. Après la messe, nous avons fait la fête du « retour du fils prodigue », c’est comme cela que nous l’appelons. Tous ceux qui voulaient chanter pouvaient le faire. Il y a eu beaucoup de joie. Les gens sont restés jusqu’à 4 heures de l’après-midi.

Les gens parlent encore de l’activité de la petite banque, et ils veulent que nous revivions l’expérience mais, cette fois-ci, au profit de la Maison de Retraite. Je ne voulais pas faire cela. Alors, j’en ai parlé au conseil de Pastorale et tout le monde était d’accord. J’en ai parlé à différents groupes, tout le monde était d’accord. En fin de semaine, j’en parlerai à tous les responsables des villages et, si tout le monde veut cela, je le ferai. De la dernière activité des sacs de ciment, il nous reste encore environ 150 sacs de ciment. Tous les sacs sont payés et, chaque fois qu’ils vont chercher le ciment, le décompte se fait.

Actuellement, dans toutes les huit nouvelles chambres que nous avons, les tuiles sont posées. Dans quelques semaines, les tuiles de la grande salle seront posées. À ce moment- là, il nous faudra beaucoup de ciment mais, actuellement, nous en avons assez. Les fenêtres des 8 chambres sont posées et il manque l’achat des 16 portes, des 8 toilettes et, après cela, nous commencerons la construction de la salle à manger. Cette fois-ci, si on fait cette activité, cela servira pour l’achat du ciment et des barres de fer pour la construction de la salle à manger.

Cette fois-ci, je veux que les gens aillent encore plus loin. Je vais demander de faire des activités mais, cette fois-ci, dans un grand détachement, nous enlèverons les dépenses et on ne comptera pas le profit. C’est que, parfois il y a beaucoup d’orgueil qui s’installe. Les gens avec un certain orgueil sont heureux de dire à d’autres le montant d’argent qu’ils ont fait. Quand ils ont fait un peu plus, ils se sentent encore plus importants. Je ne veux même pas le savoir moi-même. Nous mettrons tous les profits ensemble dans une petite banque et tout se comptera en même temps.

Les gens me demandent que la fête de Notre-Dame Auxiliatrice le 24 mai soit célébrée en grand. Ils veulent que nous ayons la messe durant les 9 jours à 6 heures du soir. Le 24 mai, la messe aura lieu à 10 heures du matin et les gens apporteront leur petite banque ce jour-là. Nous ferons la procession à partir de la grande salle jusqu’à la chapelle. Ce sera une grande fête parce que Notre Dame Auxiliatrice mérite cela. Ce qui me fait plaisir, c’est que tout cela vient des gens. Je n’ai rien à imposer, je fais ce que les gens me demandent mais c’était un désir que j’avais en moi.

Comme vous le savez, chaque année Mission El Salvador envoie un conteneur au El Salvador. L’argent que vous donnez sert parfois pour envoyer le conteneur mais, quand le conteneur arrive ici, tout sert pour aider les gens, et cela les aide vraiment. Cette année, nous voulons envoyer un conteneur vers la fin du mois d’avril ou au début de mai. Il nous manque encore un peu plus de $2000.00 pour les frais d’envoi. L’Organisme Roncalli de Montréal nous donne chaque année $5000.00, le reste au montant de $4800.00, Mission El Salvador doit le débourser. Si nous n’avions pas cela, nous ne pourrions pas continuer la construction de cette œuvre de la Maison de Retraite « La Sagrada Familia ».

Nous avons aussi la grâce de recevoir chaque année un conteneur qui vient de la Belgique grâce au Père André Marysse. Dans ce conteneur, il y a beaucoup d’articles d’église : chaises, statues, tabernacles etc. Ce qui ne me sert pas, je le donne à une autre paroisse. Quand Dieu veut un projet, il inspire des personnes généreuses, Lui sait à quelle porte frapper.

Je pense que, dans deux ans, nous aurons tout terminé. Si Dieu le veut, j’espère changer de paroisse parce que je ne veux même pas sentir que ce projet soit mon projet et je ne veux pas m’en attacher. Je ne veux même pas en profiter parce que je sais et, j’en suis sûr, ce n’est pas mon projet, c’est le projet du Seigneur et de Marie. Mais Dieu sait que je veux faire Sa volonté et Sa volonté, je la connais par Monseigneur Luis.

Je me permets de vous faire une invitation durant ce temps de Carême. Si jamais vous avec l’intention de partager pour la petite banque ou pour le conteneur, dites-le dans votre don. Si vous dites que c’est pour la petite banque, Mission El Salvador me l’envoie directement. Si vous dites que c’est pour le conteneur, cela servira pour le conteneur. Un reçu pour fin d’impôt vous sera envoyé. En faisant votre don, que ce soit pour le conteneur ou pour la petite banque, offrez vous vous-mêmes, offrez votre famille, vos problèmes de toutes sortes et ensuite il vous restera seulement à faire confiance à Marie Auxiliatrice.

J’aime vous rappeler que le tout sera filmé le 24 mai. Je sais que la dernière fois, j’avais aussi filmé et au moins deux personnes m’ont dit qu’elles avaient été guéries en regardant le vidéo à la télévision. C’est normal, Marie Auxiliatrice n’est pas bloquée par les frontières. À ces personnes, je leur demande de m’écrire ce miracle. C’est important pour la foi des gens.

Je vous souhaite de passer un beau Carême, une belle Semaine Sainte et aussi une belle fête de Pâques. Je vous bénis de tout cœur au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Padre Ernesto Lachance
Casa parroquial
Citalá, Depto. Chalatenango
EL Salvador. C.A.
rejeanlachance@yahoo.com


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