El Salvador
Le 8 février 2016

Réjean LachanceBonjour à tous,

Il me fait plaisir en ce début d’année de vous donner quelques nouvelles. D’abord, je veux vous souhaiter une Bonne, Heureuse et Sainte année. Je suis un peu en retard mais je me dis que j’ai jusqu’au 31 décembre 2016 pour vous souhaiter une bonne année.

Du 11 au 19 janvier, j’ai reçu le Père Yves Rancourt et trois autres personnes laïques. Pour ma part, je prenais mes vacances à partir du 11 janvier mais, avec le Père Yves, Renald, un autre Renald et Gérard nous avons quand même visité des villages et célébré l’Eucharistie. Nous avons vécu à la Maison de Retraite. Nous avons fait deux fêtes avec les employés et leur famille. Nous avons bien eu du plaisir. J’étais fier de mes visiteurs Québécois. Ils ont fait rire tout le monde en jouant. Je me disais : «C’est comme ça que ça se passe dans le temps des fêtes au Québec mais pas seulement dans le temps des fêtes. » Les gens d’ici ont beaucoup à apprendre de nos familles québécoises. Ici, les gens ne sont pas habitués à jouer en famille et je pense que ça manque. Bien sûr, nous aussi, nous avons beaucoup à apprendre des gens d’ici.

Durant la fin de semaine du 22 janvier, nous commencions notre festival qui dura 24 heures. C’était fatiguant mais ça valait la peine parce que cela aide beaucoup les gens. Le 26 de ce même mois, nous partions 6 personnes pour Panama. Nous y sommes restés 10 jours. Nous sommes revenus le 5 janvier et la vie recommença. Pour ce voyage à Panama, nous avions deux jeunes mineurs, Jésus, 17 ans et Eduardo, 15 ans. Nous sommes allés à La Palma pour faire les papiers afin qu’ils puissent voyager sans problème. Malheureusement, le certificat de naissance de Jésus était différent des papiers d’identité de sa mère. Donc, il n’a pas pu voyager. Je lui remettrai le $855.00 qu’il a ramassé avec nous en faisant différentes activités. Il était vraiment déçu.

Le 5 janvier dernier, Monseigneur Luis, mon évêque, m’a téléphoné pour me dire qu’il voulait me rencontrer le 12 janvier. Durant toute la semaine, je me demandais ce qu’il voulait parce qu’il n’a jamais fait cela : partir de Chalatenango pour venir me voir à Citalá. Je me disais que cela devait être très très important. Durant une semaine, je me suis imaginé bien des choses.

Enfin, le 12 janvier est arrivé. Quand j’ai vu arriver l’évêque, il m’a salué et je le sentais bien mal à l’aise. Il a tourné autour du pot pendant plusieurs minutes et j’essayais de comprendre où il voulait en venir. Il m’a dit : « Je vais t’annoncer quelque chose qui sera déplaisant pour toi ». Puis, après plusieurs minutes d’attente, il m’a dit : « Je dois te changer de paroisse parce que je dois changer un prêtre et, en le changeant, je dois déplacer 6 autres prêtres. Je n’osais pas demander où il allait m’envoyer. Il m’a dit : « Je vais t’envoyer à San Miguel de Mercedes ». Je lui ai dit : « Merci beaucoup, Monseigneur, je suis bien content. » « C’est vrai ?» me dit-il. Il s’est levé, il m’a serré la main et m’a dit : « Merci beaucoup. » Il ajouta : « Et la Maison de retraite? », me dit-il. Je lui ai dit : « Monseigneur, je vous ai toujours dit que je connaîtrais la volonté de Dieu par vous. Je vous ai toujours dit que ce projet n’était pas le mien, c’était celui de la Providence et de Marie Auxiliatrice. Et aujourd’hui, cela me fait plaisir d’être capable de me détacher de ce projet. »

Ce qui est drôle, ce matin-là en me réveillant, je pensais : « Si Monseigneur m’envoyait à San Miguel de Mercedes, que je serais content! » Mais je pensais que ce serait impossible parce que le curé actuel est là depuis environ 8 mois. J’ai dit à Monseigneur que j’étais content parce que, maintenant, j’ai trop mal dans les genoux et je ne peux pas aller dans 4 villages durant la saison des pluies car je devais marcher beaucoup. Je me sentais mal à l’aise pour les gens qui attendaient ma visite et je ne pouvais pas y aller.

San Miguel de Mercedes est plus petit que Citalá. Il y a, je crois, 5 ou 6 petits villages dans les montagnes mais c’est tout près et on peut toujours s’y rendre en auto. Ici, à Citalá, j’avais 11 villages dont 4 où il fallait marcher à pied. Ce sera une nouvelle vie pour moi. Je prendrai le temps de rencontrer les gens parce que j’aurai un bureau pour les recevoir car, ici, je n’en avais pas. Bien sûr, je vais m’ennuyer des gens, surtout de Los Planes et de Zalguazapa et des autres villages, mais c’est cela la vie du prêtre : il faut partir pour aller ailleurs et cela est très bien et très beau.

Le 19 janvier dernier, une semaine après l’annonce de mon changement de paroisse, à 2 heures, Monseigneur voulait rencontrer les six prêtres pour nous parler des dates de changements de paroisse. Nous étions les 6 prêtres réunis et la moitié d’entre eux n’était pas contents du changement mais il faut le faire. Je pense que Dieu a d’autres projets pour moi comme pour les autres.

Je suis parti de bonne heure parce que je voulais aller faire un tour à San Miguel de Mercedes, sans me faire voir, parce que je voulais savoir si une grosse van pouvait aller dans ce village. Il y a beaucoup de courbes pour s'y rendre mais j’ai vu que c’est possible. Je verrai en temps et lieux pour voir si on peut louer une maison parce que, le prochain conteneur, je veux le recevoir là-bas. Toute la journée, je rendais grâce au Seigneur. Bien sûr que c’est dur de quitter Citalá mais je rends grâce au Seigneur pour me permettre d’aller dans le village de San Miguel de Mercedes.

Hier soir, le 5 février, nous revenions de Panama. Pour vous donner un témoignage, je veux vous raconter ce que Marie Auxiliatrice a fait depuis le jour de notre réservation à l’Agence de voyage, à l’achat de nos billets d’avion.

La dame de l’Agence a dit que, moi, étant donné que j’avais une chambre tout seul, cela me coûtera $840.00, incluant l’avion et l’hôtel. Les autres : $790.00. Elle nous a dit que nous devions donner trois cents dollars de dépôt. C’est ce que nous avons fait. Trois semaines plus tard, en décembre, la dame m’a téléphoné qu’elle avait un spécial pour nous. Nous devions donner seulement $280.00 chacun. Ce qui veut dire que l’hôtel et l’avion nous a couté 580.00$, incluant le 300 dollars du dépôt.

Cela est un cadeau de Marie Auxiliatrice mais il y a encore plus que cela. Mon désir était de célébrer la fête de Don Bosco chez les Salésiens de Panama. La première journée, nous avons décidé d’aller marcher un peu dans une rue. Après 5 ou 6 minutes de marche, je vois des gens entrer dans une église. J’ai dit aux autres : « Allons visiter l’église! » Surprise : c’était la Basilique de Don Bosco. Elle était à 10 minutes de notre hôtel. Chose curieuse : j’avais apporté pour le voyage : chasuble, aube, hosties et vin de messe, etc… mais j’avais oublié le calice. Alors, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai demandé aux Salésiens de me prêter un calice. Je ne pensais jamais qu’ils auraient accepté. J’en ai profité pour demander au curé si je pouvais concélébrer l’Eucharistie avec lui le dimanche, le 31 janvier, en la fête de Don Bosco. Il m’a dit « oui. »

A la fin de la messe du 31 janvier, nous avons fait la procession de sortie. Je n’ai pas pu suivre le curé. Les gens me demandaient de les bénir. Les petits enfants disaient : « Padre, donnez-moi votre bénédiction. » Pendant une heure, j’ai béni les gens sur le front. J’aime beaucoup bénir et je sais que c’est Jésus qui bénit quand le prêtre bénit. Il y a des moments où j’étais tellement ému que je ne pouvais pas dire un seul mot. Je savais que Jésus bénissait par moi. Le groupe était dans l’église et attendait que ça finisse. Après cela, une dame m’a dit : « Tu ressemblais au Pape François quand il bénit les gens.» C’était tellement beau que j’étais déçu quand tout s’est terminé. Le soir du 31 janvier, nous étions à la Basilique pour la procession. Nous avons vu le départ mais nous ne sommes pas restés parce qu’il y avait au moins 50,000 personnes. C’est sûr que nous aurions perdu quelqu’un du groupe. Pour moi, durant cette journée, j’ai vraiment senti que c’était un cadeau de Marie Auxiliatrice.

Dans la ville de Panama, quand je passais dans la rue et que nous entrions dans les magasins, les gens disaient : « Padre, donnez-moi votre bénédiction! » et je les bénissais. Que c’est beau d’être prêtre! En plus, nous demeurions à 10 minutes du métro. Donc, à partir de là, nous pouvions aller presque partout.

Nous avons pris « un tour » pour aller visiter le Canal de Panama. Dans ce tour, nous avions une sortie en bateau et nous passions à coté des gros navires. Nous avons vu un navire qui transportait 4000 conteneurs comme ceux que nous recevons. Puis, nous avons visité pendant deux heures différentes îles sans débarquer du bateau. Le bateau arrêtait prés de l’île et les singes venaient manger dans nos mains.

Puis, la guide a décidé de nous amener à la montagne la plus haute de Panama, ce n’était pas compris dans le prix, Nous avons pu voir la ville et c’était vraiment très beau. La dame qui était notre guide m’offrait d’autres visites et cela coûtait cher. Je lui ai dit, que ce voyage, nous l’avions préparé pendant deux ans en faisant différentes activités comme vendre des pupusas, des bouteilles, des cannettes de liqueur. Je crois que la dame s’est rendue compte que nous n’étions pas des riches. Je lui disais aussi que nous voulions aller au cinéma parce que, ceux qui étaient avec moi, ne connaissaient pas cela. Elle est venue nous reconduire à l’hôtel et, avant d’arriver, elle m’a remis $5.00 pour chacun en nous disant : « Cela va vous aider pour aller voir un film.» Nous y sommes allés et l’entrée coûtait $5.25. Le soir, nous remercions encore une fois Marie Auxiliatrice pour ce cadeau. Vous savez, ce n’est pas tant pour le $5.00 que nous remercions mais nous reconnaissions que Marie était vraiment une maman et elle faisait tout pour nous faire plaisir. Tous les jours, je célébrais l’Eucharistie avec le groupe, puis nous allions déjeuner. Le soir à 7 heures, nous récitions le chapelet ensemble. Ce voyage a été comme un pèlerinage et, en même temps, nous avons fait du tourisme.

Quand nous avons parlé de faire un voyage, il y a plus de deux ans, nous étions 24 personnes. Peu à peu, plusieurs ont abandonné ce projet. Nous sommes restés 6 personnes et je leur disais : « Regardez bien, vous tous vous êtes des personnes qui n’ont jamais abandonné, vous avez toujours été fidèles.» Pablo et Eduardo, depuis mon arrivée à Citalá, sont servants de messe. Don Alfredo et son épouse ont toujours été des personnes engagées. Don Ever est responsable du groupe de Liturgie à Los Planes. Quand on est fidèle au Seigneur, il y a toujours une récompense mais le Seigneur donne toujours plus que ce que nous pouvons désirer. Il y a un psaume qui dit : « Le Seigneur comble les désirs du cœur de son bien-aimé. »

Ce qui me réjouit aussi, c’est que toutes les personnes qui ont fait ce voyage, ne l’auraient pas fait tout seul, parce que ce sont tous des gens d’une grande pauvreté. Je les regardais s’émerveiller dans le métro, dans l’avion et je rendais grâce au Seigneur pour eux. Je ne cessais de remercier Marie Auxiliatrice. C’est grâce au conteneur que nous recevons qui nous a permis de faire des tirages, etc… Donc, tous ceux qui ont donné de leurs biens et de leur argent pour que nous puissions recevoir les conteneurs, vous recevez les intérêts de tout cela. Le Seigneur ne se laisse jamais gagner en générosité. En terminant, je veux vous dire que ce voyage s’est très bien déroulé. Personne n’a été malade. Personne ne s’est plaint, ni de la nourriture qui était bien différente du El Salvador.

Hier, le 6 février, à la chapelle de Marie Auxiliatrice à Citalá, nous avions la messe à 10 heures et c’était ma dernière. Il y avait environ 400 personnes. Nous le savons parce que nous avons 400 chaises. Durant l’homélie, je donnais un témoignage et je leur ai raconté l’évènement des gens de Panama qui me demandaient la bénédiction. Après la messe, tout le monde s’est avancé pour que je les bénisse et j’ai sorti de la chapelle à midi trente minutes. J’étais content de donner la bénédiction à tout le monde. Dimanche, le 14 février, Monseigneur viendra ici à Citalá pour présenter le nouveau curé à la messe de 9 heures.
À 5 heures de l’après-midi, nous aurons la messe à San Miguel de Mercedes pour que l’évêque me présenter aussi aux gens.

Je veux vous dire « MERCI à vous aussi » pour votre aide à Mission El Salvador. Merci de vos prières. Continuez d’aider Mission El Salvador. Maintenant, je pourrai aider d’autres personnes de ma nouvelle paroisse et cela est très bien. Je vous demande de prier pour mes nouveaux paroissiens. Priez pour moi afin que le Seigneur me donne la sagesse pour conduire ce troupeau jusqu’à Lui.

Je voudrais, en terminant, vous donner ma bénédiction. Pour Dieu, il n’y a pas de frontières, pas de temps. Au moment où je vais vous bénir dans cette lettre, le Seigneur vous bénira. Il est possible que vous sentiez les effets de cette bénédiction au moment où vous lirez la bénédiction que je vous donne. Recevez-la comme un cadeau du Seigneur. Croyez que c’est Jésus qui vous bénit et, c’est vraiment Lui. Moi, je ne suis qu’un instrument dans ses mains.

Mais j’ai reçu de Jésus lui-même le pouvoir d’ouvrir son Cœur et de sortir les trésors qu’il y a dans le cœur de Jésus et de les répandre sur vous. Alors, il me fait plaisir de vous bénir au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen



Padre Ernesto


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