Bonjour à tous
El Salvador
Le 29 novembre 2016

Réjean LachanceSan Miguel de Mercedes

Bonjour à tous,


Il me fait plaisir de prendre quelques instants pour vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes. J’espère que vous allez bien et que votre santé est bonne. Pour ma part, tout va bien et je suis en forme comme jamais. Vous allez dire : « Il commence toujours sa lettre de cette façon. » Et c’est vrai.

Comme vous le savez peut-être, j’ai passé trois semaines au Québec, un peu plus qu’une semaine à Montréal et environ dix jours à Saint-Georges. C’est pour cela, que cette année, on n’a pas pu faire une rencontre avec tout le monde mais, l’an prochain, on se reprendra. Je voulais aider à Denis et Diane à remplir des boîtes pour le conteneur. Nous avons travaillé pas mal fort et on a réussi à passer au travers, grâce aussi à Gaétan et Louisette. Sylvio et son amie, se sont joints à l’équipe depuis quelques mois. En plus, ce qui est merveilleux, Lisette s’est offerte pour aider à remplir des boites chez elle. Il y aussi Renald qui est déjà venu au El Salvador qui a offert ses services. Comme cela, Denis aura plus de temps pour lui-même et pour son épouse. Michel, mon neveu qui est à Québec a offert ses services avec son amie pour essayer de nous trouver de belles choses.

Il y a aussi Diane Lafontaine, sa sœur et ses amies qui cherchent des choses. C’est elle aussi qui nous trouve de belles guitares neuves et beaucoup d’autres belles choses bien classées. Cette année, elle a promis de me trouver deux belles guitares. C’est vraiment généreux de sa part. Il y a un autre Michel qui fait tout son possible pour nous trouver des choses toutes neuves, et aussi il fait des dépenses pour nous, il se dévoue sans arrêt. On a vraiment besoin de lui.

Je veux profiter pour remercier les personnes qui travaillent très fort à la Polyvalente de Saint-Prosper pour nous ramasser du linge. Chaque fois que je travaille pour le conteneur, je n’en reviens pas de voir comment nous recevons de beaux vêtements. Je m’imagine toujours la joie des gens quand ils recevront tout cela.

Je remercie aussi Collaboration Santé Internationale pour remplir le conteneur de toutes sortes de belles choses. Je suis allé les visiter et, chaque fois qu’il m’offrait quelque chose, je m’émerveillais. Mon frère Fernand qui était avec moi me disait dans le bons sens du mot: « Eh, que tu es bébé, tu ressembles à maman. » C’est vrai, maman s’émerveillait toujours quand elle avait quelque chose à donner aux autres. Mme Audin et Mme Defoy font tout pour nous aider. Ils viennent chercher tout ce que nous avons dans la Beauce et ils font deux voyages si c’est nécessaire. Le Seigneur met toujours de bonnes personnes sur notre chemin quand on lui fait confiance.

Vous savez, il y a aussi la fondation Internationale Roncalli de Montréal qui, à chaque année, nous aide avec un montant de $5000.00 pour envoyer le conteneur qui coûte environ $9800.00. Le reste, c’est grâce à tous vos dons. Sans cela, je ne pourrais pas recevoir un conteneur à chaque année. C’est un signe que le Seigneur veut ce projet. Le Seigneur comble toujours les désirs du cœur de son bien-aimé, et nous sommes ses bien-aimés quand nous luttons pour être meilleur.

Je ne veux pas oublier tous ceux qui viennent aider pour sortir les boites de chez Denis pour les envoyer à Québec. Chaque année, les Chevaliers de Colomb viennent aider. Il y a même Michael qui est aveugle qui vient et il travaille aussi vite que quelqu’un qui a ses deux yeux. Claude et Nicole qui sont à La Prairie aident de loin. Ils sont attentifs à tout. Je ne voudrais pas oublier toutes les personnes qui donnent à Mission El Salvador. Il y a beaucoup de communautés religieuses qui font leurs dons. Mais il y a aussi des personnes qui donnent de temps en temps de leurs offrandes et ce ne sont pas des riches, mais ils donnent avec amour. Il y a des personnes qui, à chaque mois, donnent à Mission El Salvador et tout cela me revient à moi pour les œuvres.

Je ne voudrais pas oublier les personnes malades et pleines de souffrances qui offrent tout pour mes paroissiens. Je suis sûr que c’est à cause de cela que je commence à voir des fruits dans ma nouvelle paroisse. Que ferions-nous les missionnaires sans les malades? Il y a des religieuses toutes âgées depuis des années qui offrent toutes leurs souffrances pour ma conversion et pour la conversion de ma paroisse. Si je peux faire quelque chose de bien, c’est à cause de toutes ces personnes mais ce n’est pas moi qui fais les choses, c’est Jésus. C’est Marie-Auxiliatrice qui est une bonne maman. Je ne suis qu’un instrument entre leurs mains et que le Seigneur veut utiliser.

Je suis plus que chanceux parce que tous les membres de ma famille m’appuient dans tous les projets. Quand je suis arrivé au Québec, j’étais en manque de souliers, maintenant je pars tout en neuf, grâce à deux personnes qui se reconnaîtront. Il y a un monsieur de St-Georges qui est malade ainsi que son épouse, mais il ramasse toutes sortes de choses pour envoyer dans le conteneur. Il a ramassé près de 20 micro-ondes. On aura de quoi pour faire de bons tirages pour le nouveau projet qui s’en vient.

Imaginez-vous, il y a un prêtre belge qui a sa paroisse en France. Il était mon Père spirituel au séminaire d’Ars et il nous aide lui aussi par ses dons. Il nous fait parvenir un conteneur de temps en temps. Vous voyez, je voulais vous dire tout cela pour vous remercier, et en même temps dire à Jésus et à Marie Auxiliatrice un gros « merci ».

Vous vous rappelez qu’à Citalá, nous avions un atelier de soudure et de menuiserie. Le nouveau curé de Citalá n’est pas intéressé à cela. Donc, toutes les machineries, je les ramènerai à ma nouvelle paroisse. Je me demandais bien comment j’allais faire pour trouver un terrain et tout le reste. À un moment donné, j’étais tellement sûr que le Seigneur voulait ce projet que j’ai dit aux gens que nous ferions un local pour ces ateliers. Comment? A quel endroit? Je ne le savais pas mais nous le ferons. Quelqu’un m’a dit : « Va voir le maire, il pourrait peut-être t’aider. » J’y suis allé et je lui ai présenté ce projet. Il m’a dit : « Je ne laisserai pas passer une occasion comme celle-là. Je vais voir ce que je peux faire. » Avant mon départ, il m’a dit que le terrain était trouvé et qu’à mon retour au El Salvador nous irions mettre les bornes.

J’avais le terrain, mais pas l’argent. Je me disais : j’ai ma pension de $435.00 par mois et je reçois le salaire de ma paroisse. Ce n’est pas beaucoup mais nous allons commencer dans la pauvreté et en faisant confiance en la Providence et à Marie-Auxiliatrice. C’est facile de lui faire confiance, parce qu’Elle ne m’a jamais abandonné. Au moment où j’ai décidé de faire le premier pas dans la foi (c’est toujours le premier pas qui est difficile), je reçois un E-Mail de mon frère Denis que nous avions reçu un don du Père Marysse de France. Il, ne connaissait pas ce projet. Alors, je vous le dis en étant sûr, que c’est un cadeau de la Providence et de Marie-Auxiliatrice. Don Bosco disait : Fais confiance à Marie-Auxiliatrice et tu ne pourras plus compter les miracles qu’elle fera.

Quand nous commencerons ce projet, je veux avoir un comité économique, parce que je ne veux pas administrer tout cela tout seul. En même temps, il y aura plus de gens qui s’engageront. Le troisième dimanche du mois de décembre, nous irons tous avec la pelle et la pioche travailler à l’endroit où sera le local. Je veux que les gens disent : « C’est notre projet! » Aussi, chaque groupe et chaque village s’engagera à travailler de temps en temps

Dans ma nouvelle paroisse, les gens ne connaissaient pas Marie-Auxiliatrice. J’ai commencé à en parler. Au début, quand j’allais à la Maison de Retraite, les premiers samedis du mois, j’amenais toujours une famille avec moi. Peu à peu, les gens commençaient à aimer Notre-Dame Auxiliatrice. Ils me demandaient souvent de la prier pour eux et de leur donner des médailles.

Une famille d’ici que je connais, a deux grands enfants. Ils ont une jeune fille de 22 ans à peu près. Elle maigrissait tout le temps. Elle avait beaucoup de douleurs dans les sinus et la gorge. Sa mère me contait cela en pleurant. Elle devait être opérée. A un moment donné, je lui ai dit : « Savez-vous ce que vous avez de besoin, c’est d’aller à la Maison de Retraite et demander à Marie-Auxiliatrice de la guérir. » Je lui ai remis une médaille de Marie Auxiliatrice pour sa fille. J’ai téléphoné au curé de Citalá pour savoir s’il me donnait la permission d’aller passer une journée là-bas. Il m’a dit « oui ». On a récité le chapelet devant Marie et nous avons demandé à Marie d’intercéder pour elle. Un mois plus tard, elle va voir le médecin pour passer les derniers examens avant l’opération. La femme médecin était surprise. Elle lui a dit : « Tout est correct, vous n’avez absolument rien, il n’est pas question d’opération. » Sa mère pleurait et sa fille aussi.

Je me dis en ce moment après vous avoir écrit tout cela : »Comment je pourrais payer au Seigneur tout le bien qu’il me fait? » Je pense qu’il faut que je sois meilleur, il faut que je sois un vrai témoin. Il faut que j’aime plus Jésus et Marie et il faut que je les fasse aimer. L’autre jour, en récitant le chapelet dans l’église avant la messe, j’avais le goût du ciel et me disais que, quand j’entrerai dans le ciel, je vais demander à Marie-Auxiliatrice de me prêter pour un petit moment son petit Jésus qu’elle a dans ses bras. Ça parait impossible mais je suis sûr que cela arrivera.

L’atelier de soudure et de menuiserie que nous ferons, je ne sais pas encore la grandeur, mais quand nous commencerons, je prendrai une vidéo pour que vous le voyiez, ainsi que le presbytère et l’église. Collaboration Santé Internationale vont aussi me donner des machines à coudre. Nous aurons donc aussi notre atelier de couture.

A San Miguel de Mercedes, les gens n’ont jamais fait d’activités comme des tirages, jouer au Bingo, au jeu de poches et de quilles. J’ai tous ces jeux et beaucoup plus. On a commencé à faire des jeux avec les gens. Une fois, on a joué au Bingo dans la salle paroissiale et, après l’activité, les gens ont dit : « On a jamais vu un curé jouer avec nous ». Pour moi, c’est important parce qu’on connait les gens davantage. On apprend à connaître leurs caractères et cela met aussi de la joie. Alors, j’ai pensé que les ateliers auront un plafond plat et nous ferons le deuxième étage, en haut, ce sera une salle de jeux. Je pense qu’il faut être sournois beaucoup plus que le diable. Ce sera une façon d’attirer les jeunes et de les aider. Le Père Damien, qui est mort lépreux avec les lépreux, a enseigné à ces gens à travailler avec les pieds, avec les dents quand ils n’avaient plus de mains. Il disait : « Le prêtre doit sauver tout l’être, pas seulement l’âme. » C’est ce que j’essayais de faire à Citalá, et c’est ce que j’essaie de faire dans ma nouvelle paroisse. Des fois, cela parle plus. Il faut que les bottines suivent les babines.

Le 24 décembre, à onze heures du soir, nous aurons une heure de chants de Noël. Puis, à minuit, ce sera la messe de minuit. Les gens n’ont jamais connu cela. Je leur disais de venir avec leurs enfants. Ce sera un souvenir qu’ils n’oublieront jamais. Saint Jérôme, après la messe de minuit dans sa paroisse est resté devant la crèche un bon bout de temps. Il a entendu une voix et le petit Jésus lui disait : « Jérôme, c’est quoi que tu vas me donner comme cadeau? » Saint Jérôme lui répondit : « Je te donne toute ma vie. » Le petit Jésus lui a dit : « Qu’est-ce que tu vas me donner de plus? » Jérôme lui répondit : « Je te donne ma vie, tout mon être, tout ce que j’ai. » Le petit Jésus lui a dit encore : « Jérôme, qu’est-ce que tu vas me donner encore? » Jérôme lui répondit : « Je te donne tout et je ne sais pas ce que je pourrais te donner de plus. » Le petit Jésus dans la crèche lui dit : « Donne-moi tes péchés, pour que je te les pardonne encore. » Que c’est beau! Le cadeau que nous pouvons lui faire, c’est de lui redonner tout ce qu’on a fait de mal et de bien dans la vie. Il est tellement miséricordieux qu’il veut nous redire encore : je t’aime et ma miséricorde est encore plus grande que tous tes péchés. C’est ce que je veux faire cette année devant la crèche après la messe de minuit. Pourquoi, ne le feriez-vous pas avec vos enfants dans la maison le jour de Noël? Quelle belle catéchèse!

Le 31 décembre, à onze heures du soir, nous aurons une heure d’adoration pour terminer l’année 2016. À minuit, je célèbrerai l’Eucharistie pour commencer notre nouvelle année parce que cette nouvelle année sera pleine de projets. Je célèbrerai ces deux messes pour toutes les intentions de nos bienfaiteurs. Vous le méritez! Attendez-vous de recevoir de beaux cadeaux.

À San Miguel de Mercedes, il y a beaucoup de couples qui ne sont pas mariés et vivent ensemble. Je veux, à partir de janvier, inviter tous ces couples à une réunion et je vais leur proposer, s’ils le désirent, de se marier mais après avoir reçu une catéchèse de 6 mois. En plus, ils devront venir à la messe tous les dimanches et, avant de se marier, vivre une retraite de trois jours. Vous devez sûrement penser que c’est horrible. Non, ce n’est pas horrible. Vous savez, il y a des couples qui veulent se marier et c’est une vraie farce. Ils suivent 4 heures de formation, une heure par semaine, mais ne viennent pas à la messe. Avant le mariage, ils doivent se confesser. Mais le dimanche suivant, ils ne viennent plus à la messe. Je crois que je n’ai pas le droit de marier des couples comme cela. C’est rire du Seigneur. Je veux que le désir de se marier grandisse en eux mais pas seulement cela. Je veux que ce soit de couples qui soient un témoignage pour les jeunes. J’aimerais qu’ils comprennent la différence entre être mariés et vivre sans la bénédiction du Seigneur. S’ils ne viennent plus à la messe après leur mariage, c’est dangereux qu’ils se séparent parce que le démon connaît la promesse qu’ils ont fait au Seigneur. Il est très content de voir leurs infidélités et leur propose ensuite de plus fortes tentations.

A tous les jours, à 4 heures de l’après-midi, je suis au confessionnal jusqu’à 4 :45 p.m. Bien sûr, la plupart du temps, personne ne vient se confesser mais je suis là. A 4 :50 p.m., nous prions le chapelet, le sacristain et moi, encore une fois tout seul. Je suis sûr, même si cela ne paraît pas, Marie-Auxiliatrice est en train de faire changer cette paroisse. Puis, à 5 :00. débute la messe. Une vingtaine de personnes participent à la messe tous les jours. Je suis maintenant à San Miguel de Mercedes. La fête patronale civile de Saint Michel Archange est commencée. La mairie célèbre la fête de Saint Michel durant ce mois à cause qu’il ne pleut plus. Nous sommes en été. Je sais que le maire est bien occupé, mais je suis allé le voir parce que je vous avais promis de vous donner plus de détails sur le terrain. Le terrain qu’il me donne sera de 35 mètres de longueur par 12 mètres de largeur. Il a égalisé tout le terrain pour que ce soit plus facile. Il m’a dit : « Je vais te prêter des brouettes, des pelles, des pioches et tout ce que tu auras de besoin. En plus, les employés de la mairie iront aussi donner des journées de travail. »

Je voudrais, en terminant cette lettre, vous dire « un gros merci » pour vos prières, vos sacrifices et vos souffrances offertes pour moi. Je veux aussi vous souhaiter un Joyeux Noël, un Noël plein de joie avec vos familles. C’est cet esprit de famille du Québec qui me manque le plus. Je vous souhaite aussi une belle et Sainte année 2017. Je peux vous dire que je suis heureux à San Miguel de Mercedes, même si le climat et l’attitude des gens est bien différents de Citalá.

Quand je suis arrivé ici, je vous l’avais dit, j’ai trouvé cela bien difficile. Je m’étais dit que je ne ferais jamais rien pour ces gens, excepté mon devoir de prêtre. Cela n’aurait pas été correct, je le sais. Pourquoi si rapidement ai-je changé d’idée? C’est grâce à vos prières, vos sacrifices. Alors, continuez de prier pour moi. J’en ai de besoin. Merci aussi pour vos dons, grâce à ce projet nouveau, vous aurez encore l’occasion de partager et ce projet sera aussi votre projet. Je vous bénis de tout cœur au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Padre Ernesto rejeanlachance72@gmail.com

NB : Je suis en train d’écouter de la belle musique. Les œuvres pour orgue de Jean Sébastian Bach. C’est super beau y reposant.
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