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Bonjour à tous
El Salvador
Le 6 avril 2018
Bonjour à tous,
Nous sommes dans l’Octave de Pâques. Il est donc encore temps de vous souhaiter “Joyeuses Pâques”. Nous sommes dans un temps de joie parce que Jésus est ressuscité. C’est un temps où nous devons partager par notre vie et par la parole cette joie que nous avons dans le cœur.
J’espère que vous allez tous bien malgré tout ce qui arrive ou ce qui peut nous arriver. Je crois que si nous croyons pleinement en Jésus, si nous croyons en sa Parole quand il nous dit qu’il ne nous abandonnera jamais, je crois que nous pouvons être toujours remplis de joie malgré les difficultés de santé ou autres. Jésus est avec nous! Cette semaine, je disais aux gens qu’il y a une chose que j’aime beaucoup et que je fais tous les jours. Il y a un beau crucifix dans la cuisine. Je l’ai mis à ma hauteur et, quand je passe devant, je baise les plaies de Jésus en lui disant que je l’aime. Cela peu à peu fait grandir l’amour pour Jésus dans notre cœur. Ça vaut la peine d’essayer.
Ici, pour moi, tout va bien. Dans la paroisse, comme pasteur, j’essaie d’être fidèle à l’Église parce que je l’aime. Durant la Semaine Sainte, spécialement pour la messe du samedi saint, j’ai dû corriger certaines choses que je ne pouvais pas laisser passer. Par exemple; tous les psaumes de la messe du Samedi Saint ont été changés. J’ai laissé faire parce que je ne pouvais pas corriger cela durant la messe. Hier, nous avons eu une réunion et je leur ai dit que nous devons toujours respecter le missel. Nous ne pouvons pas changer les textes à notre guise parce que nous pensons que notre idée est meilleure. Notre idée pourrait être meilleure mais elle ne transformera pas les gens tandis que ce que nous donne notre Mère la Sainte Église touchera les cœurs. Les gens ont semblé l’accepter mais, l’an prochain, je serai attentif à cela. J’ai quand même félicité les personnes car ils ont fait tout leur possible mais c’est mon devoir de les aider et de leur dire ce qui est le mieux.
Don Alfredo, de Los Planes à Citalá, avait appris la soudure à la Casa de Retiros (Maison de Retraite). J’avais payé un professeur pour qu’il lui enseigne la soudure. Il est présentement ici et il enseigne à un père de famille qui vit avec sa famille dans une grande pauvreté. Il enseigne aussi à un jeune qui lui aussi est de famille pauvre. Ils apprennent très vite et, dans deux semaines, ils seront seuls. Pendant ce temps, ils auront terminé toutes les portes et les fenêtres de l’atelier de menuiserie ainsi que celles de l’atelier de couture.
Grâce au conteneur qui est venu cette année, nous avons reçu beaucoup de belles choses. Par exemple, des carrosses de bébés complètement neufs. Nous avons reçu de Collaboration Internationale de Québec plus de 40 chaises roulantes, 5 chaises roulantes électriques et 4 quadrimoteurs. Grâce aux dons que nous recevons des personnes qui viennent chercher ces différents objets, j’ai commencé à acheter des machineries pour la menuiserie. De plus, Collaboration Santé Internationale ainsi que mon frère Denis ont envoyé beaucoup d’articles qui nous serviront dans la menuiserie.
La semaine prochaine, ils vont faire la porte de l’atelier de couture. Par la suite, je vais peinturer et transporter les machines à coudre dans l’atelier. Il y a plusieurs personnes qui veulent apprendre. Dans l’atelier de menuiserie, il me reste une machine à acheter pour pouvoir commencer à travailler. Je ne sais pas le nom en français mais c’est une machine qui sort la planche toute belle. J’ai pensé d’aller voir le député de Chalatenango et demander de l’aide parce que le gouvernement aide ceux qui donnent du travail à d’autres personnes. Malheureusement, ici, règne un autre parti politique et cela est un obstacle. J’irai voir quand même le député.
Je voudrais vous dire que nous sommes en train de préparer la fête de Marie-Auxiliatrice, le 24 mai. Nous aurons des activités tous les jours à partir de 1h.00 p.m. Il y aura le jeu de shuffleboard, le jeu de poches, le jeu de l’échelle et du serpent, le bingo etc… L’idée est que le monde s’amuse dans la joie. Chaque jour de la neuvaine se terminera par l’Eucharistie, à 5h.00 p.m. Vous pourrez vous unir à nous spécialement durant la messe. Marie n’est pas limitée par la distance. Le jour de la fête de Marie-Auxiliatrice, en soirée, nous aurons un chanteur. Tous les jours, il y aura vente de nourriture et, avec l’argent amassé, sera au profit des ateliers, toujours dans le but d’investir dans la machinerie pour l’atelier de menuiserie.
Hier soir, j’ai eu de la difficulté à dormir, pas par préoccupation, mais à cause de la joie que j’éprouvais. Je pensais à la Maison de Retraite de Citalá, aux ateliers ici à San Miguel de Mercedes et je me disais que ça valait la peine d’avoir confiance à Marie-Auxiliatrice parce que ces projets-là, n’ont pas d’autre but que de faire connaitre et aimer Marie-Auxiliatrice. Je me disais que c’était impossible de réaliser des projets comme ceux-là si nous n’avons pas l’aide du Ciel. Bien sûr, on a besoin d’argent et Marie a le tour de faire ouvrir les portefeuilles.
Pour faire connaitre, aimer et donner la confiance en Marie-Auxiliatrice, il fallait parler de Marie parce que les gens ont besoin de voir ce que peut faire la confiance, une confiance si grande qu’on ne se préoccupe pas, sachant que Marie prend toujours soin de ses projets. Il faut mettre tout cela dans ses mains et la laisser faire mais il faut aussi se débattre comme un diable dans l’eau bénite. Il faut faire tout ce qui est en notre pouvoir et le reste le laisser à Marie. À ce moment-là, on est sûr de ne pas se tromper. Avec ce projet des ateliers, les gens peuvent voir avec leurs yeux une œuvre de Marie-Auxiliatrice.
Il m’est venu une idée un peu folle comme toujours. J’ai pensé mettre dans chaque magasin du village une petite banque pour que les gens qui y viendront puissent déposer leur offrande. Je me disais : « Pourquoi encore demander de l’argent aux gens? » La réponse est celle-ci : un des plus beaux cadeaux que je peux faire aux gens de San Miguel de Mercedes est d’apprendre à se détacher des biens matériels. Ici, le trois quart des gens sont professionnels et les deux parents travaillent. Pourtant, ils se plaignent toujours qu’ils n’ont pas d’argent. Il est arrivé deux ou trois fois que les gens me demandent de leur prêter de l’argent. Je refuse toujours parce que je sais que les deux travaillent, que leur maison est payée et que leurs enfants travaillent eux aussi. Malgré tout, ils ne sont pas capables de se détacher. Alors, en leur demandant une offrande, je leur rends service, je leur apprends à partager. Je sais que je peux les aider de cette façon.
Durant le mois de janvier, j’ai reçu de la belle visite : ma sœur Marina et son amie Louisette qui était déjà venue ici. Elles sont restées seulement une semaine mais ce fut une semaine remplie de joie. Il me fait plaisir de vous partager leurs témoignages.
Mon voyage chez Réjean
Du 22 au 29 janvier, en visitant mon frère Réjean, j’ai pu voir, ressentir et accueillir la bonté de Dieu envers moi et envers les personnes que j’ai eu le bonheur de côtoyer. À notre arrivée, un excellent repas nous attendait en compagnie d’une douzaine de personnes qui s’étaient donné la peine de préparer le tout. Le presbytère est un endroit chaleureux, intime et reposant. Mon amie Louisette et moi avions chacune notre chambre, avec toilette et douche.
À chaque jour, j’ai eu le privilège de participer à la messe. Réjean est un prêtre ‘’père et pasteur’’ c’est-à-dire qu’il sait encourager, consoler et aussi inviter au dépassement autant humainement que spirituellement. Il est un leader mettant en avant les valeurs d’amour, de bienveillance-bienfaisance entre les gens et, particulièrement, il ouvre nos cœurs à l’amour que Dieu nous porte. Comme Don Bosco, il se fait proche des petits, des pauvres, des malades et des bien-portants. Avec bonté, il leur montre leur force et il les invite toujours à se dépasser. J’ai ainsi vu des jeunes et des moins jeunes à croire en eux et à oser rêver.
Je pense à Melki (9 ans) qui habite dans la maison la plus pauvre et qui aimerait être médecin. J’ai vu l’amour de Dieu dans le regard et les gestes de Leonardo (9 ans) envers sa petite sœur. Il en prenait soin, la cajolait et lui donnait des bisous sans arrêt. Ses parents nous ont offert à deux reprises, des pupusas gratuitement. J’ai vu le courage de Pablo (20 ans), qui doit se rendre très loin de chez-lui dans un endroit escarpé, pour semer et récolter le maïs, pour nourrir sa famille et pour gagner un peu de sous. J’ai vu le respect de l’autre, la communication lors de la construction et l’entretien des ateliers. Don Alfredo, qui a reçu un jour des outils (scies à chaîne, etc.) comme don du Québec il y a plusieurs années, fait vivre maintenant sa famille. Il a appris aussi le métier de soudure par les ateliers de mon frère à Citalá. Il redonne en donnant des cours dans les ateliers de San Miguel.
Ces ateliers ne sont pas encore tous fonctionnels, notre soutien financier permettra de mener à bien ce beau projet. J’ai vu la générosité d’un couple qui, après la messe de San Miguel, est allé dans une minuscule église pour rendre belle la cérémonie et plus participante. De plus, Don Herman donnera gratuitement sur place des cours de guitare à un jeune. J’ai entendu les rires des plus petits au plus âgés lors de la fête du couronnement du ‘’petit prince’’ au local au-dessus des ateliers. Cette salle permet de jouer, d’assister à une pièce de théâtre, d’entendre des enseignements, etc.
Nous avons eu le bonheur d’aller à la Maison de Retraite à Citalá, nous avons apprécié l’air frais, la beauté du paysage et surtout la présence de Marie auxiliatrice qui, j’en suis certaine, a entendu nos prières. Chaque jour, Réjean récite le chapelet avec les servants de messe et le petit Melki me nomme dans ses intentions de prières. Cela me touche beaucoup.
Nous avons beaucoup ri en jouant aux cartes et à des jeux de société. Il y a eu une fête lors notre départ où nous avons reçu de petits cadeaux. Les gens nous ont saluées avec des sourires, en demandant à Dieu de nous bénir, de nous protéger pour le retour. Les quitter, c’est un peu vivre un deuil de présence mais je sais que nous demeurerons dans leur cœur et eux aussi pour nous.
Ce fut un très beau voyage, avec plein de magnifiques photos, mais surtout des visages accueillants et le bonheur de vivre une semaine avec mon frère.
Marina Lachance
De : Louisette Gilbert
Je viens répondre à la demande de Réjean pour vous donner mes impressions de mon voyage effectué du 22 au 29 janvier. Ce n'est qu'une semaine mais tellement bien remplie de belles choses.
Premièrement, à notre arrivée, une chose que je ne m'attendais pas, c'était d'avoir une réception car Réjean avait dit qu'il n'y aurait rien de particulier. Surprise, des femmes nous avaient préparé un très bon repas et les hommes ont mis la table. Juste à penser au riz, j'en ai le goût à la bouche. Un bon moment et très bel accueil. Cela commence bien la semaine.
Nous nous sommes installées au presbytère et c'était très bien car nous avions de l'espace et de la tranquillité. Lever très tôt, au son des coqs et des chiens qui se mettent de la partie, je l'avais oublié...... Ce que j'ai beaucoup apprécié, c'est la messe à chaque matin et le déjeuner ensemble. C'était un moment fort de la journée.
Après, nous sommes parties pour aller visiter la famille de Pablo et la chapelle de Marie Auxiliatrice. Quels beaux moments passés à cet endroit! Le paysage est magnifique et j’ai aimé voir tous les modules, la cafétéria, etc. Wow! Que demander de mieux de passer ma fête là, j'ai été choyée vraiment. Hélas, nous avions à partir mais, la prochaine fois, j'espère de tout cœur rester pour coucher afin de profiter encore plus de cette ambiance d'intériorité et de silence.
Durant le reste de la semaine, nous avons visité des familles pauvres, généreuses et très accueillantes, toujours le sourire et ils nous donnaient tout. Très touchant! Tous les jours, nous avions quelque chose à faire; donc, la semaine a passé très vite. Le soir, nous avons joué aux cartes. Que de rires et parfois des déceptions (quand on perd plus souvent qu’à son tour)! Le grand gagnant a été Réjean.......
J'oubliais de dire que j'ai pu voir le nouvel atelier et, en haut, la place pour les jeux, Réjean avait organisé une fête et ce fut un grand succès. Beaucoup de jeunes et de parents sont venus s'amuser. Bravo Réjean!
Ce qui me reste de ce voyage, ce sont les enfants qui étaient là car ils sont très attachants. Réjean a toujours les bras ouverts pour les accueillir. Melki, Léo, Emerson, par leur présence et leurs rires, nous ont fait passer de beaux moments. J'ai bien apprécié la présence de Pablo, même si je ne pouvais pas m'exprimer par la parole. Il était toujours là, très discret et toujours prêt à rendre service. Ce fut un moment fort pour moi durant toute la semaine.
J'espère que je pourrai y retourner. C’est une richesse de côtoyer ces gens-là.
Louisette.
Ici, au El Salvador, les parents ne jouent jamais avec leurs enfants. Il paraît que c’est environ 4% des parents qui passent du temps avec leurs enfants. Chez mes parents, nous avons joué toute la vie, même ma mère qui était malade sortait le jeu de cartes quand nous arrivions à la maison. Ici, tout cela m’intéresse et je fais la même chose qu’on faisait avec mes parents. Les gens ici, je le vois, ont besoin de ces moments de détente. Peu à peu, ils se rendent compte qu’on peut jouer avec un jeu de cartes ou des dés et que cela n’est pas un vice. Ici, pour les gens, c’est un vice. Je leur montre qu’on peut rire en jouant aux cartes sans pour cela jouer à l’argent.
Je termine ici en vous donnant ma bénédiction et cela me fait plaisir parce que je sais Jésus bénit par moi. Je vous demande à votre tour de prier pour moi
Je vous bénis de tout cœur, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Padre Ernesto
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