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Bonjour à chacun de vous
El Salvador
Le 31 août 2018
San Miguel de Mercedes
Bonjour à tous!
Il me fait un très grand plaisir de vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes. J’espère aussi que vous allez bien et que la santé est bonne.
Vous ne le savez peut-être pas mais j’ai passé le mois de juillet au Québec. Cette année, nous n’avons pas fait de rencontre parce que, comme vous le savez, Nicole et Claude ne sont plus dans la Beauce et Denis et Diane étaient en plein déménagement. J’ai pu quand même visiter des personnes qui sont malades et je me disais et je leur disais ce qu’exprimait le Pape Pie X11, et ce que nous démontrait le pape Jean-Paul ll par son exemple de personne souffrante: «Si l’Église Catholique n’avait pas les malades qui offrent toutes leurs souffrances, ça irait beaucoup plus mal dans l’Église. »
Il y a une chose dont je suis sûr : les souffrances que le Seigneur permet pour nous ne sont pas des punitions mais plutôt des bénédictions parce que la souffrance acceptée avec amour pour notre conversion et la conversion des pécheurs, nous purifie et nous rapproche de Dieu. Quelle grâce si nous souffrons et que nous acceptons tout sans chialer parce que la souffrance nous rend semblable à Jésus et cela est merveilleux. Comme Dieu nous aime!
Quelle grâce si Jésus permet que notre fin de vie nous la finissions dans la souffrance et que nous pouvions vivre notre purgatoire sur la terre. Quelle grâce de pouvoir vivre notre purgatoire sur la terre! Si nous allons au purgatoire, nous ne pourrons pas grandir dans l’amour mais, sur cette terre, nous pouvons nous servir de la souffrance pour grandir dans l’amour, pour nous convertir et aussi offrir tout pour l’Église ainsi que pour tous ceux et celles qui souffrent. Il faut demander à Jésus et à Marie d’accepter ce que le Seigneur voudra pour nous à la fin de notre vie sur la terre.
Aussi, je voudrais vous remercier pour votre partage à Mission El Salvador. Cela nous a permis de continuer la construction des ateliers de couture, de menuiserie et de soudure. Vous savez, quand le Seigneur a mis ce désir dans mon cœur, il fallait que je dise « oui ». Non seulement dire « oui » mais il fallait que je fasse le premier pas dans la foi. C’est toujours le premier pas qui coûte.
Quand on dit ce « oui » au Seigneur, il ne nous abandonne jamais. Même si on n’a jamais d’argent, on a tout ce qu’il faut. C’est cela qui est beau. En faisant ce premier pas, on a montré à Jésus qu’on a confiance en Lui et qu’on est sûr de Lui, qu’on est sûr de Marie, parce que c’est notre Mère. C’est ce qui s’est passé pour la construction des ateliers. Chaque fois qu’on avait une urgence, tout arrivait à point. Il y avait des donateurs qui partageaient et, le plus beau, on avait juste assez d’argent pour continuer. Vous tous qui avez partagé, vous avez été la Providence pour moi. Je peux vous dire que nous sommes maintenant onze personnes dans le Conseil économique des ateliers et tous sont surpris de voir l’importance de dire « oui » et de faire confiance à Notre-Dame Auxiliatrice. Ça m’aide et ça nous aide à augmenter notre foi.
Faire confiance en la Providence, cela ne veut pas dire de s’asseoir et d’attendre que tout nous tombe dans la bouche. Il faut inventer de nouvelles choses toujours dans le but de réunir les gens pour qu’on apprenne à se connaitre davantage. Plus les gens se connaitront, plus il y aura de la charité. C’est vraiment cela que j’ai dans le cœur.
Au début, le Seigneur a mis dans mon cœur le désir de la construction des ateliers. Tout au long du projet, il m’est venu une autre idée : construire une salle au-dessus des ateliers dans un but de réunir les gens. Maintenant tout est terminé. Il nous faut seulement les machineries pour travailler dans l’atelier de menuiserie. Nous avons 8 machines à coudre pour l’atelier de couture. Le travail est commencé depuis mon retour au El Salvador. L’atelier de soudure est complet mais il manque beaucoup de choses dans l’atelier de menuiserie.
Grâce à Collaboration Santé Internationale, nous avons reçu toutes les machines à coudre et beaucoup de belles choses pour l’atelier de menuiserie. Ils sont vraiment gentils car ils font tout ce qu’ils peuvent pour nous aider. On ne peut pas demander plus, le Seigneur les a mis sur notre chemin. Cette année, mon frère Denis ne pourra plus envoyer de la Beauce du linge, de la vaisselle comme il le faisait. Nous sommes allés à Collaboration Santé Internationale et ils pourront nous envoyer un autre conteneur au début de janvier 2019. À Saint-Georges, un monsieur très généreux a prêté son garage afin qu’on puisse ramasser quelque chose pour le prochain conteneur, mais pas de linge. Déjà, nous avons amassé quelques outils qui nous serviront pour l’atelier de menuiserie.
Quand j’avais environ 13 ans, je lisais la vie de Don Bosco et cela me touchait de voir comment Marie Auxiliatrice n’abandonnait pas Don Bosco. Quand il a commencé à construire la grande Basilique de Marie Auxiliatrice à Turin, en Italie, il avait juste assez d’argent pour acheter une brique. Il a commencé dans la foi et Marie, et la Providence ne l’a jamais abandonné.
Je lisais aussi la vie du Pape Pie X. Il demandait toujours trois choses : une foi audacieuse, l’audace apostolique et le zèle des âmes. A partir de ce moment-là, j’ai toujours demandé cela et je le demande encore. Ces trois choses sont importantes mais il y a une chose qui me tient beaucoup à cœur : c’est le zèle des âmes. La construction de la grande salle de Marie Auxiliatrice au-dessus des ateliers était dans ce but-là. Nous faisons beaucoup d’activités de jeux : jeu de poche, de quilles, le jeu du serpent et de la couleuvre et aussi le jeu de shuffleboard.
Vous savez, je suis parfois rempli de joie parce que les gens rient et on les voit heureux. Quand ils viennent jouer, ils s’en retournent bien reposés. Ici, les gens n’étaient pas habitués à cela mais, peu à peu, cela se parle et les gens de plus en plus commencent à venir.
Il y a environ un an et demi, nous avions fait la pièce de théâtre de la vie de Don Bosco. Pendant un an, nous nous sommes pratiqués et nous devions apprendre tout de mémoire. Cette pièce de théâtre que nous avons faite le 4 novembre dernier nous a aidés à augmenter notre amour à Marie Auxiliatrice et aussi à avoir plus de confiance en la Divine Providence, comme l’avait Saint Jean Bosco.
Après la fête du 4 novembre dernier, il m’est venu une idée qui parait folle à première vue : pourquoi ne pas aller en juillet 2020 à Turin en Italie et voir où Don Bosco a vécu ainsi que Dominique Savio et visiter aussi la grande Basilique de Notre-Dame Auxiliatrice? De plus, je leur ai dit que nous irons voir le Pape François et non pas seulement le voir mais nous irons manger avec lui. Dans notre groupe, ce sont tous des gens qui ne pourraient jamais faire un voyage comme celui-là. Alors, tout le monde étaient content et, depuis ce jour, nous faisons toutes sortes d’activités pour que cela devienne une réalité.
Le premier dimanche de chaque mois, nous faisons le tour du village pour ramasser des bouteilles et des cannettes. Durant mon séjour au Québec, ils ont continué en faisant différentes activités. Ils ont pu ainsi amasser plus de $500.00. Nous voulons faire un grand pèlerinage de deux semaines. C’est pour cela que tous les mardis, avant la réunion, nous avons l’Eucharistie et tous doivent être présents. Ce sont des moments importants que nous devons vivre ensemble afin que ce pèlerinage soir quelque chose qui nous fassent grandir spirituellement.
Ma sœur Marina m’a montré à faire du caramel et j’en ai apporté. Je leur ai fait goûter et ils se léchaient les doigts. Nous en ferons encore et nous le vendrons. Avec Denis, nous avons fait des gratteux et on mettra de beaux prix grâce à tout ce qui nous vient dans le conteneur. Nous ferons aussi beaucoup de chapelets. Ça paraît impossible mais Marie-Auxiliatrice aime l’impossible.
Dimanche dernier, le 19 août, nous avons fait une belle activité. On avait fait 190 gratteux. Il y avait de beaux prix : un four micro-onde, une cuvette de peinture et plus de 150 cadeaux. J’avais reçu d’une personne de Piopolis plus de 100 bijoux : chaines, boucles d’oreilles, etc… Il y avait aussi cela dans les gratteux. Les gens donnaient 0.50 cents, grattaient le billet et nous leur donnions le prix. J’avais acheté 24 cannettes de Pepsi et les gens gagnaient aussi une cannette.
Il y a deux semaines, nous sommes allés à Las Pilas rencontrer des gens que je connaissais et que je n’avais pas revus depuis mon départ de Citalá. On leur racontait tout ce que nous faisions dans la grande salle de jeux « Marie Auxiliatrice ». Mercredi le 21 août, ils sont venus voir cela parce qu’ils ont dans leur village un endroit de détente près d’une rivière. Il vient beaucoup de gens les fins de semaine. Alors, comme j’ai deux jeux de poches, je leur en ai donné un. Je m’en fabriquerai un autre plus tard.
Un prêtre de mon diocèse est venu me visiter avec un petit groupe de personnes. Nous sommes allés dans la grande salle et nous avons joué au serpent et à la couleuvre. Ils ont tellement ri que le prêtre m’a demandé de lui en faire un. Vous voyez, dans le fond de chaque personne, il y a un petit enfant et il ne faut pas le tuer en pensant que nous sommes devenus des adultes. Ce petit enfant veut vivre. Ce que je veux dire, c’est que nous avons besoin de détente. Nous avons besoin de quelque chose qui nous fera rire, nous avons besoin d’éliminer le stress et c’est ce qui se passe dans cette salle.
Imaginez-vous, un couple de San Salvador est venu ici et il devait absolument partir très vite à cause d’un rendez-vous. Tous les deux m’avaient promis de revenir pour jouer au serpent et à la couleuvre et ils sont venus avant que je parte pour le Québec. Ce sont pourtant des gens importants dans la société car le monsieur travaille pour la Protection civile.
Il y a un autre jeu que nous appelons le jeu de « tock ». Ici, ce jeu s’appelle « No te enojes », ce qui veut dire : « ne te fâche pas ». Nous pouvons le jouer à 6 personnes. Il y a un couple qui vient et la dame est professeure de maternelle. Ici, être professeur, c’est très important pour eux. Ils se croient plus important que les autres. Cette dame, quand elle perd, se fâche et quelquefois ne veut plus terminer le jeu. Pour ma part, il me fait plaisir de manger son pion afin qu’elle apprenne à ne plus se fâcher. Il faut qu’elle apprenne à perdre et à gagner parce que, lorsqu’elle gagne, elle se croit bonne et rit un peu de nous.
Le 12 octobre, nous ferons le couronnement du petit prince et de la petite princesse. Nous avons 19 enfants maintenant et ils sont âgés entre 15 mois et 6 ans. Je leur ai fait un petit livret plein de petits carreaux, chaque carreau vaut 0.05 cents, Celui et celle qui aura le plus de votes seront couronnés. Au deux gagnants, nous leur donnerons une petite commode en plastique et, en plus, le Banque Acopacc donnera un livret de banque pour le petit garçon et un autre pour la petite fille. Nous aurons la fête toute la journée avec une vente de nourriture et des jeux. Ce que je vous disais plus haut, ce sont des moments pour moi importants parce qu’il y aura beaucoup de monde réunis.
Je voulais vous remercier aussi pour les intentions de messe que plusieurs ont données. Je lisais tout cela et j’ai senti la souffrance de chacun quand ils demandent une intention de prières pour eux ou pour leurs enfants. Je vous assure que les messes seront célébrées et je vous assure aussi que le Seigneur écoute vos prières. La messe, c’est un grand miracle qui se produit devant nous à chaque jour.
Voilà, je suis déjà arrivé à la sixième page et je dois arrêter. En terminant, je veux vous dire que la vie est belle, malgré tous les problèmes, malgré toutes les difficultés. Afin de pouvoir accepter le tout, il faut toujours dire « Merci Seigneur ». Quoi qu’on fasse, remercions le Seigneur, Lui, il nous aime et il sait ce que nous avons besoin.
Je vous présente toujours au Seigneur le 13 de chaque mois à l’Eucharistie, date de mon ordination le 13 septembre 2003. Je vous bénis de tout cœur au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen Priez aussi pour moi!
Réjean, ptre
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