Bonjour à tous
San Miguel de Mercedes
Le 1er mars 2019

Réjean LachanceBonjour à tous,


C’est un plaisir pour moi, après plusieurs mois d’absence, de vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes. J’espère aussi que tout va bien pour chacun de vous.

Ce qui est beau, c’est que chacun de nous peut porter par sa prière et ses sacrifices les souffrances de l’autre. Nous, on ne connaît pas toutes les souffrances de chacun mais Jésus et Marie les connaissent. Si nous nous unissons dans la prière, on peut dire que nous ne sommes pas seuls à porter tous les problèmes et toutes les joies de tous ceux que nous portons dans notre cœur.

J’avais commencé à écrire une lettre au début de décembre pour vous souhaiter un “Joyeux Noël” mais mon ordinateur a brisé et je l’ai reçu le 11 février. Au lieu du “Joyeux Noël”, je vais vous souhaiter de passer un beau temps de Carême qui est un moment de grâce parce que cela nous interpelle à une vraie conversion.

Actuellement, je vis avec tous les prêtres de notre diocèse, notre retraite annuelle. Notre prédicateur est le Cardinal Rosa Chavez, premier cardinal du El Salvador. Il a connu personnellement Monseigneur Romero qui est maintenant canonisé depuis le 14 octobre 2018. Alors, durant toute la retraite, il nous parle de ce grand saint qui est le premier saint de ce pays.

Aujourd’hui, je veux vous donner un témoignage de ce que peut faire Marie Auxiliatrice et Don Bosco quand nous leur donnons toute notre confiance. Le curé qui m’avait remplacé à Citalá, environ un mois après mon départ, a fermé les deux ateliers de menuiserie et de soudure que nous avions à la Maison de Retraite. Il m’avait dit qu’il me donnerait toutes les machineries parce qu’il ne s’intéressait pas à cela. C’est pour cela que j’avais fait les démarches auprès du maire pour avoir un terrain pour construire les ateliers dans ma paroisse actuelle. On a commencé la construction et, environ 6 mois plus tard, il me disait qu’il ne me donnerait pas les machineries. C’était son droit puisque lorsque j’ai quitté la paroisse, j’avais remis aussi les ateliers.

En août dernier, mon évêque a demandé au Padre Edgardo de Citalá s’il voulait aller étudier le Droit Canon en Espagne à cause d’une bourse que le diocèse avait reçue. A la fin du mois d’août, le nouveau curé de Citalá est arrivé et j’en ai profité pour lui parler des ateliers. Il m’a dit qu’il en parlerait au Conseil de la paroisse et que, personnellement, il était d’accord pour me donner toutes les machineries.

Vers la fin d’octobre, il m’a téléphoné pour me dire qu’il me donnait toutes les machineries des deux ateliers et que je pouvais me servir du camion de la Maison de Retraite pour les transporter à ma paroisse. La même semaine, on a tout transporté avant qu’il change d’idée. Au mois de janvier de cette année, Monseigneur l’a changé de paroisse. Il avait été seulement 6 mois à Citalá. Marie Auxiliatrice et Don Bosco ont tout fait pour que j’aie ces machineries. Le maire de ma paroisse, m’a dit de chercher un menuisier et une couturière et qu’il les paierait. Je fais les démarches pour cela.

Ici, j’ai une toute petite paroisse. J’ai seulement 4 petits villages. Je vais tous les dimanches célébrer la messe dans deux villages. Il me reste un autre village où je m’y rends un jour de la semaine. Dans l’autre village, il y a une seule famille catholique et je ne peux pas y aller parce que la dame prend soin de sa mère qui est malade et qui vit à San Salvador. Comme vous voyez, j’ai trop de temps libres. Alors, je vais travailler dans les ateliers. J’ai fait 4 tables que j’ai vendues et j’ai d’autres commandes. Pendant un mois, j’ai fait aussi 100 chapelets et il y en a déjà 60 de partis. Je vais aller tous les mardis matin apprendre à faire des hamacs pour pouvoir l’enseigner. Par contre, je ne veux surtout pas négliger la paroisse. Monseigneur me nomme le Don Bosco de Chalatenango. J’espère beaucoup trouver un professeur pour les ateliers. Il y au Salvador une école qui ressemble au CEGEP du Québec et ils ont un programme pour que les jeunes puissent apprendre un métier mais il faut trouver un professeur.

Il y a tout près d’ici un petit village à environ deux kilomètres de la paroisse où il y a peut-être une quinzaine de maisons. Ils n’ont jamais été visités par un prêtre. Depuis deux ans, j’envoyais des missionnaires durant toute la Semaine Sainte mais ils ne venaient jamais à la messe ici. Dimanche dernier, nous sommes allés les visiter pour essayer de trouver une maison pour célébrer la messe là-bas. Les gens nous ont très bien reçus et ils étaient tous très contents. Alors, à partir de dimanche dernier, j’envoie un ministre extraordinaire de la communion pour faire une Célébration de la Parole à 9 heures du matin. J’envoie aussi un catéchiste pour les enfants et la catéchèse se donne avant la Célébration. Bientôt, j’irai célébrer l’Eucharistie, je prendrai une bonne heure pour confesser avant la messe et, si je vois que les gens se confessent, le ministre extraordinaire de la communion pourra amener le Saint-Sacrement pour que les gens puissent communier.


Le monsieur où nous ferons la célébration était tellement content. Il a été 31 ans Témoin de Jéhovah. L’an dernier, il était allé à Chalatenango et il a senti un grand désir d’entrer dans la cathédrale. Il n’avait jamais entré dans une église. Il a laissé les Témoins de Jéhovah. C’est pour cela qu’il était si content qu’enfin il puisse participer à l’Eucharistie. Je pense qu’il n’a reçu aucun sacrement. Je verrai cela quand j’irai.

Nous avons toujours le désir de réaliser notre projet pour aller à Rome et à Turin où Don Bosco a vécu. Mon idée est de nous rendre à Rome prendre un repas avec le Pape François et, en même temps, tout en visitant un peu la Basilique Saint-Pierre, célébrer l’Eucharistie sur la tombe de Saint- Pierre. J’aimerais beaucoup célébrer la messe à l’autel de St-Pie X où son corps est conservé parce que, en 1970, j’étais dans l’Institut Séculier Pie X et j’ai fait mes premières promesses à cet endroit. Nous sommes une équipe de 10 personnes. Ce désir est pour l’année 2020.

A Citalá, quand nous étions dans la construction de la Maison de Retraite et que, parfois, les dons ne rentraient plus, je réunissais les employés et on se rendait compte que, lorsqu’il y a de la division dans un groupe, la Providence n’agit plus. Autrement dit, le Seigneur veut agir, mais nous pouvons le bloquer par la division. À Citalá, à cause de l’humilité des gens, c’était assez facile de régler un problème de division parce que les gens le reconnaissaient et on recommençait à neuf.

Actuellement, dans le groupe, nous vivons cela. Nous nous sommes donc réunis à la Maison de Retraite en décembre. On s’est dit toutes les choses qu’on devait se dire. Dans le groupe, il y a un couple qui est très pauvre et ils sont regardés de travers tout le temps par un autre couple. Ce couple fait tout leur possible pour qu’ils se retirent mais je prends toujours leur défense.
Alors, nous nous rendons compte que nous avons beau avoir de beaux projets, ça ne fonctionne jamais. Je leur ai dit que cela dépend de la division dans le groupe mais ce couple qui nous font des problèmes, parce qu’ils sont des professionnels, ne le reconnaît pas. Je leur disais dernièrement que, si cela ne change pas, jamais Marie Auxiliatrice permettra que ces personnes fassent ce voyage avec nous. Eux-mêmes, peu à peu, se retireront.

Je veux vous donner un exemple que la Providence ne nous aide pas, quand il y a de la division. Depuis 2001, je crois, nous recevons un conteneur chaque année et la Fondation Roncalli de Montréal nous donnait $5000.00 pour chaque conteneur. En décembre ou au début de janvier de chaque année, nous recevions la lettre comme quoi notre demande d’aide était acceptée. Cette année en décembre, ils ont envoyé une lettre pour nous dire que nous ne saurions pas avant mai 2019 si nous allions être acceptés ou non. En janvier dernier, nous avons reçu la réponse que nous étions refusés. Cela n’était jamais arrivé depuis 2003.

Grâce à la générosité de Collaboration Santé Internationale de Québec, ils ont accepté de nous envoyer le conteneur à crédit. Nous paierons une bonne partie et le reste sera payé d’ici décembre, même si, présentement, nous restons avec une grosse dette. De toute façon, dans Mission El Salvador, il n’y a pas de division et c’est sûr que la Providence nous aidera.

Ce conteneur, pour nous tous, était vraiment important, parce que, avec cette aide, je voulais réparer la maison d’une famille très pauvre et en même temps, cela allait nous aider pour notre voyage à Turin. Ceci est possible car plusieurs personnes veulent se procurer différentes choses et nous font des dons en argent. Je voulais donc que nous nous mettions tous ensemble, les membres du conseil des ateliers Don Bosco, pour réparer cette maison. Comme récompense, une partie du surplus en argent iraient pour notre voyage. Je n’ai jamais aimé donner toujours gratuitement. Ici, les gens sont habitués à recevoir, mais donner, c’est très difficile pour eux. Je leur dis toujours que ce voyage à Rome et à Turin doit se gagner dans le sacrifice et la souffrance pour qu’on puisse l’apprécier parce que ce sera un cadeau de Don Bosco et de Marie Auxiliatrice


Durant cette retraite annuelle, je prie beaucoup pour ce couple qui amène la division et je demande aussi au Seigneur de m’aider à les accepter. Ce que j’ai le plus de difficulté à accepter dans cette paroisse, c’est l’orgueil des gens. Parce qu’ils sont professionnels, ils se croient le nombril du monde. J’ai besoin de vos prières afin que je puisse aider ces gens et non les rejeter. Je me dis toujours que, si quelqu’un est détestable, c’est peut-être parce qu’il vit des problèmes personnels ou de couple et, souvent, c’est leur façon de crier leurs souffrances. C’est pour cela que je dois essayer de les comprendre. Ce couple-là a été vraiment des amis et ils ne calculaient jamais leurs temps. C’est pour cela que je pense qu’ils vivent de gros problèmes et qu’ils n’ont pas le courage de les partager, pensant qu’ils peuvent s’en sortir tout seul. Quand quelqu’un a de gros problèmes, il se jette sur les plus faibles, sur ceux qui ne peuvent pas se défendre.

Hier, j’ai demandé à Monseigneur si je pouvais aller parler au Nonce Apostolique pour voir s’il peut nous aider à avoir un rendez-vous avec le Pape François. Il m’a dit : « Bien sûr, tu n’as même pas besoin de me le demander.» Je le savais mais, par délicatesse, on ne peut pas passer au-dessus de l’évêque. Le Nonce m’a dit que c’est possible d’avoir un rendez-vous avec le Pape mais il faut s’y prendre d’avance. Je veux aussi inviter le Nonce Apostolique à venir célébrer une messe dans la paroisse.

Du 15 au 24 mai, nous célèbrerons la neuvaine de la fête de Marie Auxiliatrice. Tout se fera dans la grande salle de Marie Auxiliatrice au-dessus des ateliers. Tous les jours, nous célébrerons l’Eucharistie dans la grande salle, excepté le dimanche parce que l’Eucharistie sera à l’église. A chaque jour, je présenterai un film de la vie d’un saint dans l’après-midi et la messe sera à 5:30 p.m. J’ai demandé à un prêtre différent à chaque jour de venir célébrer la messe. Monseigneur viendra aussi célébrer un jour de la neuvaine.

Beaucoup de personnes dans la paroisse ont reçu des grâces de guérison et de conversion, grâce à Marie-Auxiliatrice. C’est dommage que les gens n’osent pas le dire en public. C’est important de témoigner, c’est une façon de montrer au monde que Marie est vraiment une mère et qu’elle se préoccupe de nous, de nos problèmes, de nos difficultés, et qu’Elle ne nous abandonnera jamais.

Les gens me disent souvent qu’à San Miguel de Mercedes, ils n’avaient jamais entendu parler de Marie-Auxiliatrice. Si nous nous réunissons pour cette fête, ce n’est pas pour faire de l’argent. Dans ma pensée, ce n’est jamais pour cela. A chaque prêtre qui viendra, je lui donnerai $25.00, c’est l’offrande normale pour ici. Nous aurons un peu de ventes de nourriture et c’est sûr qu’on ne fera pas $25.00, mais ce n’est pas grave. Pour moi, chaque fois que nous nous réunissons, j’ai toujours l’espérance que nous soyons tous unis. Mais dans l’Église, c’est ce qui est le plus difficile. Le démon essaie toujours de diviser et il se sert de bonnes personnes pour apporter la division.

S’il reste de l’argent, ce sera au profit des ateliers. Avec cela, je pourrai acheter des planches et tout ce qu’il faut pour le travail. Mon désir, c’est de donner à Marie Auxiliatrice ce qu’Elle mérite. Elle ne m’a jamais abandonnée et c’est normal que je fasse quelque chose pour qu’Elle soit plus connue et mieux aimée. De toute façon, Elle nous conduit toujours à Jésus quand nous l’aimons. Si nous aimons beaucoup Marie, nous aimons beaucoup Jésus.

Dernièrement, lors d’une réunion du Conseil économique de la paroisse, un membre a dit devant tout le monde qu’il aimerait cela que j’aide aussi à la paroisse, de la même manière que j’aide pour les ateliers. À cause de lui, plusieurs personnes le disaient aussi. Alors, aux annonces du dimanche, j’ai dit ceci : « Beaucoup de personnes pensent que je n’apporte rien à la paroisse. Pensez-vous que je n’aimerais pas cela me lever le matin et avoir un bon déjeuner tout prêt avec un bon café chaud? Pensez-vous que je n’aimerais pas cela arriver et avoir un bon dîner et bon souper tout chaud? Pensez-vous que je n’aimerais pas cela avoir une cuisinière et que la paroisse paierait toute la nourriture? Pensez-vous que je n’aimerais pas cela que quelqu’un lave et repasse mon linge? Pensez-vous que je n’aimerais pas cela que quelqu’un vienne couper le gazon pour m’aider?» Le monsieur est venu me demander pardon et il a pleuré en disant qu’il ne se rendait pas compte que je faisais tout cela pour aider à la paroisse. Si la paroisse me paierait tout cela, on ne pourrait jamais arriver.

Je termine ma lettre en vous disant ceci : plusieurs fois je pense que je n’étais pas digne d’être prêtre. En vérité, qui pourrait être digne de toucher le Corps du Christ? Qui pourrait être digne de prononcer les paroles : Je t’absous de tes péchés et, par ces paroles, la personne est pardonnée? Qui pourrait être digne de prononcer ces paroles : prenez et mangez en tous, ceci est mon Corps, ceci est mon Sang, et le pain et le vin deviennent le Corps et le Sang du Christ? Mais le grand miracle est que, par l’imposition des mains, le prêtre est oint et, ce qu’il dit à la messe, il le dit : « in persona Cristi ». C’est curieux que le Christ a voulu se servir des hommes pour venir jusqu’à nous. C’est pour cela que le peuple de Dieu doit prier pour les prêtres. Rappelez-vous le prêtre est crucifié avec le Christ. Quand le prêtre met l’étole sur ses épaules, il porte les souffrances de tout le monde, il porte aussi ses souffrances et, toutes ses souffrances, il les présente au Père à l’Autel. C’est pour cela aussi que je vous demande de prier pour moi. Un des plus grands désirs que j’ai est que tous les groupes de la paroisse soient unis, et c’est le contraire que nous vivons. Il y a de la jalousie entre les groupes et quelques groupes se pensent meilleurs que les autres, apportant ainsi la division.

Je vous laisse sur ces paroles. Je sais que, lorsque je donne la bénédiction, même si c’est par une lettre, c’est le Christ qui vous bénit par moi parce que je crois que, quand je bénis, c’est Jésus qui bénit et que j’agis « in Persona Cristi ». Je vous bénis de tout cœur au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen


Padre Ernesto rejeanlachance72@gmail.com


Consulter les archives


Copyright © 2004-2026 Mission El Salvador Tous droits réservés