Bonjour à tous
El Salvador
Le 19 juin 2019

Réjean LachanceSan Miguel de Mercedes

Bonjour à tous,


Il me fait plaisir de m’arrêter quelques instants pour vous donner quelques nouvelles qui sont bonnes.

Quand on dit que les nouvelles sont bonnes et que tout va bien, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes. Au contraire, les problèmes nous suivront même sur notre lit de mourant.

Si nous voulons suivre Jésus, il faut marcher dans ses traces et ses traces nous conduisent à la croix mais, après, il y a le ciel. Quand Jésus dit: «Celui qui aura tout abandonné: père, mère, frères et sœurs et pays, recevra cent fois plus, accompagné de persécution.» On pourrait penser que Jésus est très dur mais c’est le contraire.

Dimanche dernier, le 16 juin, dans la deuxième lecture de Saint Paul aux Romains :«Bien plus, nous nous glorifions même dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la constance, la constance est une vertu éprouvée, et la vertu éprouvée produit l’espérance.»

Le Père Marysse qui était mon Père spirituel au Séminaire à Ars, je l’ai toujours considéré comme un saint prêtre. Je désirais être un prêtre comme lui. Aujourd’hui, il est dans un Foyer pour prêtres âgés et il vit des problèmes de santé très graves. Une dame de Ars m’a écrit pour me parler de la santé du Père Marysse. Elle me disait que dans ses souffrances, il passe des heures et des heures devant le Saint-Sacrement. Elle me disait :«Je ne sais pas ce qui se passe entre lui, Jésus et Marie.» Le Père Marysse passait des heures et des heures en confession à Ars et c’était sa grande joie. Aujourd’hui, il passe des heures et des heures devant Jésus pour offrir au monde toutes les personnes qu’il a confessées durant sa vie. On pourrait dire: «Pourquoi le Seigneur permet cela, il a tellement fait pour Lui.» Le Seigneur permet cela parce qu’il l’aime d’une façon spéciale. Il veut le préparer à cette belle rencontre avec Lui et, pour cela, il est en train de le rendre encore plus beau.

Pour moi, la souffrance est une bénédiction et une grande bénédiction. Pour arriver à la fin de notre vie et accepter la souffrance comme le Père Marysse l’accepte, il faut d’abord s’habituer à ne jamais se plaindre. Accepter tout ce qui nous arrive à chaque jour et l’offrir à Jésus par amour pour Lui. Ici, il n’a jamais fait aussi chaud que maintenant. La température monte jusqu’à 40° Celsius. Mais à quoi ça servirait de se plaindre, on ne pourra pas enlever de la chaleur; alors, dans ce cas-là, c’est préférable de l’accepter et de l’offrir au Seigneur.

Ici, les gens sont habitués à la facilité et c’est dommage. Ils viennent à la messe avec leur grande bouteille d’eau, même les petits enfants font la même chose. Je ne sais pas mais je pense qu’on peut endurer la soif pendant une heure afin que notre soif pour Jésus grandisse. Peu à peu, on ne veut plus souffrir. Les gens ont un petit mal de tête et tout de suite à la clinique. Si vous verriez, il y a des gens qui ont une grosse boite de médicaments et les accumulent au cas où ils en manqueraient. Donc, peu à peu, ils ne veulent plus souffrir même le plus petit mal. En dedans, ils sont pleins de souffrances spirituelles parce que tout notre être tend vers notre Créateur. Quand on essaie de tendre vers d’autres choses, on s’éloigne du bonheur.

Hier, il est venu quelqu’un de San Salvador et on a mangé ensemble. Le monsieur a deux enfants et il disait que c’était difficile aujourd’hui d’avoir des enfants. La grand-mère disait: «Moi, je me préoccupe de mes petits-enfants.» Je leur disais que c’est normal que les parents se préoccupent de leurs enfants et que les grands parents se préoccupent aussi de leurs petits-enfants, etc…

Le monsieur me demanda: «Toi, qu’est ce qui te préoccupe?» J’ai dit: «C’est l’indifférence des gens. Ils n’ont plus besoin de Dieu. À la messe, durant la semaine, il vient environ 6 à 8 personnes. Les gens, ici, pour venir à l’église, doivent marcher entre 5 à 8 minutes pas plus, mais cela ne les intéresse pas.»

Nous disons le chapelet avant la messe et je suis seul avec le servant de messe. C’était la même chose au mois de mai, pour le mois de Marie, et c’est la même chose, en juin, pour le mois du Sacré-Cœur. Nous le récitons toujours, que les gens viennent ou non. Cela nous montre que les gens sont devenus esclaves du matériel et, encore pire, ils sont devenus esclaves de leur cellulaire.

Il y a deux semaines, un jeune homme de 22 ans, père d’une petite fille de 8 ans, disait tout le temps à sa mère que son cellulaire était sa vie. Il l’avait payé $200.00. Il y a deux semaines, il l’a perdu et, pendant des heures, il l’a cherché, mais en vain. Alors, il s’est empoisonné.

Au El Salvador, il y a 9 millions de cellulaire qui circulent. Dans le pays, en comptant les enfants, nous sommes 7 millions. Il y a un gros problème. Les gens, ici, dépensent des milliers de dollars pour mettre du solde (ajouter du temps) dans leur cellulaire mais, souvent, ils n’ont presque rien à manger. «Là ou est ton trésor, là aussi sera ton cœur.» Il faut faire bien attention et se questionner tous les jours pour voir si nous avons trop d’attachement.

Je voulais par le moyen de cette lettre vous faire une invitation.
Le 20 juillet, nous serons à :

Résidence Le St-Guillaume
(salle des Chevaliers de Colomb)
3375 boulevard Dionne, (6e avenue)
St Georges 

Prendre l’ascenseur et descendre à l’étage # 0. La salle est juste en face de l’ascenseur.

Nous aurons un petit goûter et, si vous le désirez, vous pouvez téléphoner pour confirmer votre présence à mon frère Denis au numéro: 418-227-2823

La rencontre aura lieu à partir de 1:00 p.m. jusqu'à 5 heures. Nous voulons, le groupe de Mission El Salvador, faire cette rencontre dans le but de partager et de se connaître davantage. Il y aura animation et nous terminerons par l’Eucharistie.

Je voulais, en terminant cette lettre, vous remercier pour votre partage et aussi pour toute l’aide que vous apportez à ma paroisse par le biais de Mission El Salvador. Comme vous le savez peut-être, cette année nous avons reçu le dernier conteneur.

Cette rencontre a pour but aussi de vous remercier pour tout ce que vous avez donné durant ces 18 ans. Cela a aidé beaucoup la paroisse de Citalá et ses villages, de même que cette paroisse dans laquelle je suis maintenant : San Miguel de Mercedes. Durant ces années et, d’une manière spéciale cette année, j’ai pu toucher du doigt la Providence. Le Seigneur ne nous abandonne jamais mais il faut s’abandonner à Lui.

Je vous attends tous le 20 juillet. C’est de tout cœur que je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen

Padre Ernesto


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