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Bonjour à tous.
El Salvador
Le 31 mai 2021
San Miguel de Mercedes
Bonjour à tous,
Il me fait plaisir de prendre ces quelques minutes pour vous donner quelques nouvelles, après une longue absence.
Ici, nous pouvons dire : «Merci Seigneur» parce que nous avons pu célébrer l’Eucharistie tous les jours depuis le mois d’août. Depuis Pâques, il y a quelques églises qui sont fermées dans le département de Chalatenango car ils ont ouvert toutes les écoles et, depuis ce temps, nous avons eu beaucoup de cas. Ici, à San Miguel de Mercedes, durant toute la pandémie, nous n’avons eu aucun décès. Depuis une semaine, nous avons eu, ici dans le village, deux personnes décédées du Covid.
Depuis janvier de cette année, nous avons commencé un projet qui est de rénover les maisons qui sont en train de tomber. Nous avons donné 50 enveloppes à chaque mois et, cela pendant trois mois, aux personnes qui le voulaient pour nous aider à commencer ce projet. Nous avons ramassé $850.00. La première maison à réparer était construite en terre. Ce n’était pas une grosse maison, c’était grand comme une chambre chez nous. Elle a dû être reconstruite complètement.
Puis nous avons rénové une autre maison, ça été moins difficile, elle avait besoin de quelques poutres neuves et un mur qui était bien endommagé par la pluie. La semaine prochaine nous commencerons la rénovation d’une autre maison. La maison de Melki que quelques-uns connaissent. Cette fois-ci, il faudra mettre beaucoup de travail. Nous sommes allés la visiter et je pense que cette maison ne tiendra pas debout à une autre saison des pluies. Il y a une poutre du toit qui ne tient plus à rien et elle est complètement pourrie d’un bout. Il y deux murs qui sont penchés et on ne sait pas comment ça se fait que la maison ne se soit pas effondrée. La pluie rentre dans la maison comme si c’était un ruisseau. Je l’ai vu et je sais que c’est vrai.
Le monsieur de la deuxième maison est allé aider à la première maison et le monsieur de la première maison est allé aider à la deuxième maison. Et ils sont prêts à venir aider pour cette nouvelle maison. Il y a des gens de la paroisse qui ont payé une semaine de travail pour un maçon. D’autres maçons de la ville de Chalatenango sont venus travailler sans être payés pendant deux dimanches de suite après avoir assisté à la messe dans leurs paroisses.
D’autres ont donné quelques poches de ciment etc… En réalité, un projet comme celui-là, est important pour les gens. Il est important de les animer à coopérer. Pourquoi? Parce que la Pastorale Sociale, c’est l’évangile vécue.
C’est très beau de recevoir Jésus dans son cœur tous les dimanches mais il faut être conscient que Jésus est venu donner sa vie et, si nous le recevons, nous devons aussi être prêts à donner notre vie pour les autres. On ne peut pas tous être martyr mais on peut donner de notre pauvreté, on peut mettre notre talent au service des autres, sinon, nous continuons de manger le Corps du Christ durant toute une vie, sans grandir dans l’amour pour Jésus et Marie.
Beaucoup de gens à San Miguel de Mercedes, et la plupart l’époux et l’épouse sont professionnels. Ils ont un bon travail pour vivre facilement parce que leur maison, ils l’ont reçue en héritage. Mais il y a un gros problème, ils n’ont jamais vécu une expérience de Providence, ils n’ont jamais osé poser un geste dans la confiance, en étant sûr que tout geste fait par amour reçoit une récompense.
En disant cela, il me vient quelque chose à l’idée. Jésus dit dans l’Évangile que même un verre d’eau donné par amour recevra une récompense. Un verre d’eau qui ne nous coûte absolument rien, même cela sera récompensé. Si j’aide un pauvre, si je donne généreusement à l’Église, quand est-ce que je recevrai la récompense? Je crois vous avoir conté cette histoire mais je vous la raconte pour que vous compreniez ou plutôt que vous puissiez répondre à ma question que je viens de poser.
Un jeune du nom de Jésus de village de Zalguazapa a posé des gestes qui vous aideront à comprendre. La première fois que je suis allé à Zalguazapa en 2006, ce jeune qui avait 7 ans à l’époque est venu me donner un petit jus et un biscuit ensuite il est parti. Le mois suivant, il a refait la même chose et il a toujours fait cela pendant les 10 années que j’étais à Citalá.
Ce jeune-là de 7 ans, j’imagine qu’il n’avait pas de gros problèmes, il n’avait peut-être pas besoin de la grâce que le Seigneur donne à celui qui donne par amour. Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là?
Le Seigneur garde toutes ses grâces dans la banque du Ciel, Quand vient le moment où nous avons vraiment besoin des grâces pour pouvoir passer à travers un problème, une maladie ou quoi que ce soit, alors le Seigneur dans sa grande Miséricorde sort les grâces avec tous les intérêts qu’il y avait dans notre compte de banque au Ciel et il les déverse sur nous. C’est pour cela que nous pouvons passer à travers de n’importe quel problème.
C’est important de chercher comment faire de bonnes œuvres et cela est important aussi de les faire quand nous le pouvons. Il ne faut pas attendre à la fin de notre vie. Une autre question: Si durant ma vie, je n’ai pas besoin de ses grâces, seront-elles perdues? Non, jamais! Nous en aurons besoin pour mourir, parce que sur notre lit de mort, le diable sera là, pour essayer de nous faire douter de l’Amour de Dieu. Alors, Dieu se servira de ses grâces pour nous aider à bien mourir.
Alors je reviens à ce jeune Jésus. Il a été servant de messe et il jouait de la guitare dans la chorale de l’église. Quand il a eu 15 ans, il a commencé à dévier. Il prenait de la boisson, il fumait, il a abandonné l’Église, etc. Nous étions dans la construction de la Maison de Retraite et il venait souvent aider. Nous avions deux ateliers qui fonctionnaient. L’atelier de soudure et de menuiserie. Un matin, je me suis réveillé en pensant à lui et je me demandais ce que je pourrais faire pour l’aider. Il m’est venu une idée: je suis allé à la maison de retraite et je lui ai téléphoné en lui disant: «Jésus, je veux t’offrir quelque chose, est-ce que tu peux venir ici?» Pour venir à la Maison de Retraite, il devait marcher dans la montagne durant une heure trente minutes. Quand il est arrivé, je lui ai demandé s’il aimerait apprendre la soudure. Il m’a dit «oui». Je lui ai dit: «Travaille aujourd’hui pour voir si tu aimes cela et ce soir demande la permission à ta mère.»
Tous les jours, il venait travailler. Environ un mois plus tard, je le voyais heureux et il avait recommencé à aller à l’église. Alors, je lui ai rappelé que ce qu’il faisait quand il avait 7 ans. Il m’amenait un jus et un biscuit, et Jésus gardait dans la Banque du Ciel ouverte à son nom toutes les grâces qu’il ramassait et, aujourd’hui, il avait besoin de ses grâces et le Seigneur lui redonnait tout ce qu’il avait ramassé avec les intérêts. C’est pour cela qu’il est important de poser toutes sortes de petits gestes que nous pouvons faire par amour.
Depuis le mois d’octobre 4 personnes ont commencé un cours de menuiserie deux jours par semaine. Le 22 mai. Les 4 personnes ont reçu un diplôme. Sur les quatre, seulement deux resteront pour travailler à la menuiserie. Je vais maintenant essayer de trouver un ou deux jeunes pour apprendre ce métier.
Cette année, nous voulions célébrer la fête de Marie Auxiliatrice d’une façon toute spéciale. Nous avons préparé ensemble le programme. On a décidé que le 15 mai nous aurons «una serenata » dans l’église à 5h.30 du matin. À 5 heures, un groupe de musiciens était à la porte de l’église et attendait pour entrer. Personne ne le savait. Ce fut une bonne surprise. Après, nous avons eu la messe et, après la messe, nous avons fait la procession avec Marie Auxiliatrice jusqu’à la salle de Marie Auxiliatrice.
Quand il y avait pas mal de monde, quelqu’un de l’équipe jouait avec un groupe au jeu de poches, d’autres aux dés, d’autres aux serpents et à l’échelle, etc. À 5h.30 p.m. tous les jours je célébrais l’Eucharistie. Pour la messe, ils venaient entre 30 et 40 personnes. Mais, pour les jeux, parfois nous étions seulement les membres de l’équipe..
J’avais mis sur l’autel une boite bien scellée et les gens mettaient toutes leurs intentions dans la boite. Durant la neuvaine, nous avons prié pour toutes ces intentions et vous étiez dans la boite. Il y a des personnes qui ne sont jamais venus à l’église mais il venait à la messe, Un monsieur a demandé de se confesser. Il jouait avec nous et jamais il se plaignait, même s’il perdait. Il avait une grande patience et il était un exemple pour beaucoup de monde.
Depuis que je suis prêtre, j’ai toujours eu un grand désir que nous soyons unis dans la paroisse, que tous les groupes soient unis mais ça ne fonctionne pas. Le Renouveau Charismatique est toujours à part. Pour eux, tous ces jeux, c’est païens. Ils ne se mêlent jamais à cela. Par contre, une chose me console: le Nonce Apostolique est venu ici et nous sommes allés dans la salle Marie Auxiliatrice. Il s’est assis à la table et il regardait tout cela. Il m’a appelé et m’a dit: «Tu sais, tout cela est très important pour les gens parce que ça enlève le stress.» Et c’est vrai, ceux qui viennent le disent et ils arrivent à oublier tous leurs problèmes. C’est comme s’ils voyaient une lueur d’espérance et cela est très important.
Les gens ne collaborent pas beaucoup. Nous avons parfois préparé un diner et les gens s’en vont chez eux et nous restons seuls, Ici, les gens ont été habitués à recevoir mais pas à donner. C’est comme si nous leur devons tout. Si je donne un sandwich, c’est sûr que les gens viendront en grande quantité, et pire que cela, ils en apporteront chez eux. Mais j’y pense, il faut accepter tout cela sans grincer des dents, c’est une autre façon de ramasser des grâces dans la Banque du Ciel
DERNIÈRE NOUVELLE POUR LA MAISON DE MELKI: Un monsieur maçon qui vit a Chalatenango et qui appartient au Renouement Conjugal et qui a beaucoup d’employés est venu voir la maison de Melki. Il a trouvé cela épouvantable. Il a dit que cette maison était sur le point de tomber, qu’il ne pouvait pas la réparer, qu’il fallait la jeter par terre et la reconstruire au complet. Il a fait un estimé sans le toit, ça coûterait $3500.00. Il a dit que si on ne fait rien, il est possible que la maison s’effondre sur la famille.
Le problème, c’est que c’est une maison en terre et ce ne sera pas facile à cause de la saison des pluies. On va se réunir vendredi avec toute l’équipe de Pastorale Sociale et on va prendre la décision. Il faut commencer et nous commencerons et nous la terminerons. Nous ferons des tirages, de la vente de nourriture, etc… Il faut commencer en faisant un acte de foi. Quand on est sûr que Dieu veut un projet, il faut arrêter d’avoir peur et commencer dans la foi en sachant que la Providence agira toujours. Nous l’avons vécu à la Maison de Retraite de Citalá. Il y a des gens, par jalousie, qui commencent à nous critiquer. Ces gens-là sont riches et ne méritent pas cela. J’ai dit à plusieurs: «Êtes-vous déjà allé chez eux?» Ils me disent: «Non». Je leur ai répondu: «Alors, ne dites rien et aidez-nous.»
J’aimerais vous rappeler que tous les 13 de chaque mois, la messe est célébrée aux intentions de tous nos bienfaiteurs. Jésus et Marie connaissent tous vos besoins, tous vos désirs, toutes les personnes que vous portez dans votre cœur. Ici, le 13 de chaque mois, on présente tout cela au Seigneur et à Marie.
Je crois que le plus important est de croire du fond de notre cœur que nous sommes aimés et que Jésus et Marie sont toujours là près de nous et nous regardent avec amour. On n’a qu’à les regarder, se sentir aimés et de leur dire qu’on les aime.
Je demande au Seigneur de vous combler de ses grâces et, de tout cœur, je vous bénis au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Réjean ptre
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